Aston Martin DB9 Spyder Zagato Centennial : DB9 à la carte

Publié le mardi 28 janvier 2020.
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Aston Martin et Zagato, une union libre anglo-italienne de plus de 50 ans dont certaines créations mettent en scène un troisième acteur américain. Une des réalisations de ce ménage à trois est un modèle unique et méconnu, l’Aston Martin DB9 Spyder Zagato Centennial. Un nom à rallonge qui doit déjà commencer à vous aider à comprendre de quoi il s’agit… 

L’Aston Martin DB7 Zagato et sa devancière, la DB4 GT Zagato

Au cours de l’histoire automobile, beaucoup de clients richissimes ont voulu apporter leur patte ou même venir porter secours à leur marque préférée, plus par amour que par réelle volonté d’enrichissement. Ce fut par exemple le cas de Peter Wheeler avec TVR qui finira par racheter l’entreprise pour la sauver. Mais ici nous allons parler d’un autre Peter, Peter Read. Cet homme d’affaire américain est un véritable passionné d’Aston Martin, il en possède une importante collection dont une des 19 DB4 GT Zagato ; ce n’est pas un hasard car son péché mignon ce sont les Aston griffées du Z Milanais.

Grâce à Peter Read, la DB7 Zagato sera produite en petite série (99 exemplaires)

Peter Read, l’entremetteur

C’est à la suite de la restauration totale en 2000 de sa DB4 GTZ dans les ateliers de la maison italienne qu’il fit la connaissance de Andrea Zagato. Nous sommes alors en août 2001 et une histoire s’apprête à être relancée sur le green du concours d’élégance de Pebble Beach. Ulrich Bez, alors PDG d’Aston Martin, et Andrea Zagato sont tous les deux juges du concours d’élégance et ils se mettent à rêver d’une nouvelle collaboration (après la plus notable d’entre elles dans les années 80, la V8 Zagato). Notre ami Peter, qui était dans les parages, facilita le deal en se proposant d’être l’un des investisseurs de Zagato pour ce projet.

La CC100 Speedster, hommage de la marque pour le centenaire

Cette nouvelle collaboration allait permettre à Zagato de faire tourner son atelier et à Aston de donner un coup de pub à sa DB7 déjà en fin de carrière. À peine un an plus tard, en septembre 2002, l’Aston Martin DB7 Zagato est présentée au salon de Paris. Peter se réserve un des deux prototypes dénommé Georgia alors que les 99 exemplaires de production sont déjà tous vendus. Quasiment 10 ans plus tard, le centenaire d’Aston Martin (1913-2013) arrive à grand pas, de nombreuses célébrations sont prévues par la marque dont un concept développé spécifiquement pour cette occasion, le CC100 Speedster.


Célébration du centenaire

Mais Zagato ne peut pas rester à l’écart de ces festivités et il souhaite concocter quelque chose d’unique pour cette occasion. Andrea Z. veut fabriquer deux modèles pour ce centenaire : un spyder et un coupé. Encore une fois, c’est notre ami Peter qui va être un des promoteurs de ce projet. Peter commissionne le cab et il envoie en Italie une Aston Martin DB9 Volante de 2013 déjà immatriculée en Californie comme base de transformation.


En effet, l’homme étant américain, il impose comme condition à Zagato de ne modifier en aucun cas le châssis ou même la position des feux de sa DB9. Peter avait déjà été échaudé par son expérience avec la DB7 Zagato, son châssis raccourci n’avait jamais pu satisfaire les sévères normes d’homologation américaine, au contraire de sa cousine DBAR1 qui avait corrigé le tir.


Faire du neuf avec la DB9

Cette fois-ci, Zagato a la mission périlleuse de re-carrosser l’une des plus belles voitures de son époque en jouant seulement sur la forme des panneaux. Cette tâche est confiée au designer en chef de Zagato, Norihiko Harada. En 2013, la DB9 aborde la fin de sa carrière et vient de connaître son dernier restylage. Ce cabriolet était l’incarnation de la GT avec son design élégant et des lignes fines et élancées, cependant l’objectif va être tout autre puisque le duo Read-Zagato veut rappeler les lignes de la DBS originelle, mais aussi des grosses Aston V8 des années 80. Pour cela, le designer va jouer avec le dessin des phares avant en les enveloppant dans la calandre au lieu de les placer au-dessus, cela permet d’asseoir la voiture et de la rendre beaucoup plus massive. La Lagonda Taraf jouera du même effet quelques années plus tard, peut-être que ce fut sa source d’inspiration.


Le profil de la DB9 s’en trouve transformé avec des porte-à-faux qui paraissent bien plus imposants. La ligne de caisse très haute et très tendue accentuant encore plus cette impression de longueur, courant depuis la traditionnelle aération latérale Aston jusqu’à l’arrière du véhicule se terminant par un effet un peu relevé. La poupe est, elle aussi, complètement transformée avec des feux inédits rappelant ceux de l’avant et comme enfoncés dans la carrosserie, accentuant encore plus cet effet massif.

Un style déconcertant, à la Zagato

Le traditionnel double bossage des Zagato est lui simplement suggéré par les arceaux de sécurité déployables joliment intégrés. Le clin d’oeil aux Aston V8 de l’époque devient alors de plus en plus évident pour peu que l’on s’y penche un peu. On est donc véritablement en présence d’un style baroque, on aime ou on déteste, mais il faut reconnaître que le travail effectué sur cette DB9 est colossal. Il aura d’ailleurs fallu près d’un an pour transformer cette DB9 dans les ateliers de Zagato, seul l’intérieur reste quasiment inchangé dans sa forme. La femme de Andrea Zagato, Marella, elle-même designer d’intérieur aurait choisi l’ensemble des garnissages et finitions. Le choix s’arrête sur une magnifique configuration Aston Martin Racing Green à l’extérieur et intérieur beige avec surpiqûres vertes.

La version coupé Centennial Zagato est quand à elle basée sur la DBS !

D’un point de vue mécanique la DB9 MY12 bénéficie de la dernière évolution du V12 5.9 litres poussé à 510 ch au lieu des 450 de la première DB9, accolé uniquement à une boîte automatique ZF 6 rapports baptisée Touchtronic, l’option boîte manuelle n’étant plus disponible sur cette génération de DB9. Selon Zagato la transformation n’impacte ni le poids de la voiture ni son comportement, il n’y a eu aucune modification concernant la mécanique ou les trains roulants.


Un spyder, mais aussi un coupé, et même un shooting brake

Elle est révélée au public le 13 juillet 2013 lors de la cérémonie du centenaire d’Aston Martin à Kensington Palace, en même temps que sa version coupé destinée à un autre amateur fortuné de la marque. Ce duo d’Aston est autant une surprise pour le public que pour Ulrich Bez lui même, car celui-ci avait validé le projet quasiment sans avoir vu aucune esquisse. Il découvre les voitures la veille au soir à leur sortie du camion, Andrea Zagato voulait que ce soit un véritable cadeau surprise !

La Zagato Shooting Brake, sur base Virage, paraît en 2014

Notre DB9 Spyder Zagato Centennial rejoint alors la collection de Peter Read en Californie et est aperçue un mois plus tard au concours d’élégance de Pebble Beach en août 2013, exactement au même endroit où le sort de sa prédécesseure avait était scellé 11 ans plus tôt. Le coupé Zagato Centennial qui ,lui, était basé sur une DBS, part pour le Japon. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais en 2014 Zagato communique sur l’existence d’une troisième voiture complétant le duo du coupé et du Spyder, un Shooting Brake dont on vous racontera peut être l’histoire un jour !

Finalement Peter Read décide de se séparer de sa DB9 Zagato en août 2015 lors d’une vente aux enchères. Elle sera adjugée pour 693 000 dollars à un collectionneur anglais, le compteur affichait alors à peine 2 600 miles. Pas sûr que la plus-value ait été si importante que ça ! Si vous êtes intéressé et que son actuel propriétaire n’est pas décidé à vous la vendre, vous pouvez vous rabattre sur « la solution du pauvre » consistant à acquérir l’un des 10 exemplaires de la DB9 Volante Centenary Edition. Comme son nom l’indique cette série limitée célébrait aussi le centenaire de la marque, mais en se différenciant du modèle de série uniquement par une teinte et un intérieur spécifiques, à vous de voir !

Texte : Cédric Pollin-Barré

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1 commentaire

Troisetdeuxquatre

Le 29/01/2020 à 14:30

Je ne sais pas vous, mais personnellement, c’est une fois de plus le shooting brake qui rafle toute mon admiration… à quand un ‘vrai’ nouveau shooting brake chez nos marques européennes ?

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