AC 378 Zagato : l’arnaque de l’Oncle Lubinsky !

Mardi 17 mars 2015
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En m’attaquant à l’AC 378 Zagato, présentée à Genève en 2012, dérivée de la Perana Z-One de 2009, et désormais aux abonnés absents, je ne m’attendais pas à tomber sur un tel sac de nœuds ! Elle devait représenter le renouveau de la marque, et faire saliver les amateurs d’anglaises, les amoureux de Zagato et les furieux du Cobra ! Pourtant, dès 2013, elle disparaissait des radars et étrangement, personne ne s’en inquiéta, et surtout pas la presse automobile. Sur le site d’AC Cars (AC Automotive), pas de trace de la 378 Zagato, ni même dans l’historique mis à disposition du futur client !

La Perana Z-One de 2009
La Perana Z-One de 2009

Commençons par le commencement : en 2009, Perana Performance Group, une société sud-africaine, présente son projet d’une supercar nommée Z-One et dessinée par Zagato. Le projet est ambitieux : on espère pas moins de 999 exemplaires à produire dans l’usine de Port Elizabeth, là-même ou Superformance (qu’on dit le meilleur fabricant de répliques de Cobra, adoubé par Caroll Shelby himself) assemble ses autos ! Dont acte. Trois ans plus tard, en 2012, le projet ressort du placard sous le blason d’AC (qui lui aussi ressort du placard). Entre temps, une dizaine de Perana Z-One de pré-série auront été fabriquées, et quelques unes vendues apparemment (au moins 7 aux Etats-Unis). On est loin des ambitions du départ.

"Ah ce cul" dirait Jean Pierre Marielle en voyant celui de la Perana !
« Ah ce cul » dirait Jean Pierre Marielle en voyant celui de la Perana !

Sous son nouveau blason AC, la Z-One devenue 378 Zagato, est toujours aussi belle, et provoque l’enthousiasme des fans, mais aussi des simples amateurs comme moi ! Elle est belle, possède un cœur de Corvette (un V8 6,2 litres de 432 chevaux), une ligne à coupé le souffle (bon je sais, j’aime Zagato même quand il se loupe, lire aussi : Autech Stelvio) et un blason anglais sur le capot. Mieux, alors qu’elle est présentée (en retard) à Genève, on annonce des grandes nouveautés pour AC Cars : un nouveau président en la personne d’un Général anglais à la retraite, médaillé comme pas possible et ancien commandant des armées de l’OTAN (Sir Jeremy Mackenzie), l’alliance de trois sites de production (Brooklands Motor en Angleterre, Gullwing en Allemagne et Superformance en Afrique du Sud), le tout pour proposer une gamme renouvelée d’AC « à l’ancienne » (MkVI et Ace) ainsi qu’une 378 moderne et envoûtante. Le projet tiendrait la route s’il n’y avait pas Alan Lubinsky !

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Ah Alan Lubinsky !!! Un poème cet homme-là. Séducteur et beau parleur, il avait racheté la marque (encore en activité alors) en 1996 et tenté de la maintenir en vie avec l’AC Ace Brooklands et l’Aceca (lire aussi : AC Ace Brooklands). Présenté comme un sauveur en 2012, voilà pourtant 16 ans qu’il patauge (et encore je suis gentil) dans ses tentatives de relance de la marque mythique britannique. Une recherche « Google » à son nom est édifiante. Après avoir « oublié » de payer ses ouvriers britanniques (et ses débiteurs), Oncle Lubinsky (qui est sud-africain, et pas russe comme son nom le laisserait croire) a fait miroiter à Malte une industrie automobile de prestige. Après avoir empoché l’aide gourvernementale, et produit entre 2 et 6 voitures (selon la police ou les organisateurs) en 2 ans sans payer ses 14 ouvriers, l’animal s’était enfui vers d’autres cieux plus cléments : les Etats-Unis.

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Et là, re-belotte : on appelle la bonne ville de Bridgeport pour lui faire la même entourloupe ! On lui promet 4,5 millions de dollars d’investissements, 150 emplois d’ouvriers qualifiés de haut niveau, de quoi faire bander le Gouverneur de l’Etat lui-même ! Bridgeport, minée par la crise, la misère et la criminalité, se rêve déjà en haut lieu de la voiture de luxe ! Le scepticisme du New York Times (lire aussi : Les doutes du New York Times) fera capoter le projet, non sans avoir eu le temps d’écumer les « dealers » d’automobiles exotiques en leur extorquant des avances (pour devenir distributeurs exclusifs) sans jamais les rembourser. Une méthode qui a fait ses preuves et qu’AC Cars pratique déjà avec ses clients depuis de longues années !

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Bref, pour qui se renseigne un peu, la relance de 2012, avec une Perana rebadgée, ça sent quand même un peu le caca (et je reste poli). Trois ans après, Sir Jeremy a lui aussi disparu des radars. Le site internet existe toujours, mais à l’AC Owners Club (www.acownersclub.co.uk) on se demande si la marque existe encore (les forums sont très intéressants). Combien de Perana Z-One et d’AC 378 Zagato ont été construites réellement ? Impossible de le dire. D’ailleurs, je ne suis même pas sûr que des AC 378 Zagato ont été réellement construites : peut-être des Z-One rebadgées et améliorées (finitions intérieures notamment). On trouve sur l’excellent site américain Hemmings une Z-One à vendre (voir aussi : Perana Z-One à vendre) !

2012 AC 378 GT Zagato

Bref, si vous croisez la route d’une Perana Z-One ou d’une AC 378 Zagato, sortez le chéquier et ne laissez pas passer l’occasion d’acquérir une auto aussi belle et disposant d’une telle histoire abracadabrantesque (et qui fait « pschittt ») comme dirait l’ami Jacques Chirac. Sans déconner, vous en connaissez-vous des voitures avec un tel pedigree, un tel blason, un tel designer, un tel moteur (un V8 atmo à l’américaine Môôsieur) et une telle rareté, le tout acquis en si peu de temps ? Moi je dis chapeau l’artiste !

Pour les amateurs, le site de Superformance

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