Anthony Jannarelly : de la Lykan à la Design-1, un destin automobile

Publié le vendredi 15 novembre 2019.
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Le hasard, les opportunités, le destin, c’est un peu l’histoire d’Anthony Jannarelly, créateur de sa propre marque automobile après avoir dessiné l’étonnante Lykan de W Motors. Comme notre rencontre d’ailleurs : la Jannarelly Design-1 garée près des bureaux de CarJager, une photo partagée sur Twitter, un contact en commun, et deux jours après, nous voilà à discuter automobile à bâtons rompus. Parcours, créations, ambitions, passions, difficultés ou réussites : voici l’histoire d’Anthony et de sa jeune marque automobile, Jannarelly.

Certains veulent devenir pompiers ou pilotes de ligne, pas Anthony qui, dès sa plus tendre enfance, s’imagine designer automobile. Plutôt doué pour les études, son inclinaison lui vaut d’être surnommé “l’original”. La raison l’emporte pourtant, et par sécurité, il choisit de suivre des études d’ingénierie mécanique à Dijon, puis à Nottingham en Angleterre sans en aimer l’ambiance. Retour à Lyon pour les Arts Appliqués, qui lui permettent de toucher à toutes les disciplines du design. S’il rêve toujours de voitures, il sait qu’il y a peu d’élus, et accepte la proposition de son oncle, bijoutier, de dessiner des bijoux et cela pendant 3 ans. 

Anthony Jannarelly devant son premier modèle, la Design-1

Une supercar pour première voiture : la Lykan

Mais chassez le naturel, il revient au galop. Anthony ne se résout pas à renoncer à son rêve et s’engage, sur le tard, dans un master en design automobile à la réputée Coventry University. Hasard ou coïncidence, c’est là qu’il sympathise avec un jeune libanais, Ralph Debbas, qui rêve de créer sa propre marque et qui lui fait la promesse de l’engager comme designer à ce moment-là. Promesse tenue quelques temps plus tard. Debbas fonde à Beyrouth la firme W Motors et confie à Jannarelly le soin de dessiner la “première supercar du Moyen Orient“, la Lykan Hypersport.

La Lykan HyperSport, première voiture dessinée par Anthony Jannarelly pour W Motors

Anthony se retrouve donc à Beyrouth pour créer sa première voiture, mais avec un si petit budget il n’a pas le droit à l’erreur. Tel le loup (l’emblème de W Motors), il fallait qu’elle soit bestiale. Le style est particulier, mais les italiens de chez Viotti, qui participent au projet, voient en lui l’esprit de Gandini, rien que cela. La petite entreprise fait le buzz : les voitures sont chères, ultra-luxueuses, performantes (sur une base Ruf) et sa participation dans Fast & Furious 7 va lui offrir une exposition médiatique inespérée. Mieux : la bande annonce diffusée lors du Super Bowl ne comprend qu’une scène, celle où la Lykan “saute” d’un immeuble à l’autre.

Light is right

Toujours chez W Motors, Anthony dessine la Fényr. Bien que fier de ses créations, il ne roule pas en Lykan, il n’en a pas les moyens mais plutôt en Caterham, appréciant le précepte de Colin Chapman, “light is right”. A force d’entendre la sempiternelle question “quelle est votre voiture idéale ?” il finit par griffonner sur un bout de papier, son rêve automobile, sur le coin d’une tablette d’avion : look ancien, performances modernes, simplicité des lignes et rondeurs féminines. Combiner le meilleur des deux mondes, en quelques sortes. Vient alors l’idée de se construire son exemplaire personnel, juste pour le fun.

Anthony Jannarelly (à gauche) et son associé Frédéric Juillot (à droite).

Sa rencontre avec Frédéric Juillot va changer la donne. C’est à Dubaï, où W Motors s’est finalement installée, que les deux compères font connaissance. Frédéric, lui, fabrique des bateaux et des matériaux composites. Il va aider Anthony dans la réalisation de sa voiture puis, passionné par le projet, décide d’en produire une deuxième pour lui. Cette paire de sportive n’a alors pas vocation à être un business. Au fur et à mesure que le travail avance, la question finit par être posée : Anthony dispose d’un nom “connu” depuis la Lykan et qui possède l’avantage de sonner comme une marque italienne ; la voiture semble bien née avec son châssis cage en acier hyper robuste et son V6 Nissan en position centrale arrière.

La Jannarelly Design-1 s’inspire des Lotus certes, mais aussi des AC Cobra !

Le rêve devient réalité : la Design-1

Les deux amis décident de communiquer, fin 2015, et la mayonnaise prend : impossible désormais de reculer, la Jannarelly Design-1 est lancée. Le premier prototype est terminé courant 2016 et l’aventure commerciale se met en marche. Le concept d’une petite voiture de sport prestigieuse prend forme, et les premiers clients passent commande. Une première levée de fonds auprès d’investisseurs français permet au projet de passer à la phase de production mi-2017.

C’est en 2018 que commencent les premières livraisons. Depuis une quarantaine de voitures ont été livrées. Le concept séduit : pour moins de 100 000 euros, il est désormais possible de s’offrir une sportive exclusive, au design singulier qui fait délicieusement mouche, au rapport poids puissance étonnant (la voiture, suivant les configurations, pèse entre 800 et 900 kg pour une puissance de 325 chevaux). La Design-1 ne cherche pas la technologie à tout prix mais mise sur son excellent châssis et sur la fiabilité de son moteur. Le choix du bloc Nissan 3.5 n’est d’ailleurs pas neutre : sportif, il fait preuve d’une endurance reconnue tout en étant déjà diffusé sur tous les continents. Sa maintenance en est grandement facilitée d’autant que l’accessibilité a été soignée.

Importation en France

Grâce à la formation d’ingénieur d’Anthony, les homologations ont été prévues dès la conception de la voiture : désormais distribuée en France, elle est dans la phase finale de l’homologation dite RTI (réception à titre isolé) pour les deux premiers exemplaires français. Désormais, la marque est représentée aux Emirats Arabes Unis, aux Etats-Unis, en France et en Angleterre. Afin de préserver l’exclusivité de la Design-1, la voiture est limitée à 499 exemplaires seulement. 

 

Et l’avenir alors ? Start-up de l’automobile, Jannarelly finalise sa deuxième levée de fonds pour pérenniser l’aventure. Pour l’instant, le hasard de la rencontre avec Frédéric Juillot a localisé la fabrication des autos à Dubaï, mais s’installer aux Etats-Unis trotte dans la tête d’Anthony. Le prochain modèle de Jannarelly ne sera pas une remplaçante de la Design-1 mais plutôt une GT, confortable et endurante, gardant un design tout aussi sobre et rétro, selon ses dires. Ne reste plus qu’à tester la voiture pour confirmer toutes les bonnes impressions qu’elle laisse de visu : le rendez-vous est pris.

En savoir plus : Jannarelly France

Images : Jannarelly

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