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Audi 100 C1 : les anneaux montent en gamme

Mercredi 10 avril 2019
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Pour les jeunes générations, la présence d’Audi parmi les marques dites premium paraît une évidence. Pourtant, quand Volkswagen, après le rachat d’Auto Union en 1964, ressuscite le nom d’Audi disparu avec la guerre, l’image sportive et luxueuse des années 30 a disparu depuis longtemps des esprits. Il faudra attendre l’A8 en 1994 pour qu’Audi s’installe sur le marché premium. La montée en gamme aura pourtant commencé en 1968 avec le lancement de l’Audi 100 “C1”, 26 ans plus tôt.

Lorsque dans les années 30 les marques DKW, Wanderer, Horch et Audi fusionnent pour donner naissance à Auto-Union, il faut donner une identité propre à chacune : si DKW se positionne facilement en bas de la gamme et Wanderer au milieu, Audi et Horch (qui ironiquement furent fondées par un seul homme, August Horch et dont le nom de famille signifie écoute en allemand, tout comme “audi” en latin) se trouvent sur le même segment haut de gamme.

L’Audi 100 C1 existe en 2 et 4 portes, en plus du coupé S

Les débuts d’Audi

La solution ? Placer Horch sur le marché du luxe et Audi sur le marché de l’innovation, avec une traction avant dotée d’un moteur 6 cylindres, la Front. La marque disparaît pourtant avec l’entrée en guerre, tout comme ses soeurs Wanderer, DKW ou Horch un peu plus tard, pour consacrer l’outil de production à l’effort de guerre allemand.

La défaite place Auto-Union dans une situation très compliquée : toutes ses usines se situent à l’Est, en Saxe, en plein secteur soviétique. Tandis que ses usines reprennent la production à l’Est pour le compte du pouvoir communiste sous la bannière IFA (une entreprise nationalisée, qui plus tard donnera naissance à la Trabant), à l’Ouest, on fonde une nouvelle société Auto-Union pour produire des DKW dans deux usines, l’une à Ingolstadt et l’autre à Düsseldorf.

Passage par Mercedes

En 1958, Mercedes, décidé à descendre en gamme, rachète Auto-Union. DKW est la marque idéale dans cette optique puisqu’elle produit des voitures à moteurs 2 temps, bien loin des grandes berlines et des sportives de la marque à l’étoile. Malgré des investissements conséquents (notamment le développement d’un moteur 4 cylindres), Mercedes va finir par vendre Auto-Union à Volkswagen pour se consacrer à son développement américain et au renforcement de sa division poids-lourds.

l’Audi 100 C1 permettra à la jeune marque de se faire une place sur le marché US.

Pour Volkswagen, l’idée est toute autre. Déjà placée sur le marché populaire, VW veut utiliser les capacités industrielles de l’usine d’Ingolstadt pour répondre au succès de la Coccinelle. Un peu embarrassée par la marque DKW, placée sur le même marché qu’elle, Volkswagen décide de relancer la marque Audi et de doter les anciens modèles du fameux 4 cylindres développé par Mercedes, abandonnant les moteurs 2 temps si typiquement DKW.

L’Audi 100 Coupé S offre un profil très séduisant.

Un projet tenu secret

Volkswagen dispose par opportunisme d’une marque qu’il convient de mieux positionner sur le marché. La réponse viendra des ingénieurs d’Ingolstadt qui vont en secret travailler sur le projet d’une berline familiale qui viendrait coiffer les Audi 60, 75, 80 et super 90 héritières des DKW. L’état major de VW, Heinz Nordhoff en tête, reste hostile à l’idée d’une marque complémentaire mais le projet C1 présenté par le bureau d’étude va changer la donne.

A la fin des années 60, Volkswagen sent bien que sa monoculture du moteur arrière risque de lui jouer des tours. La future Audi 100, une traction, est l’occasion pour le groupe allemand de tester cette technologie considérée à l’époque comme l’avenir de l’automobile, tout en montant en gamme sans concurrencer Volkswagen. L’Audi 100 est présentée à la presse en novembre 1968 et incarne la nouvelle direction de la marque : le “premium” (cette dénomination n’existe pas encore) et l’innovation.

Une grande berline de 100 chevaux

A l’époque, les Audi issues des DKW F102 et dotées du 4 cylindres étaient nommées en fonction de leur puissance. Pour l’Audi 100, le principe est repris, le coeur de la gamme disposant de 100 chevaux (Audi 100 LS) même s’il existait des versions moins puissantes : le 1 760 cc est issu de l’ancien bloc Mercedes et développe 80, 90 et 100 chevaux suivant les versions. Le modèle haut de gamme GL et le coupé fastback 100 Coupé s’offrent quant à eux un 1 871 cc de 112 chevaux. En cette fin des années 60, ces puissances offrent des performances de premier plan (170 km/h pour le modèle LS).

Produite jusqu’en 1976, l’Audi 100 C1 fut un succès commercial de premier plan (827 474 exemplaires dont 30 687 coupés), permettant à la marque de s’installer sur le marché comme une alternative crédible aux côtés de l’Audi 50 lancée quelques années plus tard. Avec l’arrivée de Ferdinand Piëch en 1972, Audi n’allait cesser de prouver au marché la qualité de ses produits au point de titiller Mercedes et BMW aujourd’hui. En collection, cette Audi est peu connue alors qu’elle représente un moment historique pour la firme d’Ingolstadt : elle reste donc très accessible, y compris dans sa très jolie version coupé.

 

Caractéristiques techniques

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Audi 100 C1 LS

1968 - 1976

Motorisation

Motorisation 4 cylindres en ligne
Cylindrée 1 761 cc
Alimentation Carburateur
Puissance 100 ch à 5 500 trs/min
Couple 150 Nm à 3 500 trs/min

Dimensions

Longueur 4 625 mm
Largeur 1 729 mm
Hauteur 1 421 mm
Poids à vide 1 080 kg

Transmission

Roues motrices Avant
Boite de vitesses BVM à 4 rapports

Performance

Vitesse max 170 km/h
0-100 km/h 11,9 s
Production 827 474 ex

Tarif

Cote 2018 (LVA) à partir de 6 000 euros

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1 commentaire

Mike

Le 15/04/2019 à 14:13

De profil, la ligne du coupé me fait penser à une certaine Audi A7. Comme quoi, il n’y a rien de nouveau sous le soleil….

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