Alfa Romeo 156 GTA 3,7 Autodelta: le graal se trouve à Londres !

Dimanche 17 janvier 2016
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En ce qui concerne Alfa Romeo, il y a Autodelta et Autodelta. Il faut parfois calmer son enthousiasme et ne pas tout mélanger. Le premier Autodelta est italien, né en 1961 en tant que département compétition de la marque Alfa Romeo, pour finir par n’être plus qu’un nom en désuétude aujourd’hui. On lui doit, entre autres, quelques voitures de série comme l’Alfa Romeo Nuova Giulietta Turbo (lire aussi : Alfa Romeo Nuova Giulietta Turbo Autodelta) ou alors la rarissime version sud africaine de la GTV avec son V6 3 litres (lire aussi : Alfa Romeo GTV6 3 litres).

Autodelta 03

Et puis il y a Autodelta, une officine londonienne dédiée à la préparation des Alfa Roméo, née en 1987 sous l’impulsion de l’ingénieur Jano Djelalian et qui nous offrira au début des années 2000 quelques pépites sur des bases Alfa de série. J’étais parti pour vous parler de la 156 GTA, purement italienne, et puis, à force de creuser, j’ai fini par me réorienter vers ce que je préfère : la pépite, rare, étonnante, voire bluffante.

Autodelta 11

En 2002, Alfa s’était déjà lâché en nous gratifiant d’une GTA déjà sévèrement burnée : un V6 Busso de 3,2 litres, et 250 ch sur le train avant, c’était déjà du sport. Mais les anglais, derrière leur flegme légendaire et un semblant de respectabilité, sont encore plus fous que les ritals. Sur Savile Row se font les plus classiques des complets, mais aussi des costumes déjantés : et bien Autodelta UK Ltd (devenu ensuite Autodelta London Ltd), c’est la même chose côté voiture !

Autodelta 09

L’Alfa 156 est une superbe voiture, et avant la sortie de la GTA, Autodelta s’était déjà penché sur son cas dans ses ateliers de Park Royal, au nord-ouest de Londres : en 1999, elle voyait son V6 2,5 litres passer à 220 ch, et recevait le nom de 156 JTS Autodelta. Avec la sortie « officielle » de la GTA en 2002, Autodelta devait donc envoyer encore plus de pâté ! Ce sera d’abord la 156 GT Super en 2004, avec le 3,2 litres poussé à 320 ch, puis la GT Super Evo avec 341 ch, toujours sur le train avant !!! Merci le compresseur !

Et comme les anglais osent tout, l’offre ne s’arrêtera pas là, avec une Autodelta GT 3,7 super en 2005 et 2006 ! Le Busso est réalésé à 3,7 litres donc, pour une puissance de 400 chevaux environ. Le châssis sera retravaillé sur les versions les plus récentes (dites GT AM) pour mieux contenir les bourrins sauvages, avec un différentiel autobloquan, le tout avec un kit carrosserie sans ambiguïté sur le potentiel de la bête : 287 km/h, et le 0 à 100 en 4,8 secondes.

Autodelta 05

Combien de 156 recevront ces « améliorations » chez les anglais d’Autodelta ? Difficile à dire, mais comme la production des GTA reste faible (4651 exemplaires, dont 2973 berlines et 1678 Station Wagon), on peut raisonnablement penser que très peu d’exemplaires recevront ce kit moteur et carrosserie. Mais pour celui qui veut vraiment se la jouer différent, rechercher une 156 Autodelta peut être une quête intéressante. A noter qu’Autodelta s’est aussi occupé du RZ/SZ (lire aussi : Alfa Romeo SZ), de la 147, de la GT ou de la Brera !

Autodelta 10

Pour plus d’infos sur Autodelta UK : http://www.autodelta.co.uk/

 

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3 commentaires

Utopiaboy

Le 18/01/2016 à 14:27

Ah, la 156 Autodelta, quel engin ! Enfin 400cv sur le train avant, ça doit être difficilement exploitable, vu les limites de motricité déjà atteintes sur la version de série. Pourquoi ne pas avoir profité de la transmission intégrale Q4 qui avait été adaptée en fin de vie de la 156, et qui n’avait malheureusement été accouplée qu’à une motorisation diesel ?

Esthétiquement j’ai toujours préféré la 156 normale à la GTA, qui versait un peu trop à mon goût dans le style DTM, et dont les appendices ne s’intégraient pas assez bien à la ligne harmonieuse de base Ici toutefois, la bestialité revendiquée me plaît, et le dessin du kit carrosserie est plutôt réussi, hormis ce décroché sur les ailes arrière, un peu trop pièce rapportée. Mais surtout, ils ont eu le bon goût d’adopter la face avant de la 156 restylée par Giugiaro, ce à quoi la GTA de série n’aura jamais droit. Cet upgrade donne encore plus de personnalité et d’agressivité au modèle.

Pour avoir eu une 156 V6 2,5l (une phase 3 « Giugiaro » justement), c’est une voiture formidable et qui n’a pas rencontré le succès qu’elle méritait, sans doute parce qu’elle péchait par l’absence d’une architecture propulsion, alors même que le modèle était voué à concurrencer la BMW Série 3.

Aujourd’hui la cote des GTA se maintient, mais les 2.5l sombrent dans les profondeurs du marché de l’occasion. Comme nombre de moyennes/grosses cylindrées devenues abordables en seconde main, les beaux modèles se raréfient, la faute à un ratio coût d’achat/coût d’entretien décourageant (allez donc faire un devis pour le remplacement d’une courroie de distribution, même hors du réseau constructeur).

Bref, je me suis égaré, concernant cette Autodelta, entre la rareté du modèle et les improbables formalités d’homologation sur notre sol, nous ne sommes pas prêts d’en croiser une sur les routes.

Au sujet des modifications apportées à la mécanique, avez-vous plus d’infos ? Le boulot a dû non négligeable car le bloc d’origine, s’il est doué d’un sacré caractère et d’une voix unique, n’est pas un modèle de rendement.

Franck

Le 23/01/2016 à 08:40

Bonjour,

Article très intéressant à plus d’un titre:

Tout d’abord car il met en avant le savoir-faire d’une marque comme Alfa qui, aujourd’hui, n’est pas exploitée à son plein potentiel, la faute à une direction de groupe sans vision, ni ambition pour cette marque: J’en veux pour preuve les échecs des 159 ou Brera, aux lignes pourtant magnifiques, mais aux prestations limitées pour le premium.

Ensuite car il souligne, en filigrane, le grand mal de l’automobile italienne: Des coups de génie non transformés, comme la création du département compétition d’Alfa Roméo, qu’Alfa a délaissé, alors qu’aujourd’hui des marques premium comme Mercedes ont bâti leur réputation avec l’appui de leur département compétition comme AMG pour la marque à l’étoile… Il faut regarder du côté d’indépendants comme…Autodelta UK pour mettre en valeur des modèles qui auraient dû être portés par leur constructeur!

J’ai, moi même abordé le sujet, dans le cadre d’un article que j’ai publié sur mon site « ItalCarNews », dans lequel je souligne cette hérésie stratégique,par le biais du traitement du restylage d’une Giulietta qui accuse déjà 6 ans d’âge, face à une concurrence très affûtée, qui décontenance à plus d’un titre les fans de la marque.
Alfa Romeo semble hésiter entre le secteur généraliste et premium et cela se voit. S’il est pourtant une marque qui, par son glorieux passé sportif et la passion qu’elle véhicule encore aujourd’hui, est légitime dans le haut de gamme, en Italie, c’est bien Alfa!

Encore bravo pour votre article, très intéressant….

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