Alfa Romeo Alfetta GTV Turbodelta : à la recherche de la puissance

Publié le mercredi 23 octobre 2019.
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Pour remplacer la Giulia Sprint GT (le fameux “coupé Bertone”), Alfa Romeo décide de dériver de sa récente berline Alfetta une version GT qui deviendra GTV (pour Veloce) en 1976 avec l’arrivée d’un moteur 2 litres plus puissant. Dessiné par Giugiaro, devenu indépendant en lançant Ital Design, cet élégant coupé tranche vraiment avec son prédécesseur : plus carré, plus tendu aussi, il est tout à fait à la page dans les années 70, avec ses moteurs “à l’italienne” et sa répartition des masses idéale grâce au système Transaxle. Il manque cependant d’un peu de peps avec 130 chevaux pour le 2 litres le plus puissant. Alfa Romeo va donc réfléchir à une version plus puissante : l’Alfetta GTV Turbodelta.

Initialement, le projet 116 lancé en 1967 comprenait, dans le panel de motorisation, un V8 qui ne sera finalement pas retenu lors de la présentation de la GTV en 1974. Au lancement, elle ne propose qu’un 1,8 litre de 122 chevaux. La gamme sera modifiée en 1976 avec la disparition du 1 800 pour laisser la place à un 1,6 litre de 109 chevaux en bas de gamme (proposition étonnante qui ne rencontrera pas le succès, avec moins de 2 000 exemplaires vendus) et un 2 litres de 122 chevaux (qui passera à 130 chevaux en 1978). La voiture se satisfait de ce dernier moteur mais mériterait plus de puissance pour bénéficier encore plus de son caractère joueur et de son équilibre. 

Du V8 au Turbo

En Allemagne, Delta Autotechnik pense qu’un V8 issu de la Montréal trouverait sa clientèle, du moins outre-Rhin. L’Alfa Romeo GTV 2,6i V8 est présentée en 1977 mais à peine 20 exemplaires seront produits avant la faillite de l’officine allemande. En Italie, Alfa s’intéressant à la compétition, va demander à son département course, Autodelta (sous la houlette de Carlo Chiti), de réfléchir à une voiture plus puissante pouvant, à terme, intégrer le catalogue de la marque. 

Les équipes d’Autodelta vont proposer une solution encore rare à l’époque : coller un Turbo KKK au 2 litres afin de gagner en puissance mais aussi en couple : c’est ainsi que la puissance passe à 150 chevaux (officiellement, puisqu’on parle d’une puissance réelle de 175 chevaux) et le couple à 23,5 mkg. La vitesse maximale, quant à elle, atteint les 205 km/h. Pas mal. A l’origine, l’idée était de proposer cette variante, appelée Turbodelta, sous forme de kit distribué via les concessionnaires. Finalement, les voitures seront produites par Autodelta à partir de 1979, à 400 exemplaires, afin de respecter les règles d’homologation du groupe 4.

En concurrence avec Porsche et Saab

A sa sortie, la GTV Turbodelta n’est pas donnée : elle coûte 15 millions de lires, 50 % plus cher qu’une simple GTV 2000. En face, la seule concurrence équipée d’un turbo s’appelle Porsche 924 Turbo, ou bien Saab 900 Turbo : la mode du turbo commençait tout juste et verra son apogée dans les années 80. Par rapport à une simple 2000, la Turbodelta diffère essentiellement par ses bandes latérales colorées siglées, ainsi que par ses badges Autodelta. Les striping ont parfois disparu avec les années, seul le logo Autodelta vous signifiera qu’il s’agit d’une rareté.

Car malheureusement, la Turbodelta restera une série limitée. En effet, dans sa recherche de plus de puissance et de noblesse pour la GTV, Alfa Romeo choisira de récupérer le V6 Busso de l’Alfa 6 converti à l’injection (160 chevaux), un fabuleux moteur plus en phase avec la philosophie Alfa que le turbo. En outre, la marque au Biscione choisira d’abandonner le Groupe 4 malgré quelques victoires pour se concentrer sur la Formule 1. 

Avec 400 exemplaires produits (a priori, mais peut-être moins), la Turbodelta reste l’une des plus rares GTV, avec la GTV 3000 sud-africaine (212 exemplaires) et la GTV8 bien entendu. Pour un Alfiste convaincu et désireux de posséder les perles rares de la gamme, elle pourrait être un objectif atteignable. En 2014, Artcurial en vendait une à 36 952 euros, et il semblerait que la cote reste assez stable.

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