AEC Routemaster : le légendaire bus londonnien

Publié le samedi 1 juillet 2017.
Mis à jour le mardi 23 octobre 2018.
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Les idées de sujet viennent parfois comme cela, par hasard. J’ai une liste longue comme le bras, mais je trouve toujours le moyen de m’en rajouter, et de vous offrir une lecture étonnante pour le week end. Aujourd’hui, c’est la publication d’une vidéo Lego sur Facebook (cf en fin d’article) qui m’a donné l’idée de vous parler du célèbre bus AEC Routemaster.

Oui, je l’avoue, même les bus m’intéresse… Je m’étais déjà penché rapidement sur l’autobus de mon enfance, le fameux « Standard 11 mètres » de la RATP, construit par Berliet et Saviem (le SC10, lire aussi : Berliet et Saviem SC10 Standard 11 mètres), mais il faut bien l’admettre : les bus de la RATP n’ont jamais eu l’aura des bus londonniens devenus symboles d’une ville aussi sûrement que London bridge ou Big Ben.

Un Routemaster destiné à la British European Airways, qui se distingue par une face avant spécifique, et une porte… à l’avant !

Avec une mère anglophile et prof d’anglais, vous imaginez bien que parmi mes petites voitures figurait en bonne place des versions miniatures du Routemaster, souvenirs de la perfide Albion rapportés de voyages multiples. Ensuite, mes nombreux passages à Londres me l’ont fait apprécié autrement qu’en jouant dans l’herbe avec: un petit côté décalé, avec cet « impériale » qui lui donnait tout son charme.

Un Routemaster dans la circulation, direction Marble Arch (en haut) et un des protos de 1956 (en bas), direction Crystal Palace (ça parlera aux fans de foot).

Le Routemaster n’a pourtant pas eut le succès commercial qu’on imagine. Malgré son côté iconique, seuls 2876 exemplaires seront fabriqués entre 1956 et 1968 par AEC et sa filiale Park Royal Vehicle (PRV, mais sans rapport avec le V6 éponyme). La majeure partie de ces Routemaster seront destinés au London Transport (du moins neufs, car beaucoup vivront une seconde vie ailleurs), seuls quelques exemplaires trouveront preneurs neufs chez Northern General Transport Company (51 unités) ou chez British European Airways (65).

Ce qui fait la légende du Routemaster, c’est son lien intime avec Londres, d’une part, et son exceptionnelle longévité d’autre part: le dernier sera retiré du service actif en 2005, et encore aujourd’hui, une ligne « historique », la 15, utilise encore ces antiques bus (jusqu’en 2008, il y avait encore une autre ligne historique, la 9).

Des Routemasters destinés aux Green Lines

Le Routemaster utilisait des 6 cylindres en ligne diesel AEC (9.6 ou 11.3 litres) ou Leyland (9.8 litres) pour une puissance proche des 115 ch (moteur à l’avant, « of course). La majorité sont des versions courtes dites « RM » avec « plateau » et entrée par l’arrière (2123 exemplaires) mais il existait aussi des versions « longues » (RML, 524 exemplaires). Il existe des versions plus confortables (grâce à un travail sur les suspensions) courtes (RMC, 69 ex) ou longues (RCL, 43 ex) destinées aux « Green Lines », en gros, des bus de banlieue ! Les versions destinées à la Northern ou British European Airways disposaient quand à elle de portes à l’avant ! 1 unique prototype avec porte à l’avant et moteur à l’arrière (nom de code FRM) fut aussi testé, sans succès.

Sa couleur rouge, sa silhouette « double decker » inimitable, son bruit particulier, le tandem qu’il formait avec les blackcabs FX4 (lire aussi : Le retour du Blackcab ), tout contribuait à faire aimer le Routemaster, et à dépayser les froggies que nous étions. Les londonniens y étaient tellement attachés que Boris Johnson, alors maire de Londres, lança un concours pour une version « moderne » du fameux bus rouge.

Le New Routemaster, produit par Wright Bus

Deux lauréats se partagèrent la prime de 25 000 £ : Capoco Design d’une part, et Fosters & Partners, associés à Aston Martin (vous avez bien lu). Sur la base de ces deux propositions, Wright Bus lançait en 2012 un New Routemaster qui désormais peuple les rues de Londres en lieu et place du légendaire Routemaster, dès lors uniquement disponible en occasion ou bien … en Lego !

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7 commentaires

Pierre

Le 01/07/2017 à 15:44

J’me demande bien quel brickhead a pu publier cette vidéo sur FB pour que tu puisses la voir haha

Paul

Le 01/07/2017 à 15:50

j’ai pas osé te nommer ahahaha… 😉

Pierre

Le 01/07/2017 à 16:12

Boaf tu sais vu qu’on me nomme ailleurs alors que je n’ai aucun rapport avec la semoule… c’est vraiment pas pour ce sujet là que je t’en aurais voulu haha

Nabuchodonosor

Le 01/07/2017 à 16:28

Je ne sais qui de l’oeuf ni de la poule mais dans le genre voiture de louage collectif guidé par rail cependant existent aussi les fameux « ding-dong » HKTramways dont le double-decker (à impériale en France),open top tout d’abord, remonte à 1912 sauf erreur… Cependant je crois me souvenir que l’antériorité de la disposition à l’impériale revient aux omnibus parisiens une vingtaine d’année plus tôt…

Nabuchodonosor

Le 01/07/2017 à 16:32

Euh, HK pour Hong-Kong… pardon.

Olivier S

Le 01/07/2017 à 19:51

Ça me rappelle des choses – je l’ai pris des centaines de fois chaque matin entre 1996 et 1997, habitant a Battersea, traversant la Tamise vers Chelsea et Knightsbridge en bus LRT pour prendre le Tube vers mon lieu de travail à Notting Hill gate. C’était beaucoup plus fun de sauter sur un Routemaster, en plus du fait que bien plus vite et bien moins cher que les vieux trains horribles traversant Clapham Junction vers Victoria!
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Dans le temps, les Routermasters étaient déja en disparition – ma ligne de Battersea une des dernières lignes non-touristique a en avoir. Environ un bus sur trois bus était encore un Routemaster en ’97 (avec moteur re-fit neuf Iveco ou Cummins).
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Ils entraient beaucoup plus vite que leurs remplaçants, car ils dépassaient les autres bus « modernes » du a ne pas être obligés de s’arrêter pour laisser les gens a bord, ou pour leur vendre les tickets (il y avait toujours un deuxième « conductor » faisant la ronde a l’arrière du bus et sur la plateforme ouverte !
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Le plupart des Londoniens attendaient tous le prochain vieux bus rouge Routemaster s’il étaient déjà en vu – les bus Dennis au autres modernités de la privatisation Thatcher restaient quasi-vide…

Malo

Le 05/07/2017 à 14:00

Excellent article pour changer (ironie) !
Petite coquille en début d’article néanmoins: Oui, je l’avoue, même les bus m’intéressent et non pas Oui, je l’avoue, même les bus m’intéresse.

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