Autobianchi Bianchina Cabriolet : « et Chardonnet créa l’Eden Roc »

Publié le lundi 8 septembre 2014.
Mis à jour le jeudi 4 avril 2019.
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Parfois le nom d’une voiture qui passe à la postérité n’est pas toujours celui d’origine, et c’est la cas du (très) petit cabriolet Bianchina, que chacun a tendance à appeler Eden Roc, un nom qu’elle ne porta pourtant qu’en France. Il faut dire qu’en la personne d’André Chardonnet, la marque italienne avait trouvé le bon VRP.

La Trasformabile n’est pas tout à fait un cabriolet

Petit retour en arrière. C’est en 1955 que naît la marque Autobianchi, fruit de l’association de Edoardo Bianchi, ancien créateur de la marque éponyme, de Pirelli, désireuse d’écouler ses pneus, et de la Fiat, qui peine à répondre à la demande grandissante des italiens pour l’automobile. Il faudra deux ans à la nouvelle marque pour lancer son premier modèle en 1957, la Bianchina Trasformabile (transformable), dérivée de la Fiat 500 au toit découvrable. Dans un premier temps, l’importation des petites Autobianchi en France est confiée à Simca, dont Fiat est actionnaire.

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Alors qu’en Italie, la production bat son plein et que de nouveaux dérivés voient le jour, notamment le Cabriolet en 1960, en France, les ventes ne décollent pas. Chardonnet quand à lui, importe en France la marque britannique Bristol, et surtout les véhicules de la filiale allemande de Fiat, Neckar. Lorsque l’ancien patron de Neckar prend la tête d’Autobianchi en Italie, c’est naturellement au dynamique importateur qu’il pense pour relancer la marque en France. D’autant que Chrysler est en passe de racheter Simca à Fiat (en 1963). En 1962, l’affaire est faite, et Chardonnet se met à importer Autobianchi en France.

C’est à ce moment là que sort la Bianchina Quatro Posti, qui remplace la Transformabile. Chardonnet importe d’abord ce modèle là, ainsi que la Panoramica, sa version « break ». Habile commerçant, il leur donne de nouveaux noms plus vendeurs selon lui, Texane pour le Break, Lutèce pour la Berline… Malin comme un singe, Chardonnet propose une garantie de 2 ans là où Fiat ne proposait que 6 mois de garantie en Italie. C’est ainsi que la France devint rapidement le deuxième marché derrière l’Italie pour la marque Autobianchi.

Si le cabriolet était apparue de l’autre côté des Alpes dès 1960, ce n’est qu’en 1964 qu’elle sera vendue en France, sous une nouvelle appellation plus vendeuse : Eden Roc. La recette Chardonnet fonctionnera là encore parfaitement puisque sur les 9300 exemplaires du Cabriolet fabriqués entre 1960 et 1968, 3150 seront des modèles Eden Roc.

Il faut dire qu’André Chardonnet a plus d’un tour dans son sac pour promouvoir ses modèles, et cible tout de suite la star du moment pour mettre en valeur son Eden Roc. Passé maître du placement de produits avant l’heure, il offre une petite Bianchina Eden Roc à Brigitte Bardot, qui ne manquera pas d’en faire la promotion en photo dans le magazine « people » de l’époque, Jours de France. Aujourd’hui, la Bianchina Eden Roc est l’une des plus recherchée et sa côte s’en ressent. Outre son côté mignon et glamour (l’effet Bardot), c’est aussi sa rareté qui en fait une star de l’automobile de collection aujourd’hui.

http://www.clubautobianchi.fr/

 

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3 commentaires

seb

Le 10/09/2014 à 13:42

Très sympa cet article. effectivement la côte est élevée car sur les 3150 exemplaires vendus en france, il ne doit pas en rester beaucoup. je garde la mienne 🙂

Paul

Le 11/09/2014 à 00:30

Merci pour ce gentil commentaire. Et non il ne doit plus en rester beaucoup, d’où sa cote assez haute 😉

Jr500

Le 05/08/2015 à 23:15

A mon sens, à la louche plus de 200 en France car sur 400 gamine produites, une centaine en France encore.

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