Aston Martin One-77 : « ça c’est Palace » !

Publié le jeudi 19 novembre 2015.
Mis à jour le lundi 8 juillet 2019.
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Je ne suis pas un fan absolu des « supercars » d’aujourd’hui, allez savoir pourquoi ? Pourtant, dans ma jeunesse, j’ai adoré la Ferrari Testarossa (lire aussi : Ferrari Testarossa), et rêvé de la Bugatti EB110 (particulièrement dans ses dernières versions Dauer, lire aussi : Dauer EB110 S). Mais il faut croire qu’aujourd’hui plus qu’hier, les supercars sont devenues trop « bling bling » pour moi, une affaire de footballeurs m’as-tu-vu et de princes arabes riches à en crever ! Pourtant, une supercar trouve grâce à mes yeux : l’Aston Martin One-77.

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Sa première qualité est d’être une Aston Martin, cultivant une certaine discrétion britannique malgré des lignes à couper le souffle. Loin d’être ostentatoire tout en restant spectaculaire, la One-77 est belle à se damner. Elle garde une identité Aston tout en se démarquant (surtout à l’avant) du reste de la gamme, comme pour exprimer sa singularité. Il n’y a rien de plus dur (que ce soit en matière de design ou dans d’autres disciplines) que de rester sobre, simple, et les équipes de Gaydon, Marek Reichman et Miles Numberger en tête, nous ont pondu un véritable petit chef d’oeuvre automobile.

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C’est en 2008, au Salon de Paris, que la One-77 est apparue pour la première fois, mais ce n’est qu’à Genève au début de l’année 2009 que les spécifications de la voiture seront réellement dévoilés. Là encore, on est loin de la surenchère des supercars de l’époque. Ici, pas de V16 de plus de 1000 ch ! Sous le capot avant, on retrouve le bon vieux V12 bien connu des amateurs d’Aston, porté à 750 ch par Cosworth pour une cylindrée de 7,3 litres. Si par rapport à la concurrence, la puissance reste modeste (enfin, on se comprend), la One-77 est pourtant l’Aston Martin la plus puissante jamais construite !

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L’idée d’Aston Martin est avant tout de proposer une voiture exclusive, unique pour chaque client : en bref, une voiture d’exception. Cette idée d’exclusivité sera poussée jusqu’au bout : seuls 77 exemplaires seront fabriqués, contre un gros chèque de 1 150 000 £ ! Cette production limitée donne son nom à la voiture. Elle entrera en production courant 2009, et sera fabriquée à la main jusqu’en 2012, date de sortie de la dernière des 77 One-77 !

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Autre nouveauté du véhicule, son châssis en carbone, et sa carrosserie en aluminium, gages de rigidité et de légèreté… Enfin, la bête pèse tout de même près d’1,6 tonne, mais quand on sait que la Veyron approche des 2 tonnes, c’est déjà pas mal (bon, ok, la Bugatti « de base » lui met 250 ch dans la vue!).

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En fait, la One-77 n’est pas la meilleure des voitures de ce début de 21ème siècle : pas la plus puissante, pas la plus spectaculaire, et pas forcément la plus exclusive, Pagani ou Koenigsegg se faisant plus rares encore (lire aussi : Koenigsegg), mais à l’évidence la plus désirable, justement parce qu’elle n’est pas superlative, et qu’elle n’a pas besoin d’en rajouter comme disait Maxwell, ce grand maître du café des années 80 ! Dans cette logique, elle est tout à fait dans la tradition anglaise, lorsque les motoristes de chez Rolls-Royce et Bentley parlait d’une puissance « suffisante » sans dévoiler le nombre de chevaux, finalement accessoire !

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La classe, en fait, ne se décrète pas à coup de technologies ou d’artifices ! On l’a ou on l’a pas. C’est vrai pour la One-77, mais d’une certaine manière vrai aussi pour l’ensemble de la gamme Aston Martin, dépassée par la concurrence en terme d’efficacité, de puissance, de technologie, mais tellement plus désirable malgré certains côtés obsolètes (V12 un peu vieux, boîte de vitesse dépassée par exemple).

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Une Aston dans la rue, et a fortiori une One-77, c’est la certitude de provoquer l’admiration, même chez les non-amateurs de voitures, à l’inverse d’autres italiennes ou allemandes, plus « marquées », plus « bling-bling », et finalement plus banales ! En cela, la One-77 perpétue la tradition Aston : dans les années 90, rouler en Virage, c’était un acte de foi et de distinction mais aussi la certitude de se faire griller par la moindre Ferrari 348 ! La meilleure voiture du monde n’offre pas la garantie d’être la plus classe au monde, et c’est là toute la différence !

Photos: Aston Martin et National Geographic

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1 commentaire

rubinho

Le 19/11/2015 à 17:05

beau travail de recherche, j avais complètement oublié l’histoire des Bugatti teutonnes… merci pour le reminder!

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