Audi Sport Quattro : « transmission » intégrale !

Dimanche 5 juillet 2015
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Je n’ai pas été élevé à l’Allemande en matière d’automobiles, et contrairement à beaucoup, qui furent séduits dès leur plus jeune âge par les BMW E21 puis E30, ou par le grands luxe des Mercedes de l’époque, mon premier coup de cœur « germanique » sera du à Audi. A cette époque, le sport automobile comptait pour moi (c’est moins le cas aujourd’hui), et du haut de mes 8 ans en 1983, je regardais avec plaisir ces monstres de la route glisser sur les chemins boueux ou enneigés à des vitesses folles.

Quattro 01

En 4 années d’existence seulement (entre 1983 et 1986, date de son arrêt, jugé trop dangereux), le Groupe B deviendra mythique pour tous les petits garçons de l’époque. On y voyait des voitures ultra-performantes se défier à haute vitesse, mais réellement dérivées de véhicules de série. L’Audi Sport Quattro fut la première à ouvrir le bal, bientôt suivie par la mythique 205 Turbo 16. Deux voitures qui marquèrent profondément ma jeunesse.

Quattro 04

Le règlement du Groupe B imposait aux constructeurs que le véhicule engagé en course dérive d’un modèle de série produit au moins à 200 exemplaires. Ce point de règlement donna naissance à toute une série de véhicules de course homologués pour la route. La Peugeot 205 eut sa Turbo 16 série 200 (lire aussi : Peugeot 205 Turbo 16 Série 200), la BX eut droit à sa 4TC, reniée par Citroën (lire aussi : Citroën BX 4TC). La sublime Audi Quattro eut droit quant à elle à la Sport Quattro de (petite) série.

Quattro 06

Dérivée du Coupé, la Sport Quattro a un empattement plus court (qui la rend encore plus belle à mon sens), et propose des extensions d’ailes discrètes mais musclées qui la classe d’entrée de jeu dans la catégorie des « méchantes » voitures. Malgré l’engagement dès 1983 en Groupe B, la Sport Quattro de série ne sortira qu’en 1985. Chez Audi, contrairement à ses concurrents, pas question de bricolage : la perfection est déjà dans la mire du constructeur aux anneaux. Loin de l’artisant d’Heuliez par exemple, l’Audi, fabriquée à Ingolstadt, justifie sa réputation d’allemande bien née.

Quattro 02

Contrairement aussi à ses concurrentes françaises, pas question de proposer un moteur trop dégonflé. La 205 Turbo 16 se contentait de 200 ch ? La Sport Quattro en offre 306, rien que ça, tirés d’un 5 cylindres (architecture dont Audi se faisait le champion) de 2,1 litres, 20 soupapes, et gavé par turbo. Bien sûr, l’Audi se dote (d’où son nom) de la transmission intégrale permanente Quattro, fierté de la marque. Le tout pour une voiture ultra efficace, malgré sa qualification de « civile ».

Quattro 07

Soyons clairs, il s’agit là d’une petite bombe, capable d’atteindre les 250 km/h en toute sécurité (ABS, direction assistée), pour un 0 à 100 km/h en dessous des 5 secondes (chiffre remarquable encore aujourd’hui), parties de carrosserie en kevlar. Déjà réservée à une élite automobile (ou financière), elle l’est encore plus aujourd’hui, car il vous sera difficile d’en trouver une à moins de 140 000 euros !

Bon il faut dire qu’elle est aussi rare que ses consoeurs de la série « 200 » issues de l’homologation Groupe B : 214 exemplaires et pas un de plus. Cependant, si l’on y réfléchit bien, posséder un morceau d’histoire automobile, aussi performante que bien des GT modernes, efficace, bien finie et bien équipée, vaut bien quelques sacrifices. Surtout, cette quasi-supercar est totalement utilisable au quotidien malgré sa mécanique de course. Si ce n’est la profondeur de votre portefeuille et la rareté de la bête à la vente, rien ne vous retiendra.

Quattro 09

Malheureusement, mon portefeuille à moi étant percé, je me contenterais de celle qui fait mon bonheur depuis 33 ans : ma Sport Quattro Majorette, qui désormais enchante mon fils de 3 ans et demi, c’est cela aussi la « transmission intégrale » !

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4 commentaires

Greg

Le 06/07/2015 à 17:35

Bonjour,
La Sport Quattro n’est pas, loin s’en faut, la 1ère à ouvrir le bal!
La 1ère groupe B 100% originale, pensée en fonction de ce règlement et non pas dérivé d’une groupe 4, est la Lancia 037 si je ne m’abuse?
Il ne faut se rappeler en effet qu’un certain nombre de voitures voitures du Groupe 4, et non des moindres, ont bénéficié d’une extension d’homologation en groupe B.
A tout seigneur, tout honneur: l’Audi Quattro bien sûr, mais aussi la R5 Turbo, la Ferrari 308…
Différence marquante entre le groupe 4 et le groupe B: le 1er autorisait des extensions d’ailes et un élargissement substantiel des pneumatiques, le 2ème imposait de conserver la carrosserie « de série » (la bonne blague…) et réduisait drastiquement la taille des pneus.
La Lancia 037 a profité des nombreux problèmes rencontrés par ceux qui avaient converti leurs anciennes groupe 4 en groupe B pour rafler le dernier titre mondial d’une 2 roues motrices.
L’Audi Quattro sous sa forme originale (la longue: la miniature Majorette 😉 était handicapée par sa plateforme issue de la série: un choix assumé du grand patron.
Elle a du subir un régime sévère pour tenter de suivre la concurrence: -30 cm de longueur, voilà enfin la Sport Quattro!
Le modèle de série était vendu plus de 700.000 francs en 1985 quand un R5 Turbo 2 était cataloguée à 160.000 francs et une 205 T16 à 250.000 francs.
En rallye, la 1ère saison de la Sport Quattro fut catastrophique: comportement pointu, moteur violent, Walter Röhrl la jugeait inconduisible, c’est dire…
La dernière itération, la S1 reconnaissable à sa carrosserie monstrueusement élargie (le règlement avait changé!) corrigeait tous les défauts de la 1ère Sport Quattro mais trop tard…
1 seule victoire au compteur, San Remo 85, puis un famaux coup d’éclat à Pikes Peak (victoire de Michèle Mouton, les yankees ne s’en sont pas remis!) et puis… plus rien.

Medved

Le 06/07/2015 à 17:41

L’autre différence notable, il faut bien le préciser, entre la « Sport » et la « Turbo 16 » tient au fait de l’architecture de l’allemande qui reprend l’épure d’une voiture de série logeable, c’est à dire avec un moteur avant.

En cela, le Seigneur des Anneaux d’Ingolstadt rappelle à son « clan » que des dérivés du modèle existent depuis 3 ans dans le hall d’exposition des concessionnaires VAG.

Je me suis en plus laissé dire que c’est au prix de quelques tours de passe passe avec les règlements de l’époque que la « 205 » a pu se lancer sur les pistes et survoler le Championnat du Monde avec l’arrogance et la légèreté que l’on sait.

En çà, on peut déjà considérer que les deux marques n’avaient pas les mêmes objectifs; et pour le moins, celui avoué d’Audi était aussi bien d’éprouver ses technologies sur le terrain que de se faire un gros coup de pub (hum, les tests en compétition, çà rappelle une philosophie assez chère à Stuttgart çà non?!)

Avant de faire son apparition sur les berlines et coupés, ce 5 cylindres turbo avait (de mémoire) vu son baptême du feu au Paris Dakar sur le VW Iltis dans sa version 10 soupapes.

Quand on sait que le Iltis a aussi servi de base à la Quattro, on en arrive à considérer que le plan était sûrement très réfléchi.

Il semblerait même que cette disposition à cinq cylindres en ligne remonte à des temps assez anciens, pour avoir fait partie du panel des solutions éventuelles pour motoriser la coccinelle ingéniée par Ferdinand Porsche…(!!)

Tout çà pour mettre en avant l’idée que notre « sacré numéro » national a été mis à contribution pour un coup d’éclat à la française.

Un coup de main de la résistance, avec les moyens du bord, pour (comme toujours) régler un conflit qui remonte à l’occupation des troupes allemandes à Sochaux.

Amusant d’ailleurs de voir comme ces histoires peuvent perdurer…. Jusqu’au Mans, où Peugeot s’est vu rendre la monnaie de sa pièce quelques années plus tard, et sur son terrain encore: quand la victoire lui est passée comme une boule de feu sous le nez; rafflée par des Audi…Diesel…

Greg

Le 09/07/2015 à 12:18

Une anecdote qui fait partie de la légende de la Sport Quattro:
En tant que modèle d’homologation pour la voiture de course, elle devait obligatoirement contenir les différents aménagements, équipements, attendus pour corriger le principal défaut de la Quattro: le manque de maniabilité, du à l’empattement long et au moteur en porte à faux avant.
Le directoire de VAG avait donné son accord pour produire un modèle raccourci de 30 cm, mais pas question de renoncer au moteur en porte à faux avant, au nom de l’identification aux modèles de série!
Les ingénieurs obligés de composer avec cette contrainte optèrent donc pour un bloc moteur en alliage léger.
2,1l de cylindrée, 306 chevaux, avec la technologie en vigueur dans les années 80, ils savaient à quoi s’attendre:
Les moteurs en alliage léger ne dureraient pas éternellement sur les voitures de série, ce qui allait exactement à l’encontre de tous les efforts pour positionner Audi comme un constructeur haut de gamme!
C’est pourquoi Audi fabriqua autant de blocs moteurs en fonte que de voitures vendues, ceci afin d’assurer leur remplacement en SAV!

occasions auto st-julien

Le 16/07/2015 à 10:20

La Quattro est une voiture historique. Elle s’est fait un nom dans l’univers des sport automobile et aujourd’hui, elle est toujours aussi élégante. J’espère pouvoir en conduire une un de ces jours.

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