Aston Martin DB AR1 Zagato : juste pour l’Amérique

Jeudi 6 juin 2019
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L’histoire d’amour entre la petite marque anglaise et le carrossier italien ne date pas d’hier. Elle avait commencé dans les années 60 avec la DB4 GT et s’était poursuivie dans les années 80 avec l’Aston Martin V8. Aussi, pour maintenir les ventes de la DB7 en attendant sa remplaçante DB9, les dirigeants d’Aston Martin allaient utiliser les mêmes recettes qu’auparavant, faisant appel à Zagato pour un superbe coupé malheureusement impossible à homologuer aux USA. Pour satisfaire cette clientèle en quête d’exclusivité, la firme proposa donc un roadster spécifique à ce marché : la DB AR1 Zagato.

Au début des années 2000, la DB7, qui avait relancé efficacement Aston Martin en 1993, commençait à s’essouffler malgré une évolution du L6 au V12. La DB9, sa future remplaçante, était encore en développement et il fallait donc trouver un subterfuge pour maintenir le désir, faire du neuf avec du vieux. Dans les années 80, Victor Gauntlett, alors patron de la marque, avait agi de la sorte pour attirer les investisseurs en lançant la controversée V8 Zagato. Bonne idée puisque peu de temps après, Ford rachetait Aston Martin.

Soutenir la DB7

Cette fois-ci, la donne était différente : il fallait séduire les clients d’une part, et maintenir Aston Martin sous les projecteurs d’autre part. Ainsi, Henrik Fisker, responsable du design, et Andrea Zagato s’allièrent pour transformer en 2002 une déjà très réussie DB7 en un superbe coupé au style immédiatement reconnaissable. Limité à 99 exemplaires, il recevait le V12 de la DB7 GT (5,9 litres et 435 chevaux). Succès immédiat pour ce coupé beaucoup moins étrange que son aïeule V8. Seul petit hic : la voiture n’était pas homologuée aux USA suite à de nombreuses transformations notamment au niveau du châssis, plus court, et il n’était pas rentable pour une si petite série de lui faire réaliser de nouveaux et coûteux crash-tests.

Pourtant, la clientèle américaine existait bel et bien. Ulrich Bez, alors PDG, décida donc de lancer un nouveau modèle en collaboration avec Andrea Zagato, réservé au marché américain. Pour contourner l’épineux problème de l’homologation, il fut décidé de partir d’une base déjà vendue aux USA, l’Aston Martin DB7 Vantage Volante. Contrairement à la DB7 Zagato, on garda la taille standard du châssis, évitant donc de repasser par la case homologation.

Séduire l’Amérique

Présentée en janvier 2003 au salon de Los Angeles, la nouvelle Aston Martin s’appelle DB AR1, les deux lettres signifiant American Roadster. En effet, la DB AR1 n’est pas un cabriolet : pas de capote articulée ou de toit en dur rétractable, mais juste une toile amovible pour protéger l’intérieur en cuir et l’épaisse moquette en cas de pluie. Cela dit, la DB AR1 ciblait en particulier les riches américains de la côte ouest et de Californie en particulier.

Le roadster anglais était proposé en deux motorisations : le V12 de 5,9 litres des DB7 GT et Zagato (435 chevaux) en boîte manuelle 6 vitesses, mais aussi la version “classique” de 420 chevaux accouplée à une boîte Touchtronic à 5 rapports. Bien évidemment, cette dernière version fut la plus répandue, les USA privilégiant toujours les boîtes automatiques. Là encore, 99 exemplaires furent fabriqués en 2003 dans l’usine de Bloxham avant sa fermeture. La DB9, elle, serait fabriquée dans l’usine flambant neuve de Gaydon.

Rare et collector

La DB AR1 possède un style particulier, moins évident que celui de la DB7 Zagato. En perdant son toit, elle perd le double bossage de toit typique du carrossier italien (bien qu’on devine des esquisses à l’arrière des sièges), tandis que sa longueur la rend moins trapue et agressive que sa soeur. L’absence de capote impose aussi d’habiter une région particulièrement ensoleillée pour en profiter.

Cependant, il s’agit d’un authentique collector, jamais officiellement diffusée en Europe même si certains clients privilégiés purent l’acheter sur le Vieux Continent. Dans sa version la plus diffusée (420 ch et Touchtronic), elle est particulièrement adaptée au cruising sur la Riviera, un outil unique pour flamber à Monaco ou boire frais à Saint Tropez. Alors que les Huracan ou 488 pullulent dans la région, votre DB AR1 vous distinguera des parvenus sans imagination, et cela n’a pas de prix (et cela tombe bien car l’anglaise vaut très cher).

Caractéristiques techniques

Aston Martin DB AR1

2003 - 2003

Motorisation

Motorisation V12 à 60°
Cylindrée 5 935 cc
Alimentation Injection
Puissance 435 ch à 6 000 trs/min
Couple 556 Nm à 5 000 trs/min

Dimensions

Longueur 4 660 mm
Largeur 1 860 mm
Hauteur 1 240 mm
Poids à vide 1 740 kg

Transmission

Roues motrices Arrière
Boite de vitesses BVM à 6 rapports

Performance

Vitesse max 298 km/h
0-100 km/h 4,9 s
Production 99 ex

Tarif

Cote 2018 (LVA) 270 000 euros

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