4 voitures vedettes du grand écran

Publié le mercredi 15 janvier 2020.
Retour

L’automobile est un produit de consommation à part, objet de liberté et de désir, oeuvre artistique et industrielle, et parfois douée d’une personnalité propre. Pas étonnant qu’un certain nombre de modèles devinrent des vedettes de cinéma au même titre que certaines stars hollywoodiennes. De la DeLorean DMC12 de Retour vers le futur à l’Ecto-1 de Ghostbusters, en passant par la Porsche 964 Turbo 3.6 de Bad Boys, la Jaguar XK8 SFX1 de Meurs un autre jour ou la Ford Mustang “184” d’Un homme et une femme, la liste est longue et la sélection difficile : voici donc 4 voitures célèbres grâce au cinéma, choisies totalement arbitrairement.

Ford Mustang “Bullitt”

Il aura suffi d’une scène de 10 minutes et 53 secondes pour rendre la Ford Mustang Fastback GT 390 célèbre dans le monde entier. La plastique de ce modèle alors en pleine vogue, avec sa teinte Highland green du plus bel effet y était pour beaucoup, mais pas seulement : le talent et l’ingéniosité du réalisateur Peter Yates permirent à cette course-poursuite au coeur de San Francisco de devenir mythique. 

Pour l’occasion, deux Mustang GT 390 furent commandées (558 et 559) et débarrassées de leurs badges à la demande de Steve McQueen. Une fois passés chez le préparateur Max Balchowsky, leurs moteurs développaient 320 chevaux pour 6.4 litres, tandis que les amortisseurs devenaient plus rigides, avec des ressorts avant plus solides et une barre anti-roulis plus épaisse, entre autres. C’est la 558 qui tourna dans la course-poursuite tandis que la 559 assurait toutes les autres séquences du film.

Aujourd’hui, les deux exemplaires ont été retrouvés : la 558 végétait au Mexique tandis que la 559 servait à la même famille depuis plus de 40 ans malgré la tentative de Steve McQueen de la racheter en 1977. Bien évidemment, ces deux modèles valent des fortunes aujourd’hui. Il existe cependant de nombreuses répliques à travers le monde. Sinon, il est possible de s’offrir l’une des différentes séries spéciales Bullitt du constructeur : la Mustang de 2001, celle de 2009 et désormais celle de 2019.

Lexus 2054 Coupé

Aux États-Unis, la marque Lexus s’est forgé une excellente réputation depuis le lancement de la LS400 en 1989. Steven Spielberg est un client de longue date de la division luxe de Toyota lorsqu’il se lance dans le projet Minority Report, adaptation d’une nouvelle du fameux auteur de science fiction Philippe K. Dick. Pour fournir un véhicule futuriste au héros John Anderton, joué par Tom Cruise, Spielberg fait donc tout naturellement appel à Lexus et à son studio de design californien, sous la supervision de Harald Belker.

Belker imagine donc un coupé siglé du L pour l’année 2054. Trapu et ramassé, le Coupé 2054 possède une cabine très avancée et des roues carénées. Dans le film, le coupé est censé fonctionner à l’électricité, avec un moteur arrière développant 500 kW alimenté par des batteries Lithium-ion. Deux exemplaires seront présentés à Spielberg : un spider gris argenté qui ne sera pas retenu, et le fameux Coupé rouge que l’on verra dans les mains de Tom Cruise. Le rôle de Belker et de Lexus ne s’arrêtera pas à ce seul coupé : ils réaliseront ensemble la totalité des véhicules et le système de circulation du futur (déplacement horizontal comme vertical).

Le Coupé 2054 sera présenté au salon de Los Angeles en janvier 2002 puis jouera la star de Minority Report. Un autre exemplaire, gris, est visible dans le film The Island paru en 2005. Un troisième exemplaire, bleu, et transformé en véhicule thermique avec un V6 Chevrolet, fut un temps en vente. D’où vient-il ? Difficile à dire, mais sachez qu’il est donc possible de rouler comme Tom Cruise.

Lotus Esprit “Submarine” l’espion qui m’aimait

En voilà une qui aura fait rêver toute une génération de petits garçons. La Lotus Esprit S1 en elle-même suscitait déjà l’enthousiasme, mais savoir que celle de James Bond, dans L’Espion qui m’aimait, pouvait se transformer en sous-marin la rendait encore plus désirable et spectaculaire. 

Lorsque sort L’Espion qui m’aimait en 1977, c’est la première fois que 007 roule en Lotus. Jusqu’alors, il avait utilisé tour à tour une Sunbeam Alpine, une Bentley 3 ½ Litre, une Aston Martin DB5 (deux fois), une Toyota 2000 GT, une Aston Martin DBS ou une Ford Mustang Mach 1. Pour ce nouvel opus, c’est sur la petite firme de Colin Chapman que se porte le choix de notre agent secret préféré. Il conduira à nouveau une Esprit (S3 Turbo) dans Rien que pour vos yeux.

Pour le tournage, six Esprit furent nécessaires, plus une autre totalement modifiée en sous-marin fonctionnel (mais qui ne peut pas rouler). Ce modèle, resté dix ans dans un garage prépayé, fut vendu “à l’aveugle” pour 100 dollars à un couple de Britanniques en 1989. Mise aux enchères en 2013, elle est rachetée par un mystérieux inconnu pour 650 000 euros : on ne tardera pas à découvrir l’identité de l’acquéreur, le bouillonnant Elon Musk qui s’inspirera de son design pour son Cybertruck

Plymouth Fury “Christine”

Film flippant, mais film culte. Christine est en même temps le titre du film sorti en 1983, mais aussi le nom de cette étrange Plymouth Fury qu’Arnie Cunningham, un collégien timide et complexé, se met en tête de restaurer. Christine, c’est en même temps la vedette du film de John Carpenter, le centre de l’intrigue, mais aussi l’âme noire d’Arnie qui change de personnalité au fur et à mesure de sa restauration. 


La Plymouth Fury s’avère douée de pouvoirs surnaturels et d’une sensibilité extrême, au point d’éliminer des lycéens l’ayant vandalisée, voire de s’en prendre à Leigh, la jolie fille du lycée, unique rivale de Christine. Si Christine dérange et fascine, c’est autant parce qu’il s’agit d’une automobile symbolisant le consumérisme à outrance des États-Unis, que parce qu’elle ressemble à une pin-up carrossée comme le soulignent les Inrocks, une figuration de la puissance du féminin. Christine nous interroge sur notre rapport à la consommation et à la sexualité : quoi de mieux qu’une automobile pour symboliser cela.

Anecdote intéressante : Stephen King, auteur du roman dont est tiré Christine, semble être particulièrement touché par la Plymouth Fury puisqu’outre Christine, le même modèle apparaît dans deux autres romans, 22/11/1963 d’une part, et Ça, deux romans parus beaucoup plus  tard. Dans ce dernier roman, l’un des héros conduit une Plymouth Fury rouge et blanche (une commande spéciale donc) de 1958 identique à Christine. 

Articles associés

2 commentaires

Eddy123

Le 16/01/2020 à 20:45

Il y a souvent un lien entre les romans de Stéphen King.
Comme le shérif de DeadZone et le même qui ce fera tuer dans Cujo…

Eddy123

Le 16/01/2020 à 20:47

Par contre de mémoire là Plymouth du livre est une Berline…

Laisser un commentaire