Alfa Romeo 156 GTA : sur un air d’opéra

Lundi 2 mai 2016
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Lorsque en 1997 apparut l’Alfa Romeo 156, ce fut un succès immédiat, véritable renouveau de la marque au trèfle qui végétait depuis le début des années 80. Bien sûr, la 155 avait déjà un peu préparé le terrain, honnête berline qui rebuta les Alfistes purs et durs par son passage à la traction, mais qui rencontra tout de même un relatif succès…. Mais sans doute que pour faire la pilule de ce changement radical, il lui aurait fallu une plastique moins passe-partout. C’est alors que sous la houlette de Walter da Silva, Alfa nous pond une superbe 156 qui fit croire pendant quelques années que la marque italienne pourrait bientôt rivaliser avec les marques allemandes.

GTA 18

Elue voiture de l’année en 1997 (une première pour Alfa), la 156 rencontra donc un vif succès, allant même jusqu’à conquérir une nouvelle clientèle jusqu’alors peu encline à rouler en berline italienne. Mais pour satisfaire les amateurs « sportifs » de la marque, Alfa ne proposait qu’un seul moteur avec un peu de chevaux, le V6 « Arese » dit Busso, en version 2,5 litres et 187 ch. Pas mal pour le commun des mortels, mais trop peu pour les Cartofoli (qui lui roulait en Lancia) amateurs du trèfle.

GTA 16

Il faudra 5 ans (le temps de se refaire) pour qu’Alfa sorte, en même temps que la deuxième série de 156, une version sportive de sa 156, la GTA (Gran Turismo Alleggerita), avec un Busso porté à 3,2 litres et développant tranquillou ses 250 ch ! Bien entendu, il restait encore du chemin pour aller vraiment taquiner les M3 de chez BMW, mais cette GTA compensait habilement grâce à l’agrément de son moteur.

GTA 12

Car c’est là qu’est la vraie qualité de la voiture : il s’agit d’une diva vous chantant parfaitement un air d’opéra dès qu’elle monte dans les tours. Et c’est sans doute cela qui ravira le plus les amateurs de mécaniques italiennes. Cette ultime évolution du Busso datant tout de même de 1979 et de la sortie de l’Alfa 6 (lire aussi : Alfa Romeo 6) est sans doute la plus aboutie et, ce qui ne gâche pas le plaisir, l’emballage étant pour une fois très réussi !

GTA 21

Oui, le moteur est le point fort de cette voiture, permettant d’embarquer les 1410 kg de la bête à 250 km/h, mais il n’y a pas que ça ! La ligne de la 156, sublime au naturel, ne s’en sort pas trop mal des « ajouts sportifs » (nouveaux boucliers, jupes latérales). Les jantes de 17 pouces (soit OZ à bâtons, soit « Alfa » à gros trous) lui donnent une gueules d’enfer, avec les étriers Brembo rouge apparents ! Si la 156 reste une traction, elle commence à ressembler à une vraie Alfa, et surtout, est disponible en break (Station Wagon). La boîte Selespeed était aussi proposée, mais avec le recul, la boîte manuelle est sans doute préférable (enfin chacun ses goûts).

GTA 13

Pour ceux qui voudraient une version encore plus sportives, il existe des évolutions réalisées par Autodelta en Angleterre (lire aussi : Alfa Romeo 156 GTA 3.7 Autodelta), mais rares et chères, autant se contenter de l’originale déjà suffisamment intéressante et surtout plus courante. Entre 2002 et 2005, elle sera produite à 4651 exemplaires, dont seulement 1174 breaks. C’est en même temps beaucoup et peu, et aujourd’hui, les qualités de la voiture alliées à sa rareté font que la cote remonte malgré sa relative jeunesse sur le marché de l’occasion.

GTA 22

Quand on voit l’actualité de la marque aujourd’hui, on se demande comment Alfa Roméo a pu passer d’un best-seller et d’une situation de croissance au début des années 2000, à la situation actuelle. Pour des raisons d’économie, et sans doute aussi pour satisfaire GM qui fut actionnaire de 2002 à 2006 et avec lequel fut signé des partenariats moteurs (Fiat fournissant notamment des moteurs diesel à Opel), la 159 qui succède à la 156 ne recevra pas de Busso, mais des V6 Holden. Adieu la spécificité des moteurs chantants et rageurs, place à des mécaniques solides, sérieuse, mais sans vrai caractère.

GTA 08 Phase 2

Aujourd’hui, on attend la Giulia telle l’Arlésienne (lire aussi : Alfa Romeo Giulia), présentée d’abord dans ses versions les plus sportives, comme pour tenter d’amadouer l’Alfiste et le faire patienter. Mais après tout, pourquoi attendre une hypothétique Giulia sans doute hors de prix, lorsque l’on peut s’offrir un Busso pour beaucoup moins cher ?

 

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16 commentaires

Fabrizio

Le 02/05/2016 à 11:25

Même si ce n’étaient plus de vraies Alfa et des tractions, les 147 et 156 étaient quand même sacrément réussies. Il ne leur manquait plus qu’un différentiel autobloquant. Il faut se rendre compte qu’ils ne proposaient le Q2 que sur leurs diesels (!) option qui magnifiait le comportement de l’auto. Pour moi Fiat a tué Alfa à petit feu et le renouveau d’Alfa je n’y crois plus. Le nom d’Alfa Romeo continuera à vivre mais l’esprit est mort avec les gens qui les faisaient et qui n’ont pas pu transmettre leur savoir. Il n’y a plus beaucoup de place pour les voitures de caractère aujourd’hui. Et ne venez pas me parler de quelques allemandes ou anglaises inabordables pour le quidam.

esteban

Le 05/05/2016 à 18:14

et dire que ce Q2 se monte sur la boite des GTA, ce qu’un certain nombre de passionnés ont fait d’ailleurs

Greg

Le 02/05/2016 à 11:50

Dans mes souvenirs… elle n’avait pas un aileron « pelle à tarte », la GTA???

Boris

Le 02/05/2016 à 16:55

Non, la 156 GTA n’avait pas d’aileron. C’est peut-être d’ailleurs aussi pour ça qu’elle était si belle. Avec quasiment 15 ans de recul, elle paraît même presque sage cette 156 !

Nabuchodonosor

Le 02/05/2016 à 12:02

Come per la torta, per la pizza voi dire…

Greg

Le 02/05/2016 à 15:55

Si si! Per la pizza!

Utopiaboy

Le 02/05/2016 à 12:41

Je reste nostalgique de cette génération d’Alfa, ma « petite » V6 2,5L (190 puis 192cv, et non 187, mais je chipote) m’ayant laissé d’excellents souvenirs.
Je l’ai déjà dit mais, de mon point de vue, les appendices de la GTA firent perdre beaucoup de la fluidité et la finesse des lignes originelles. La 147 GTA, pour bestiale qu’elle soit, m’a toujours semblé plus réussie.

Attaquer la M3 frontalement semblait inconcevable, la GTA se positionnait clairement en retrait, disons intercalée entre la M3 et la 330i, avec une fibre sportive et un tempérament mécanique supérieurs à cette dernière.
Le différentiel autobloquant n’est apparu qu’en 2006 sur la 147 JTD, à une heure où les versions GTA s’étaient déjà éclipsées. Mais la modification est courante car le « Q2 » s’adapte sur la boîte 6 du V6. C’est un gros plus pour le comportement, mais Alfa préfèrera retenir la solution de la transmission intégrale pour la 159.

Les 4 roues motrices « Q4 » furent d’ailleurs adaptées sur la 156 SW en fin de vie, dans une éphémère version aux allures de break baroudeur baptisée Crosswagon, associée uniquement au 1,9l JTD.

Il est vraiment dommage que le groupe n’ait pas su capitaliser sur le succès du trio 156/147/GT, pour les modèles qui leur ont succédé. La grande 166, n’ayant pas réussi à percer dans le segment des routières Premium, a probablement amené à une rationalisation de gamme, qui engendra une 159 au positionnement intermédiaire, exactement comme Peugeot va opérer pour le duo 407-607 laissant place à la 508. Et si la 159 atteint une maturité de style tout en réussissant à gravir l’échelon de la finition et se hisser un peu plus près des rivales Allemandes, elle perdit dans le même temps beaucoup de l’ADN de la marque, par une prise d’embonpoint conséquente, et l’abandon du V6 maison, véritable locomotive d’image de la gamme (qui, par le truchement des normes de pollution, était condamné au vu de son appétit).

Michel

Le 02/05/2016 à 15:40

La voiure qui m’a fait basculer chez ALFA, c’est peut etre une traction, mais elle a une ligne attirante et differente des productions germaniques qui a fini de séduire mon épouse
comme de nombreux acheteurs, c’est la version 2,4 SW diesel que nous avons acheté

la GTA c’est comme la nouvelle GUILLIA QV, c’est la cerise sur le gateau, mais au prix du carburant et de la repression des pandores, c’est une folie que je ne peux pas me permettre

comme le signale UTOPIABOY, le V6 ARESE a été abandonné pour des pbs de normes antipollution, et le V6 HOLDEN des 159, n’avait rien de sportif

gtman

Le 02/05/2016 à 17:39

Personne ne parle du train avant complètement dépassé par la cavalerie, les remontées de couple dans la direction ! Pas étonnant qu’elle se soit si peu vendue. En sortant d’une M3, on se disait qu’il y avait un monde et que Alfa avait encore du pain sur la planche! ! La version 2.5 est bien plus homogène.

Utopiaboy

Le 02/05/2016 à 19:16

Je n’ai jamais mis mes paluches au volant d’une GTA, mais sur la V6 2,5l les trains roulants étaient loin d’être ridicules. Certes le couple du 2,5L est bien plus faible, mais la caisse s’accommodait fort bien du poids du moulin sur l’avant, avec une bonne vivacité et tout juste un peu de roulis dans le serré. Le touché de route était extra, en contrepartie de remontées assez fortes des déformations de la chaussée (eh oui, sur la 2,5L aussi, mais pour moi ça n’est pas tant lié au couple moteur qu’à l’épure des trains roulants et à la direction très très peu démultipliée, environ 2 tours de butée à butée).
Homogène en effet est un terme qui lui sied ! Le compromis est différent d’une Béhème mais j’aimais ce mélange de lignes épurées, de cuir fleurant bon et aux coutures travaillées, de caractère mécanique pétillant, et cet excellent compromis confort/tenue de route. Qu’importe si l’ajustement des plastiques n’était pas millimétré. Et je me gaussais aussi lorsque mes beaux-parents me prenaient pour un snob aux goûts de luxe, avec une berline cinq fois moins chère que leur Renault Captur neuve…
Les deux seuls gros défauts désormais rédhibitoires à un usage quotidien sont le diamètre de braquage absurde et un coût d’utilisation élevé, entre la consommation d’un autre âge et un entretien pas donné (distribution, trains roulants).

Mnbee

Le 02/05/2016 à 22:25

Pour moi la plus belle oeuvre automobile !

Merci de tout coeur Walter maria de Silva…

fzalfa

Le 04/05/2016 à 09:03

Tout le monde se paluche pour les GTA….. mais il n’offre que peu en comparaison au 2.5, en tout cas pas autant que ce l’on pourrai croire.
Le 2.5 roule sportivement bien, la GTA roule sportivement très bien.
Vous avez une 2.5 ? gardez la bien au chaud !

Fabrizio

Le 04/05/2016 à 23:11

J’en ai justement croisé une dans un parking tout à l’heure. Toujours magnifique !

Mnbee

Le 07/05/2016 à 21:50

Je reviens au sujet de l’aileron pelle à tarte :

Tout simplement une option !

J ai toute la doc\plv papier de l’époque au besoin…

wolfgang

Le 09/05/2016 à 17:36

L’abandon du Busso est une imbécilité sans nom.
C’est bien dommage, parce que le style des alfa globalement reste très sympa.
Mais un italienne sans moteur qui chante, ce n’est plus une italienne. Et la tradition a son importance. Le Busso c’est un mythe et casser un mythe c’est casser une marque. Il était toujours possible de le dépolluer sans aller chercher un moteur étranger.

La GTA est rare et donc chère. La V6 normale est déjà pas mal du tout avec son volant bois et ses sièges cuir avec le sigle alfa en relief. C’est une auto discrète et classe. Son vrai défaut, comme la 166 c’est d’être des tractions.
Il faut tout de même savoir qu’il arrive que les soubassements rouillent sérieusement.
Et l’accessibilité moteur est parfois très mauvaise. Ex changer l’alternateur représente des heures de boulot. Et la pièce d’origine montée sans ventilo souffre de la chaleur de l’échappement, donc casse souvent…

Yenyen92

Le 04/08/2017 à 13:21

Pour être propriétairedepuis peu de temps d’une GTA Sport Wagon de 2004 en boite manuelle, je peux vous assurer de mon enchantement à chaque km parcouru.
la synthèse de ce véhicule est très étonnante. je ne m’attendais pas à si bien.
la finition est très correcte, la qualité du système télématique d’époque est un vrai point fort, le design est toujours aussi plaisant. il n’y a que la hauteur du siège conducteur qui perturbe un peu car même au plus bas, on est bien plus haut que dans le siège passager… curieux

quant aux performances, au bruit symphonique du moteur et au chassis cousu main, quel bonheur !!
il n’y a que le rayon de braquage… désespérément grand, qu’il faudra appréhender. faire un créneau devant un public leur fera penser que vous ne savez pas vous garer…

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