Alfa Romeo 166: une affaire à saisir

Jeudi 18 juin 2015
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Lorsqu’en 2012 je m’étais mis en quête d’une 2ème voiture « plaisir » en complément du monospace familial, je m’étais fait une petite liste de modèles susceptibles d’intégrer ma vie pour un budget raisonnable. Bien entendu, la Saab 9-5 était en bonne place (et emporta ma décision, lire aussi : La Saab 9-5 de Boîtier Rouge), mais n’étant pas sectaire, j’avais sélectionné bien d’autres modèles de toutes sortes. Mes critères principaux : suffisamment de place et de confort pour 4, dont deux enfants avec sièges auto, de la puissance, une certaine discrétion, un intérêt historique ou, à défaut, sentimental, un moteur puissant (et si possible avec au moins 6 cylindres), et un haut d’équipement.

Certaines voitures ne résistèrent pas à la réalité, car bien que rentrant dans le budget imparti, elles m’auraient mis dans le rouge avec un budget d’entretien énorme : exit donc la Lancia Thema 8.32 qui me faisait de l’oeil (lire aussi : Lancia Thema 8.32), la Maserati 430 de mes rêves (lire aussi : Maserati 430) ou la Jaguar XJR. J’éliminais aussi la Peugeot 605 SV24 faute d’en trouver une en bon état (lire aussi : Peugeot 605 SV24), pour ne garder dans ma short list que la Saab 9-5 (deux modèles me titillaient, la V6 Griffin et l’Aero) et contre toute attente l’Alfa Romeo 166 (dans plusieurs versions V6). Oui vous avez bien lu : l’Alfa 166 se retrouvait en final avec la Saab. Incroyable ! Enfin pas tant que cela. Voyez plutôt.

C’est en 1998 que cette remplaçante de la 164 (lire aussi : Alfa Romeo 164) fait son apparition sur le marché européen, reprenant la plate-forme de la si discrète Lancia Kappa (lire aussi : Lancia Kappa). Elle fait le choix d’une ligne atypique, dérangeante au premier abord avec ses yeux froncés à l’avant et sa calandre plongeante, mais non dénuée d’une certaine classe. Elle est en tout cas dans la tradition des grandes berlines italiennes cherchant à tailler des croupières aux allemandes de tout poil. Elle fait partie du grand renouveau d’Alfa depuis le lancement de la 156 un an plus tôt (et qui deviendra voiture de l’année en 1998 justement).

A l’intérieur, c’est le grand luxe à l’italienne, loin de la rigueur germanique certes, mais bien plus chaleureux. Si le cuir noir est disponible, nombre d’Alfistes choisiront les cuirs crèmes, marrons ou rouges donnant à l’italienne un charme fou. Pour le reste, tout y est, cuir donc, fauteuiles électriques chauffants, bref toute la panoplie de la berline haut de gamme.

Mais ne tournons pas autour du pot, l’intérêt de cette bagnole n’est pas vraiment à l’intérieur. Ou plutôt si, mais à l’intérieur du berceau moteur ! Si la 166 a été proposée en différentes motorisations 4 cylindres (Twin Spark 2 litres de 155 ch, puis 150 à partir de 2004) ou diesel (2,4 JTD de 136 ch, puis 150, 175 et 185 ch à partir de 2004), elle a surtout reçu toute une panoplie de fabuleux V6, tous dérivés du fameux Busso ! Car mes amis je vous le dis, c’est là que réside le véritable intérêt de la 166 : ses V6 chantants, rageurs, tellement italiens et tellement Alfa. Lorsqu’on y a goûté, difficile de repasser à autre chose.

Au programme en 1998 : deux V6, l’un de 2,5 litres 24 soupapes de 190 ch (188 à partir de 2004), l’autre de 3 litres (et toujours 24 soupapes) de 226 ch (220 à partir de 2004). Tout cela sur une traction. Autant dire qu’il peut y avoir du sport, surtout avec le 3 litres. Mieux, en 2004, profitant d’un restylage (à mon sens malheureux, mais chacun ses goûts), la 166 recevra l’ultime évolution du légendaire Busso avec un 3,2 litres poussé à 240 chevaux. Largement de quoi aller titiller les allemandes sur l’Autobahn !

La version restylée de 2003, beaucoup moins réussie

A l’époque, la 166 se vendit moins bien que prévu, sans doute à cause d’un prix élevé et d’une finition un peu légère (qui a dit « à l’italienne » ? Mais cela fait partie du charme non?). Si en 1999, 26 537 exemplaires trouvèrent preneurs, le soufflet retomba à 18 928 exemplaires en 2000, pour tomber à des scores très modestes (5 682 ex en 2003). Le restylage de 2004 permit un léger mieux avec 7 501 exemplaires vendus, mais dès 2005, la 166 retrouva les abysses, pour s’écouler péniblement à 726 exemplaires en 2007, date du clap de fin pour une grande berline qui n’aura pas de descendante. Au total, 89 594 Alfa 166 auront été produites. Cependant, la carrière de la 166 ne s’arrête pas là. Comme la 9-5 qui dort désormais chez moi (lire aussi : Saab 9-5 chinoise), elle connaîtra une carrière chinoise après que Fiat eut revendu les droits à Guangzhou Automobiles.

Difficile de croire que sous cette ligne se cache une Alfa 166 !
Difficile de croire que sous cette ligne se cache une Alfa 166 !

C’est aujourd’hui que l’Alfa 166 devient intéressante. Encore perdue dans les méandres de l’occasion, sa côte est au plus bas. Trop jeune pour être youngtimer, pas assez moderne pour séduire en occasion, elle reste séduisante pour un frange d’acheteurs avertis : car pour quelques milliers d’euros, vous pourrez vous offrir le luxe d’un Busso puissant dans une berline moderne et attrayante, encore tout à fait à la page en terme de design et de performance, avec ce petit plus qu’est son moteur mythique. Encore aujourd’hui, je regrette un peu sa sonorité typique et historique que le V6 de ma Saab, à la philosophie différente, ne parvient pas à faire oublier.

 

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6 commentaires

De Montréal

Le 18/06/2015 à 21:52

Bonsoir,
Je ne vais pas jouer au professeur, je pense qu’une simple relecture permettra de corriger de petites coquilles. Rien de grave. Par contre, un oubli…le 2.0 v6 Turbo. Dommage…surtout avec le kit carrosserie de chez Zender. A voir, et à essayer absolument! Bonne continuation 😉

Marcus

Le 18/06/2015 à 23:12

Une belle auto, correspondant à bien des critères! Dommage qu’en ces temps, rouler en v6 tout les jours soit si compliquer.

Jag

Le 17/01/2017 à 10:36

Superbe auto. Bien d’accord, le restylage fut à mon sens assez malheureux, la délestant d’une certaine signature élégante. Aujourd’hui, je lorgne également sur cette belle italienne.

Maxime.D

Le 06/09/2017 à 09:55

J’ai fais mes premiers pas dans l’Automobile avec une Afla 147 (1.6TS 120ch pour les connaisseurs) et suis donc Alfiste de cœur…
Mais dans toute carrière automobile vient un temps où on devient de plus en plus curieux de gouter à d’autres philosophies.
Et effectivement, actuellement entrain de regarder pour remplacer mon Alfa 159, quand je regarde l’offre en occasion je me retrouve confronté au même dilemme que vous à retrouver sur ma « short list » Lancia (Thésis), Jaguar (S-Type) ou Saab (9-5 NG).
Il y a selon moi certains profiles d’acheteurs pour lesquels les modèles allemands sont vite écartés…
Dans mon cas je crois que cela vient du fait que les allemands n’ont pas encore trouvé la recette pour générer de l’émotion par l’élégance de leurs modèles…
J’ai toujours dis à mon entourage que si je devais acheter une voiture pour tout ce qui est objectif, évidement ca serait une allemande. Mais pour une telle dépense d’argent et pour une si « courte vie » ne vaut-il pas mieux capitaliser sur l’émotion ?!
Longue vie à vous !

GUIOT Yvon

Le 06/09/2017 à 14:07

2.5 ou 3 litres: en Belgique: taxe annuelle de >600 à 1000€!!! Véritable arnaque de l’Etat!

Le tout

Le 22/03/2018 à 20:16

Le diesel est un cinq cylindre qui marche très fort et consomme peu.
Même le son qu il dégage est très agréable (je l ai dans la Brera).
Quant au v6 deux litres turbo(j ai eu la gtv)il est rageur dans les tours et marche très fort tout en douceur.

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