SUPERCAR

Audi R8 : pour enfoncer le clou

Mardi 7 mai 2019
Retour

A l’orée des années 2000, la montée en gamme d’Audi est déjà actée mais la marque désire mettre en relief le côté sportif de ses modèles. Le plan va donc passer par la sortie de versions de plus en plus musclées, par un engagement sportif en endurance à partir de 1999 et, plus surprenant, par le lancement d’une supercar à même de démontrer la technologie et les compétences des ingénieurs d’Ingolstadt : l’Audi R8.

L’Audi Le Mans Quattro Concept de 2003 préfigure la future R8

Dans les années 90, Volkswagen s’est constituée un ensemble de marques dont les positionnements sont étudiés très précisément : Seat destinée aux jeunes à tempérament sportif, Skoda pour l’achat malin (en avoir beaucoup pour moins cher), Volkswagen en valeur sûre et bourgeoise, Audi pour le premium, les ultras sportives Lamborghini, le luxe pour Bentley et le superlatif pour Bugatti (Porsche ne fait pas encore partie du groupe). Dans l’organigramme, Lamborghini est une filiale d’Audi. Lancer une supercar frappée des anneaux, n’était-ce pas marcher sur les plates-bandes de la firme italienne ?

Le concept Le Mans Quattro pour célébrer les victoires mancelles

Au salon de Genève 2003, la marque au taureau présente sa Gallardo développée avec Audi (notamment sa structure Space Frame) mais dont le moteur est une création “maison”. Quelques mois plus tard, au Salon de Francfort, c’est au tour d’Audi de présenter un concept-car évocateur : la Le Mans Quattro Concept célébrant les victoires de l’Audi R8 au Mans en 2001 et 2002. Ce concept reprend la base de la Gallardo, ainsi que son V10 5 litres de 610 chevaux, mais se différencie par son style très Audi et surtout par sa transmission intégrale Quattro.

La présentation de ce concept étonne les observateurs : la Le Mans Quattro aura-t-elle un avenir en série ? La question peut se poser car elle rentre directement en concurrence avec la Gallardo sur un marché relativement étroit. Malgré cette possible cannibalisation, les dirigeants d’Audi désirent frapper un grand coup, d’autant qu’après l’échec au Mans de 2003 face à Bentley, la R8 recommence à gagner dès 2004.

Du concept à la R8 de route

La décision est donc prise d’offrir “sa supercar” à Audi malgré les risques, baptisée R8 en l’honneur du proto victorieux au Mans. Péché d’orgueil ? Peut-être, mais le jeu semble en valoir la chandelle et Audi valide le projet et lance le développement en 2004. Par précaution, le V10 Lamborghini est abandonné pour le V8 FSI conçu pour la RS4. Avec 4,2 litres de cylindrée et “seulement” 420 chevaux, elle rend presque 200 chevaux à sa cousine italienne mais conserve la même boîte de vitesses et la même structure aluminium.

Avec 2 cylindres de moins, et malgré la technologie Quattro, la R8 prévue pour fin 2006 s’avère bien moins chère que la Gallardo (119 000 euros contre 165 000 euros pour la Lambo). Certes le blason est moins prestigieux, mais tout le monde n’aime pas forcément l’exubérance du taureau. La Gallardo, signée Giugiaro et Luc Donckerwolke, se montre plus acérée, tandis que la R8 arbore une ligne plus ronde, visuellement plus “technologique” notamment grâce à ses phares xenon couplés à des leds.

Après le V8, le V10 et la version Spyder

La voiture est présentée fin 2006 et la commercialisation commence début 2007. Contrairement aux craintes du début, les deux cousines germano-italiennes ne se marchent pas sur les pieds. La Gallardo reste sur sa bonne dynamique tandis que la R8 fait un départ canon. Les huiles sont rassurées, à tel point qu’une version V10 5,2 litres de 532 chevaux fait son apparition dans la gamme en 2009. Sans parler d’une version Spyder en 2010. Le pari (risqué) d’Audi s’avère payant : les R8 s’arrachent d’autant plus que l’aura des anneaux grandit année après année. Question de philosophie, entre ceux qui préfère le charme (présumé) de l’Italie ou l’idée (exacerbé) de la qualité et de la technologie allemande.

Jamais Lambo n’aura autant vendu de voitures que la Gallardo (14 022 ex) tandis qu’Audi explose les charts avec 26 037 exemplaires vendus jusqu’en 2015 : les deux cousines dépassent les 30 000 ex à elles deux, pas mal pour un renouveau (d’un côté) et un coup d’essai de l’autre. Charge à l’Huracan et à la R8 2ème génération de faire aussi bien. L’avantage d’une production aussi prolifique : on trouve des R8 à tous les tarifs et pour tous les goûts, mais n’oubliez jamais qu’il s’agit de voitures de haute technologie, qui coûteront toujours plus cher à l’entretien qu’une 205 GTI.

 

Galerie d'images

Voir toute la galerie

Vous recherchez ou vendez

une Audi R8 ?

Concours

CLASSIC & SPORTS CAR


Tentez de gagner un reportage sur vous et elle dans notre magazine partenaire
Classic & Sports Car France.

Contenu alimenté par

Caractéristiques techniques

SUPERCAR

Audi R8

2006 - 2014

Motorisation

Motorisation V8
Cylindrée 4 163 cc
Alimentation injection directe
Puissance 420 ch à 7 800 trs/min
Couple 430 Nm à 4 500 trs/min

Dimensions

Longueur 4 431 mm
Largeur 1 904 mm
Hauteur 1 249 mm
Poids à vide 1 635 kg

Transmission

Roues motrices Transmission intégrale
Boite de vitesses BVM séquentielles à 6 rapports

Performance

Vitesse max 301 km/h
0-100 km/h 4,6 s
Production 26 037 ex (tous modèles confondus

Tarif

Cote 2018 (LVA) 60 000 euros

Articles associés

4 commentaires

Troisetdeuxquatre

Le 09/05/2019 à 12:43

Un bien bel article digne de… Boitier Rouge !
Je profite de voir les articles associés pour vous remercier de la migration des articles de BR sur le site CarJager. Quel plaisir de retourner fouiner dans les archives de Paul ! C’est là qu’on voit le travail de titan réalisé depuis 2014 (si je ne me trompe…).
Encore un grand coup de chapeau !

Paul

Le 09/05/2019 à 15:24

Merci beaucoup… effectivement, ce fut un travail de titan, mais tellement cool… et aujourd’hui, comme tu peux le voir sur cet article, l’esprit BR perdure… comme avant, il y aura du pointu, du moins pointu, du bizarre, de l’histoire, c’est ça qui m’intéresse, et l’équipe CarJager aussi.

Troisetdeuxquatre

Le 10/05/2019 à 13:09

Et en plus, l’article du jour est à propos de la plus affûtée des Lancia… Ah là là, on n’est pas prêt de détrôner « BR-Carjager » !!!

FCM

Le 13/05/2019 à 14:23

Hum, « l’échec » aux 24h de 2003 est à relativiser quand même : comme tu le soulignes dans l’article c’est le même groupe, les bases mécaniques sont les mêmes à l’origine du développement de la Bentley, cette année-là Tom Kristensen court pour Bentley au milieu de 5 victoires sur Audi R8, et en plus les R8 sont engagées sous écurie semi-privée.
C’es assez évident que VW qui avait autorisé le programme d’endurance Bentley pour 3 ans a laissé les Anglais gagner en 2003 avant de revenir à Audi.

Laisser un commentaire