6 voitures pour s’envoyer en l’air

Publié le mardi 19 novembre 2019.
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D’abord, on a tous dans le coeur une petite fille oubliée, une jupe plissée queue de cheval à la sortie du lycée. Puis, on grandit, et les premiers émois deviennent plus mobiles. La bagnole c’est la liberté, le voyage et l’amour : quoi de mieux pour s’envoyer en l’air ? Petite revue non exhaustive des championnes de l’exercice. N’hésitez pas à ajouter vos suggestions en commentaires, histoire de rire un peu.

La Citroën DS

“On n’est pas bien là ? Tu les sens les coussins d’huile, sous ton cul ?” Depardieu dans les Valseuses ne s’y trompe pas même si c’est à Patrick Dewaere plutôt qu’à Miou Miou qu’il décrit la Citroën DS. Une chose est sûre, la DS était une évidence pour ce petit guide sans prétention. 

Lancée en 1955, la Citroën DS n’innove pas sur le plan mécanique, mais sa suspension “hydropneumatique”, elle, révolutionne le “touché” de route, même en étant chargée. Position haute ou moyenne, la suspension de la DS est particulièrement à même d’amortir les ébats les plus violents avec un style. La banquette arrière est d’une seule pièce et particulièrement moelleuse, qu’elle soit en tissu ou en simili. Et que dire du break qui en plus offre l’espace qu’il manquait à la berline pour ce genre d’acrobaties ? Indispensable.

Ces deux amoureux américains semblent être heureux de leur DS21 Wagon. Ont-ils déjà des idées en tête ?

Les coussins d’huiles ont heureusement évolué, passant du liquide rouge dévastateur pour les joints au liquide vert inoffensif, mais le résultat sera toujours le même : une imperturbable routière en mouvement comme à l’arrêt, dans l’effort comme dans le réconfort. Un choix facile donc, mais de plus en plus recherché, allez savoir pourquoi ?

La Jaguar Type E

Avant d’envisager de s’envoyer en l’air, il faut séduire. La légende dit qu’une femme peut se laisser séduire par une belle voiture de sport. Poncif ? Peut-être mais dans l’esprit des hommes, il reste bien ancré. L’automobile peut parfois virer au concours de quéquette. Et quand en plus la carrosserie se prête à la bagatelle, il serait dommage de s’en priver.

Car en amour tout ne se passe pas à l’intérieur, souvent exigu ou peu pratique, nécessitant presque toujours des dons de contorsionniste. Parfois, il vaut donc mieux (du moins l’été) disposer d’un roadster anglais doté d’un long capot. La Jaguar Type E en est l’exemple le plus flagrant. 

Ce n’est pas un hasard si Austin Powers circule dans une “Shaguar” ornée de l’Union Jack. De quoi embarquer les filles, qui, une fois séduites par le conducteur comme par le son du V12 (ou du 6 cylindres), se laisseront tentées par ce si long capot encore un peu chaud pour prolonger la balade de façon agréable et ludique.

En vacances, en Volvo 240 GLT, tout peut arriver, surtout si on s’aime

Volvo 240 Break

On dit les suédoises plus libres ? Légende ou réalité ? Une chose est sûre : pour ce genre d’activité tout aussi sûrement que pour un déménagement, la Volvo 240 Break saura vous satisfaire. Grande, robuste, habitable, que demander de plus pour passer une nuit dévergondée.

L’avantage, c’est qu’elle peut aussi servir seul, pour dépanner après un mariage trop arrosé imposant de rester sur les lieux le temps de décuver : le rang arrière rabattu, le plancher enfin plat, un matelas pour amortir, la 240 Break se transforme en chambre en deux temps trois mouvements, sans avoir un look de monospace au parfum moins glamour.

Au pire, la Volvo (ici une 245 GL) servira au transport du matériel, pour s’envoyer en l’air autrement.

Bien sûr, il faut aimer le carré, le fonctionnel. Cela impose de séduire avant de montrer sa voiture : ne pas compter sur elle pour aider, elle garde une vocation utilitaire et ne vend du rêve qu’une fois l’affaire emballée. C’est déjà ça !

Avec un tel look, comment ne pas séduire et, qui sait, conclure ?

Chevrolet El Camino 5

Ce n’est pas le cas de tout le monde, mais certains vouent une passion pour l’Amérique et ses bimbos des années 80. La faute sans doute aux nombreux feuilletons diffusés en France dans ces années-là, faisant tomber bien des ados de l’époque dans l’amour des belles américaines (aux deux sens du terme). Pour concilier cela et espérer séduire Daisy Duke (Shérif fais moi peur) ou Markie Post (L’homme qui tombe à pic), pourquoi ne pas opter pour une Chevrolet El Camino 5.

La Chevrolet El Camino sait joindre l’utile à l’agréable. Après l’effort, le réconfort ?

L’avant conserve cet esprit simili-sportif des ricaines de l’époque tandis que l’arrière offre tout l’espace disponible pour séduire une texane délurée ou une pin-up californienne. En outre, vous passerez auprès de vos homologues masculins pour un connaisseur de l’automobile US à moindre frais. 

En homme économe, ce qui avouons-le rassure les femmes, vous pouvez, en outre, opter pour l’étonnant V8 diesel paru à partir de 1982 (5,7 litres et 105 chevaux, admirez le rendement) et rendre à se pick-up sa vocation utilitaire : ce qui s’appelle joindre l’utile à l’agréable.

Renault 5 Le Car Van

Il fallait bien une petite française puisque notre réputation en la matière n’est plus à faire. D’autant que cette série spéciale de la petite Renault 5, produite par Heuliez en petite série à environ 450 exemplaires, est le fruit de l’imagination de Francis Dumoulin, journaliste au magazine Lui : la Renault 5 Le Car Van.

Dans les pages coquines du canard fondé par Daniel Filipachi et Franck Thénot, il présente en 1976 sa “Célibat’R”, véritable garçonnière roulante dont la partie arrière tendue de moquette et couverte d’une peau de bête comprend aussi un mini bar et une chaîne hi-fi.

Les vitres arrières sont évidemment teintées. Heuliez, toujours à l’affût pour faire tourner son usine de Cerizay, en décline une version “officielle”, stricte deux places elle aussi et dont le coffre se pare de moquette rouge. S’inspirant de la série spéciale LeCar pour la décoration extérieure (à ne pas confondre avec la LeCar américaine), elle perd ses vitres arrière pour deux hublots plutôt opaques : moins équipée que la Célibat’R, mais bonne base tout de même pour d’éventuels écarts de conduite.

Lohr FL500 Fardier

Pour ceux qui auraient pris le titre de cet article un peu trop au pied de la lettre, j’ai une autre solution : un véhicule à quatre roues capable de s’envoyer en l’air au sens propre du terme : le Lohr FL500 Fardier. Au début des années 70, nos Troupes Aéroportées (TAP) cherchent un véhicule véritablement parachutable tout en étant capable d’emporter jusqu’à 500 kg de marchandise. Après l’échec de la Minima 2 de Victor Bouffort, Henri Viard et Michel Ondinet, la base de ce petit véhicule urbain va servir à ce dernier pour répondre à cet appel d’offre avec l’aide de l’industriel alsacien Lohr.

Avec son moteur de Méhari (et ses nombreuses pièces Citroën), sa capacité d’emport, sa légèreté, le Fardier fera la joie de générations de paras, sorte d’ancêtre des quads d’aujourd’hui. Transportable par avion (posé d’assaut ou parachutage) comme par hélicoptère (filin sous un Puma), il peut transporter des blessés comme du matériel tout en conservant une excellente motricité en tout terrain. 

Entre 200 et 500 exemplaires seront produits par Lohr pour l’armée française mais il se fait rare aujourd’hui. En outre, il sera réellement difficile de s’envoyer en l’air “en vrai” avec lui à moins de disposer aussi d’un Transall ou d’un Hercules. 

 

Bonus : pour rester littéralement dans le sujet, il convient aussi de lire l’histoire de la Citroën Kar-A-Sutra dont le nom se passe d’explications.

 

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2 commentaires

Franck

Le 22/11/2019 à 12:10

La belle américaine de l’Homme qui tombe à pic s’appellait Jody Banks. Markie elle était la pénible.

Alix

Le 24/11/2019 à 20:35

En voulant vous élever dans les airs, vous venez de toucher le fond.

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