Alfa Romeo 75 6V : des relents de 60’s dans une caisse 80’s… et un Busso au milieu

Samedi 13 septembre 2014
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Contrairement à d’autres, mon intérêt pour les Alfa ne remonte pas aux années 70, aux Sprint, Giulia ou Alfeta, mais plutôt aux années 80. J’aimais particulièrement l’Alfa Romeo 75, qui, bien qu’elle soit un tantinet tarabiscotée, me séduisait par sa ligne. Oui vous avez bien lu. Je la trouvais très agressive à l’époque (encore aujourd’hui d’ailleurs), avec sa ligne plongeante, son arrière ramassé et surélevé, et son petit côté carré, musclé quoi ! Et puis, avouons le tout de go, ce dessin bizarre avait un petit côté Saab pour moi !

Que dire quand en plus se cachait sous le capot le V6 Busso de 3 litres, développant 188 ch, et même jusqu’à 192 ch à partir de 1991. Avoir dans une berline de ce gabarit un tel V6 quand une Peugeot 405 se contentait de 4 cylindres, fussent-ils à 16 soupapes, c’était pour moi un vrai luxe (lire aussi : Peugeot 405).

Apparue en 1985, la 75 n’a pourtant rien d’une voiture révolutionnaire, puisqu’elle reprend quasiment tout de la Giulietta, qui elle même reprenait tout de la Giulia. Autant dire que si son look sonne très 80’s, sa conception est quasi 60’s : une ancienne moderne quoi. A l’intérieur pourtant, ne cherchez pas l’ambiance des années 60 : tout est carré, tout est en plastique, et un ordinateur de bord « d’époque » vous indique si tout va bien.

En bonne italienne qui se respecte, la finition laisse à désirer, et les petits pépins ne sont pas rares. Mais disposer du Busso mérite quelques concessions. Ce n’est qu’à partir de 1987 qu’Alfa proposera le V6 sur la 75. En France, seul sera disponible le 3 litres, mais en Italie, il existait une version 2,5 qui fut plus largement diffusé (9 526 ex du 3 litres contre 12 072 ex du 2,5 litres). La 6V 3 litres existe en trois versions, normale, « America » (avec des pare-chocs à soufflet aux normes américaines comme sur une Saab 900 ou 9000, lire aussi : Saab 9000) ou « Potenziata » (doté du V6 porté à 192 ch).

Autant vous dire que trouver une Alfa Romeo 6V en bon état sera un vrai jeu de piste. Mais quand vous aurez trouvé la perle rare, vous serez conquis je pense par le chant du Busso, qui deviendra votre dorgue, d’autant plus qu’il est très fiable. La 75 n’expérimente pas de solutions techniques novatrices, pas de soucis majeurs à craindre côté mécanique, à condition d’un entretien suivi.

Vous serez sans doute bluffé par les performances de cette berline qui cache bien son jeu, et vous vous ferez même parfois peur sur le mouillé, n’oubliez pas que c’est une propulsion avec des chevaux sous le capot hein ! Après, tout le monde n’appréciera pas forcément sa ligne, mais les connaisseurs eux sauront tout de suite à qui ils ont à faire. Tout cela pour peanuts (pour l’instant). Alors ? Convaincus ?

 

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14 commentaires

Jérôme

Le 14/09/2014 à 08:45

Ah, l’América rouge du coiffeur de la ville de ma jeunesse…
Elle a fait rêvé les ados que nous étions!

Le 14/09/2014 à 15:45

Merci de retirer le cliché ci-dessus (v6-04.jpg) en provenance de mon compte Flickr ou du moins, citez en expressément la source.

Cordialement.
PR

Paul

Le 14/09/2014 à 16:11

Je n’avais pas la source… que dois je mettre comme lien ou crédit pour pouvoir la faire figurer (boitierrouge17@gmail.com) sinon bien entendu je la retirerais…

Le 14/09/2014 à 18:32

Merci Paul,

Je viens de vous envoyer un mail.

Cordialement.

PR

Velotche

Le 16/09/2014 à 22:11

Petite rectification… si la 75 descend effectivement de la Giulietta, celle ci reprenait une « plateforme » d’alfetta (et non de Giulia) et son fameux système transaxcle.
Velotche

Docteur_Oliv

Le 30/05/2018 à 16:50

Je suis arrivé là en lisant l’ALFA Quel avenir pour la Marque ?
Effectivement la Guilia était construite sur la Plateforme Alfetta et TRANSAXLE.
Pour ceux qui n’en ont jamais conduit, sûr que c’est « sensible » de la conduire sous la pluie.
Attachant sur de nombreux aspects en particulier le son Moteur je me souviens aussi qu’à froid, ne pas passer la 2 avant un Stop sinon on ne peux pas repasser la 1ère.
Pour la mécanique je me souviens d’un changement de plaquettes AR car les étriers sont accolés au différentiel.
Elle fut trop endommagée pour poursuivre sa vie normalement.
J’ai mis les photos à Niko pour l’article COLUCHE !!

Pascal

Le 10/08/2015 à 23:25

La 75 ! Ma première propulsion.

J’ai adoré son pont arrière autobloquant.

Et son intérieur super kitsch : le frein à main façon trappe aviation (que Renault avait copié sur la Megane 2), et les commandes de vitres électriques au plafond !
En relisant cela j’ai presque eu la larme a l’œil…la nostalgie !

gilles

Le 20/12/2015 à 08:45

je suis sur le point d’acheter une 75 3l v6 très propre j’ai hate

fabrice

Le 20/12/2015 à 18:27

Oui maintenant encore on peut trouver la ligne jolie devant et dérrière : entre agréssivité et élégance mais l’interrieure ! : une succession de gros rectangle ça la rend beaucoup mins attirrante !

MCH2

Le 18/11/2016 à 15:12

« vous vous ferez même parfois peur sur le mouillé, n’oubliez pas que c’est une propulsion avec des chevaux sous le capot hein! »

Rah le cliché sur les propulsions!!! Quand on a une prop’ avec moteur en position en porte-à-faux arrière, genre Porsche, Renault Dauphine ou R8 ou R12, là ça tient pas bien, et on a des surprises sur le mouillé… Normal, avec tout le poids en porte-à-faux arrière!!

L’Alfa 75, comme les anciens modèles desquels elle reprend la base, est une propulsion « transaxale »: le moteur est à l’avant, l’ensemble embrayage/boite à l’arrière. Ceci permet à la fois un équilibrage avant-arrière proche du 50/50, mais aussi d’avoir un centre d’inertie de la voiture proche du centre de la caisse: la voiture aura tendance à « pivoter » sur elle-même, et non d’avoir l’avant ou l’arrière voulant emmener la voiture. N’oublions pas deux autres spécificités: les freins sont en sortie de boite pour limiter les masses dites « non-suspendues », ainsi qu’un pont « De Dion » permettant au roues arrières de rester (dans une certaine limite) perpendiculaire à la route malgré une irrégularité au sol. L’ensemble de ces solutions techniques permettent d’optimiser la tenue de route.
Alors oui, l’Alfa 75 a un châssis conçu dans les années 60. Et alors? Si ça marche? Si ça fonctionne? Si, à défaut d’avoir la très couteuse solution des suspensions multi-bras comme chez BMW, on a cette solution de compromis qui permet à la voiture d’avoir un excellent comportement routier, où est le problème? Une Alfa 75 des années 80 basée sur un châssis des années 60 tient mieux la route qu’une petite traction merdique, genre Renault Twingo ou Ford Ka (années 90)!!!
La prise Jack n’est-elle pas une technologie du siècle dernier toujours utilisé aujourd’hui, au point de critiquer la disparition sur l’iPhone 7 d’Apple? L’âge d’une technologie n’a pas d’importance; ce qui est important, c’est qu’elle remplisse la fonction que l’on attend d’elle. C’est le cas de l’architecture mécanique d’une majorité d’Alfa Roméo des années 60, 70 et 80, d’avant le rachat par FIAT.

Tout ça pour dire que, pour avoir eu l’occasion d’en conduire une SOUS LA PLUIE, je ne me suis absolument pas fait peur avec l’Alfa 75!! La propulsion tient très bien même sur du bitume mouillé!
Mr Paul, en avez-vous déjà conduit une pour dire une chose pareil dans votre article?
De plus, cette auto est un vrai régal à conduire: on en fait CE QU’ON EN VEUX!!
Bref, une auto incroyable qui fait mentir les clichés sur les propulsions.

Paul

Le 18/11/2016 à 18:33

Dire que c’est plus touchy qu’une traction pour le conducteur Lambda, ce n’est pas porter préjudice à cette voiture…. Et je reconnais que ma pratique du circuit ou de nombreuses bagnoles puissantes depuis que je fais BR a changé ma conduite, et m’a rendu plus serein… il n’empêche: une propu, a fortiori avec un peu de chevaux sous le capot, sera plus délicate à conduire pour le quidam, surtout aujourd’hui… Pas pour nos pères, ou pour des gens un peu plus âgés que moi (j’ai 41 ans) qui ont souvent appris à conduire avec un sac à dos au cul, ou en tout cas en propulsion pour beaucoup, mais pour la jeune génération hein ? Cette génération qui se fout en l’air dans des rond-points avec des 106 Kid ? Ne prenez pas la mouche sur un trait d’humour qui n’est en fait qu’une constatation: certains ne savent pas gérer autre chose qu’une traction, avec souvent moins de 150 ch ! La remarque ne veut pas dire pour autant qu’il s’agit d’une mauvaise voiture: d’ailleus si vous lisez Boîtier Rouge, vous savez donc que la question n’est pas tant la performance de la voiture qui est en jeu, mais son histoire, la façon dont elle a marqué son époque. Si je parle de la 75, c’est qu’elle me plaît a priori… J’aimerai pouvoir conduire toutes les voitures dont je parle, mais c’est malheureusement impossible. Cela dit, les « clichés » sur les propulsions ne sont pas vrais si l’on parle à une génération, et le deviennent si l’on parle à une autre…. Je me sens parfaitement à l’aise avec une propu, y compris avec beaucoup beaucoup de chevaux, mais ce n’est pas le cas de mon entourage moins « adepte » du plaisir de conduire. Ce qui d’ailleurs historiquement explique assi le succès de la traction: une simplicité de conduite (plus facile à placer, moins de réactions déconcertantes), et un plaisir avec moins de chevaux, qui satisfait la majorité… La propulsion peut surprendre le néophyte, surtout par temps de pluie, et lui dire le contraire serait mentir 😉 Avec un peu d’expérience, effectivement, tout se maîtrise, se contrôle, s’apprend… et la 75 n’est pas la pire, on est d’accord… Ne soyez en tout cas pas vexé par cette petite citation humoristique, et néanmoins vraie: « ne pas faire croire n’importe quoi à n’importe qui ». Je poursuis: aujourd’hui, bien des jeunes conducteurs (ou jeunes adultes) ont l’habitude de conduire avec des aides à la conduite, y compris en propu… Dire que la 75 c’est safe, et qu’on peut bomber, y compris sous la pluie, je ne suis pas d’accord: à ne pas mettre entre toutes les mains… sans mise en garde. Ce qui permet une conduite plus cool, et plus intelligente. Et quand bien même, on sait aussi en matière de conduite automobile qu’une trop grande confiance en soi ou en la voiture n’est jamais bonne… Je vous laisse donc sur ces réflexions, et vous prie de croire qu’en aucun cas je ne pense que la 75 est une mauvaise voiture 😉

Paul

Le 18/11/2016 à 18:35

PS: merci de mettre toute la phrase en citation »Vous serez sans doute bluffé par les performances de cette berline qui cache bien son jeu, et vous vous ferez même parfois peur sur le mouillé, n’oubliez pas que c’est une propulsion avec des chevaux sous le capot hein ! » ce qui permet d’être déjà moins vindicatif 😉

Mike

Le 13/08/2018 à 19:59

J’ai connu toutes ces berlines (j’ai 25 ans) Alfa grâce à la série allemande « Un cas pour deux ». Josef Matula (Claus Theo Gartner) a possédé une Giulia, une 75, une 155, 156 et une 159. Je trouve cette dernière sublime !

Mike

Le 13/08/2018 à 20:04

…et la 156 aussi.

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