Alfa Romeo Milano : quand le trèfle s’attaquait à l’Amérique !

Vendredi 11 mars 2016
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Je m’étais toujours demandé quelle mouche avait piqué le service marketing d’Alfa Romeo pour donner le nom d’America à certaines de ses 75 dans les années 80 (lire aussi : Alfa Romeo 75 6V), sans trop creuser la question (oui je sais, j’ai parfois de drôles d’idées qui me traversent l’esprit). Et c’est par hasard que j’ai trouvé la réponse, me donnant l’occasion de faire un petit article sur un modèle connu (par sa ligne) mais peu connu (par son nom) : l’Alfa Romeo Milano.

Milano 02

Sergio Marchione a annoncé l’année dernière le grand retour d’Alfa aux Etats-Unis avec la Giulia (lire aussi : Nouvelle Alfa Romeo Giulia) tandis que déjà les 4C étaient distribués chez nos amis ricains depuis quelques mois, mais dans les années 80, la marque au trèfle avait déjà quelques ambitions nord-américaines. Et déjà la situation était un peu la même : Alfa Romeo, au milieu de cette décennie, ne vendait à ses clients yankees que des GTV ou des Spider (lire aussi : Alfa Romeo Spider) dans un réseau riquiqui, et ce malgré une présence officielle depuis 1961.

Milano 01

Aussi l’état major d’Alfa décide-t-il d’introduire sur le marché une berline qui permettrait d’atteindre de plus grands volumes. L’Alfa Romeo 6 venait de disparaître en 1986 (lire aussi : Alfa Romeo 6) tandis que l’Alfa 90 s’apprêtait à le faire (1987). Restait donc, comme berline de taille « suffisante » la 75, apparue en 1985 et dotée d’un moteur V6 2.5 convenant, selon eux, parfaitement aux besoins des américains. Alors banco.

Milano 05

C’est donc à partir de la fin de l’année 86 que les premiers modèles de 75 seront exportés vers les Etats-Unis. Pour l’occasion, un nouveau nom lui sera trouvé : ce sera Milano, disponible en 3 finitions, Silver, Gold et Platinum. Rien que ces noms montrent le positionnement que veut avoir Alfa aux USA : on est clairement dans le l’univers du luxe (enfin, on s’y croit!). Comme d’habitude lorsqu’il s’agit d’un véhicule européen vendu aux States, un certain nombre de modifications seront faites pour satisfaire la législation américaine (et pour plaire à une clientèle un poil différente dans ses exigences).

Milano 06

Les inévitables « bumpers » à l’américaine et à soufflets font donc leur apparition… Ces pare-chos, nous les connaîtrons nous aussi avec la version 75 America, lancée en 1987 pour célébrer le lancement de la 75 aux Etats-Unis : elle aussi en disposera. Etait-ce réellement pour « fêter » ça, ou bien fut-ce la solution pour écouler des stocks de modèles a priori destiné à l’export outre-atlantique mais restés en Europe faute de ventes suffisantes ? Nul ne le sait. Les Milano étaient aussi renforcées au niveau des portes, leur réservoir se trouvait sous le coffre (réduisant au passage la contenance). Elles disposaient d’un équipement (selon les versions) assez pléthorique pour l’époque : régulateur de vitesse, sièges et rétroviseurs électriques, et bien entendu climatisation. En option, on pouvait choisir la boîte auto 3 vitesses ZF.

Milano 04

Les ventes commencent fin 86 et se poursuivront jusqu’en 1989. D’abord proposée en version V6 2.5 de 158 chevaux, elle reçut ensuite (à partir de fin 87) le V6 3 litres de 188 ch, prenant alors la dénomination de Milano Verde. Etrangement, si la version 2.5 s’arrêtait en Europe en 1987, elle continua aux USA aux côtés du V6 3.0 ! Et curieusement, c’est elle qui se vendra le mieux, avec environ 3300 exemplaires contre seulement 800 pour la Milano Verde entre 1986 et 1989. Autant dire qu’une Milano aujourd’hui, c’est plutôt rare. On en trouve quelques unes à vendre cependant.

Milano 07

Si la Milano arrêta assez rapidement sa carrière aux Etats-Unis, sur un relatif échec: pas assez grande, et trop typée européenne, elle ne réussira qu’à séduire une petite frange d’amateurs. C’était certes trop peu, ces 4100 ventes, mais cela représentait une part non négligeable de la production des modèles V6 (21 598 exemplaires au total pour les 2.5 et 3.0). Ce n’est cependant pas la Milano qui clotura l’aventure Alfa Romeo outre-atlantique, mais la 164, introduite en version V6 quelques mois après, fin 1990. Elle y sera venue jusqu’en 1995, survivant à Peugeot (lire aussi : Peugeot 405 USA) qui, lui, avait jeté l’éponge début 1992 ! Voilà désormais vous connaîtrez l’existence de cette Milano, et les raisons de la 75 America.

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7 commentaires

Redscape

Le 11/03/2016 à 10:19

La vendre aux States est un pari osé, je ne vois un Américain conduire une Alfa (selon ma banque d’idées préconçues^^)
Par contre, la ligne… oO mon Dieu, cette période des Alfa carrées.

eddy123

Le 11/03/2016 à 11:54

Il y en avait une a vendre sur la région Parisienne il y a environ un ans (couleur champagne!!?)..

Patrick

Le 12/11/2016 à 06:50

Bonjour.

En région Toulousaine.
Une Platinium champagne a moins qu’il y en est une autre en France mais je crois bien que ma Milano soit la seule en France.

La platinium étant la version « premium » sa clim, ses 4 vitres électriques, sa centralisation, sa DA, son intérieur cuir et alcantra en faisait un modèle très bien équipé pour l’époque.

Patrick Coyote Auto

Le 11/03/2016 à 12:28

J’ai rencontré pas mal de proprios sur des forums US il y a quelques années, une communauté active subsiste ( voir le fabuleux forum Alfabb ). Petite précision, sur les Milano et « America », le réservoir est en fait DANS le coffre, contrairement aux « Europa » où il se troyuve en dessous, l’amputant en effet de moitié; il se trouve derrière la banquette pour répondre aux normes incendie et crash ricaines. Surtout, il cube 70L contre 45 ou 50 pour les « Europa ». Ce qui n’est pas du luxe vue la gloutonnerie avérée du fabuleux V6. J’en ai possédé plusieurs en véhicule principal, il fallait compter entre 16 et 18L/100 en région parisienne sans forcer ( pour le 3.0L ). Pour l’anecdote, pour la piste, on remplaçait les lourds bumpers US par des pare-chocs plastiques européens, plus de 60kg de gain! Plus que les pare-chocs en eux-même, ce sont surtout les verrins absorbeurs qui pesaient.

wolfgang

Le 11/03/2016 à 13:38

Les séries Américas étaient bien plus belles je trouvais.
Il y en a eu longtemps une rouge près de chez moi. ça faisait plus moderne et sport qu’une 75 classique.
C’est vrai que la ligne était difficile. mais avec le temps, ça ne me déplairait pas d’en avoir une.
Le vrai problème à ce qui se dit c’est la tenue de route. ça sous vire et ensuite ça survire.
Il parait que c’est rodéo, surtout sur le mouillé…
Par contre le moteur envoie très volontiers les aiguilles dans la boite à gants dans un bruit génial. Et il est magnifique à regarder.
La 75 c’était la bagnole des policiers italiens dans les années 80-90.

Patrick Coyote Auto

Le 11/03/2016 à 13:48

Oui, c’est ça. Train avant lourdingue et mal guidé ( sauf à bidouiller pour ajouter du carrossage négatif et pincer un peu, quoique… ) tandis que le train arrière, bien guidé lui, ne s’avère pas du tout progressif et est dur à ramener une fois parti car assez lourd ( essieu De Dion, boîte, embrayage et freins sur l’essieu… ). Mais quel engin quand même!!!! J’en ai eu une tripotée ( de 75, pas de Milano ) du temps où ça s’échangeait pour rien et j’en redemanderais aujourd’hui si la cote d’un bel exemplaire n’était pas tant remontée. Mon graal serait maintenant une rarissime 2.0L carbus.

fc30

Le 11/03/2016 à 13:51

Ma che bella macchina ! Le style est en effet assez particulier mais a finalement trouvé grâce à mes yeux avec le temps.
J’ai l’impression qu’aux US il y a toujours eu une clientèle « différente », que visait Alfa (et peut être aussi la diaspora italienne), la même qui permit à Saab et Volvo (liste non exhaustive) de prendre pied là bas.
Les modifications pour le marché américain et la carrière sont à mettre en parallèle avec ceux de la Peugeot 505.

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