SUPERCAR

Alfa Romeo 8C Competizione : le retour du trèfle

Publié le mardi 11 juin 2019.
Mis à jour le mercredi 12 juin 2019.
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Depuis les années 50, Alfa Romeo s’était concentrée sur sa gamme “civile”, posant les bases (en concurrence avec BMW) du concept de “berline sportive” qui allait asseoir la réputation de la marque dans un autre registre. Aussi, la présentation en 2003 et la mise en production en 2006 d’une supercar comme la 8C Competizione avait de quoi surprendre les observateurs. Edition limitée, que ce soit en Coupé ou en Spider, la 8C était une belle opération de communication plus qu’industrielle et commerciale.

Le concept 8C Competizione de 2003

Sous la houlette d’Umberto Agnelli, Alfa Romeo avait retrouvé des couleurs dans les années 90 grâce à une superbe berline, la 156, mais aussi grâce aux coupés et cabriolets GTV 916. L’image de la vénérable firme au Biscione, après avoir beaucoup souffert à la fin des années 70 et des années 80, revenait à son plus haut niveau. Continuant sur cette lancée dans les années 2000, Alfa présentait en 2003 à Genève la GT, dérivé coupé de la 156, et, ô surprise, la 8C Competizione à Francfort.

Le prototype de 2005 : la 8C Competizione s’approche de la série.

Redorer le blason d’Alfa Romeo

Malgré des accords capitalistiques avec GM signés en 2000 qui donneront naissance à la 159 en 2005, aseptisée et dotée de mécaniques australiennes en haut de gamme, la 8C Competizione, elle, était purement italienne. Son style, signé Wolfgang Egger, s’inspirait des 33 Stradale ; son nom, lui, faisait écho aux 8C d’avant-guerre. Lors de sa présentation en 2003, aucune espérance de production ne fut annoncée mais 3 ans plus tard, Sergio Marchionne, devenu PDG du groupe Fiat après la mort d’Agnelli, validait la mise en production de cette supercar.

Bien que débarrassé de la tutelle de GM depuis 2005, le groupe Fiat supportait encore les choix techniques imposés en 2000 par le rapprochement des deux constructeurs : la 159, bien que stylistiquement très réussie, et la Brera n’offraient plus en haut de gamme qu’un V6 Holden bien éloigné de la sonorité et de la sportivité de son prédécesseur Busso. Il fallait donc “réinstaller” l’image sportive d’Alfa à moindre frais. Or, chez Maserati, on préparait la relève du Coupé (évolution de la fameuse 3200 GT) : la Granturismo. Nouveau châssis, nouveau V8, autant d’éléments qui allaient servir de base à la 8C Competizione.

Des dessous signés Maserati

La 8C n’était-elle donc qu’une Granturismo recarrossée ? Pas tout à fait : le châssis fût raccourci de 50 cm tandis que la bête s’offrait une évolution du V8 Maserati (mais assemblé par Ferrari). Porté à 4,7 litres et 450 chevaux (contre 4,2 litres et 405 chevaux pour la Granturismo), il apportait un surcroît de noblesse. Ce moteur revisité finira tout de même par rejoindre le berceau de la Granturismo dans sa version S, limité pourtant à 440 chevaux, sans doute pour ne pas faire de l’ombre à l’exclusive 8C.

Le V8 d’origine Maserati vient prendre place sous le capot avant.

Annoncée au salon de Paris 2006, elle entrait dans la foulée en production pour une série limitée à 500 exemplaires. C’est logiquement à Modène, sur les chaînes Maserati, qu’étaient assemblées les 8C Competizione. A l’intérieur, le luxe était omniprésent (cuir Poltrona Frau, aluminium brossé, carbone) justifiant un tarif de plus de 160 000 euros à l’époque. Un freinage carbone-céramique Brembo et une boîte robotisée à 6 rapports aux étagements spécifiques complétaient le package.

Du coupé au Spider

Au final, la 8C s’avérait plus sportive que sa “soeur” Granturismo grâce à son châssis plus court et son moteur plus puissant, sans pour autant prétendre aller trop titiller Ferrari : un beau collector en somme qu’une version Spider viendra épauler rapidement. Présenté en 2008, le Spider déclinait le concept en se passant de toit en dur. Là encore, la production fut d’autorité limitée à 500 exemplaires produits entre 2008 et 2009 chez Maserati.

La 8C n’eut étrangement pas d’héritière. En 2009, Fiat faisait le coup du siècle en s’offrant Chrysler à la casse : une superbe opération financière, certes, mais qui eut un impact sur les capacités d’investissement, notamment chez Alfa Romeo dont le plan produit ne cessa d’être repoussé aux calendes grecques. Une petite sportive moins ambitieuse fut bien lancée en 2013, la 4C, mais il s’agissait plus d’une concurrente de la Lotus Elise que d’une supercar, et il faudra attendre 2015 pour voir apparaître la Giulia dans une version Quadrifoglio de plus de 500 chevaux.

C’est tout l’intérêt de la 8C aujourd’hui : comme les RZ/SZ en leurs temps, il s’agissait de collectors dès leur lancement, justifiant un tarif élevé mais assurant d’une cote se maintenant avec le temps : elle vaut aujourd’hui plus cher que neuve à l’époque. Si votre banquier n’y voit pas d’inconvénients (chanceux !), alors lancez-vous et profitez d’une ligne intemporelle et délicieusement rétro, d’un comportement sportif sans être extrême (à condition de ne pas débrancher l’électronique) et d’une exclusivité assurée.

A lire aussi : l’Alfa Romeo Disco Volante Touring.

Caractéristiques techniques

SUPERCAR

Alfa Romeo 8C Competizione

2007 - 2008

Motorisation

Motorisation V8 à 4 soupapes par cylindre
Cylindrée 4 691 cc
Alimentation Injection
Puissance 450 ch à 7 000 trs/min
Couple 470 Nm à 4 750 trs/min

Dimensions

Longueur 4 380 mm
Largeur 1 890 mm
Hauteur 1 340 mm
Poids à vide 1 585 kg

Transmission

Roues motrices Arrière
Boite de vitesses BVM à 6 rapports (robotisée, transaxle)

Performance

Vitesse max 292 km/h
0-100 km/h 4,2 s
Production 500 ex

Tarif

Cote 2018 (LVA) 240 000 euros

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2 commentaires

Philippe

Le 11/06/2019 à 12:10

Content de voir BR reparaître. Petite erreur les V8 4200 et 4700 sont bien des développements Ferrari à distribution par chaîne contrairement à l’ancien 3200 de Maserati qui était issu des anciennes 3200GT, Shamal, Quattroporte etc ..

FCM

Le 12/06/2019 à 16:29

Encore un bon article. Je trouve qu’on oublie souvent que le renouveau d’Alfa dans les années 90 est aussi passé par les 145/146 qui ont quand même été produites à près de 500000 exemplaires.
D’ailleurs, elles ont un châssis de Tipo (la plateforme Type 2), repris avec des modifications sur les 156/147/GT (plateforme C) et qui aura dans ses différentes versions servi sur une bonne quinzaine de modèles du groupe.

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