Auverland A3 : le Chamois d’Auvergne !

Vendredi 4 mars 2016
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Après avoir parlé de son cousin brésilien le JPX Montez (lire aussi : JPX Montez), il était plus que temps de vous présenter la version originale, l’Auverland A3 ! Si le Peugeot P4 me plaisait par son look de Mercedes Classe G (lire aussi : Peugeot P4), j’aimais voir passer de temps en temps au le quartier de Lattre de Tassigny (j’étais dans la cavalerie, on n’y parle pas de caserne) les A3 de la Gendarmerie ou d’autres régiments (il n’y en avait pas en dotation au 2ème Hussards). Je trouvais ce 4×4, entièrement français, lui, très élégant, surtout qu’il paraissait poids plume aux côtés de la grosse franco-allemande.

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C’est d’ailleurs son statut de véhicule « léger », né trop tard après l’appel d’offre de l’Armée Française, qui lui valu d’être bien moins diffusé que le P4. On le réservait au train, comme véhicule de liaison, aux régiments de parachutistes et à la Gendarmerie, et dans des quantités bien moins élevées. Car l’Auverland, né en 1988, ne pouvait plus prétendre qu’à de petits appels d’offre spécifiques, ce qui ne l’empêcha pas de bien se vendre en France, mais aussi à l’étranger. Les versions destinées à l’administration ou aux sociétés de service public (EDF par exemple) trouveront elles aussi leur (petit) marché. Seules les versions civiles, malgré les succès en compétition tout-terrain, resteront à jamais une affaire de spécialistes. Dommage.

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Il faut remonter au tracteur Cournil pour trouver les origines de l’A3 ! Une histoire auvergnate qui commence en 1954 lorsque Bernard Cournil, jusqu’alors distributeur Hotchkiss, se met à assembler sous licence des Jeeps de la même marque. Petit à petit, Cournil améliorera la bête pour devenir le fameux Tracteur Cournil, bête à tout faire de la paysannerie française (particulièrement dans les zones difficiles). La bête évoluera tout au long des années 70. Entre temps, le portugais UMM en avait lancé sa propre version sous licence en 1977, l’Alter (lire aussi : UMM Alter). La société Cournil, en difficulté, sera rachetée en 1980 par le Groupe Belin, puis finalement par François Servanin en 1984 qui la rebaptise Auverland (pour Auvergne, et Land car c’est typique du tout-terrain : Land Rover, Land Cruiser… etc).

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En 1987, la société Auverland présente son premier modèle de « diversification », l’A3. Il s’agit, contrairement au Cournil, d’un petit 4×4 léger et relativement court (il existera ensuite en châssis long), motorisé par un Diesel Peugeot de 2,1 litres et 84 ch (le même moteur que le P4), et une boîte Peugeot elle aussi (la même que celle du P4). Mais le reste est de conception maison, notamment la boîte de transfert ! Petit et compact, l’A3 se destine à compléter son aîné tout en proposant des capacités de franchissement exceptionnelle. Il sera lancé en 1988, en version civile et militaire !

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Dès le départ, l’A3 impressionne par ses qualités tout-terrain. Pour le coup, il s’agit d’un vrai 4×4 qui recevra le surnom flatteur de « Chamois », ce qui en dit long sur ses performances ! Petit à petit, l’A3 va évouler, recevant des mécaniques plus modernes (1.9 diesel de 72 ch puis TD de 92 ch, toujours d’origine Peugeot (XUD). Il sera proposé aussi en de multiples versions, châssis court, long, bâché, fourgonnette, 5 portes (A4), sport (A3 Rando en 2001), pick up etc ! Conçu pour un public militaire, l’équipement de l’A3 n’est pas son point fort, ni sa polyvalence, et ne peut donc pas rivaliser avec les petit tout-terrains japonais sur le marché civil, malgré les efforts d’Auverland.

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Le dépôt de bilan de 2001 n’empêche pas l’A3 de survivre quelques temps (jusqu’en 2004) après la création de la société Nouvelle des Automobiles Auverland. Mais le recentrage sur le secteur militaire (notamment les Sovamag TC10) aura raison du vieillissant A3. Il n’y aura désormais plus jamais de véhicules civiles dans la gamme, surtout après le rachat de Panhard en 2005, donnant naissance à Panhard General Defense (qui intégrera le groupe Renault Trucks en 2012). Cependant, si vous cherchez à vous faire plaisir en tout-terrain, avec un engin fiable, ultra performant, spartiate (comme tout bon vrai 4×4), et surtout français, alors faites-vous plaisir, et optez pour un Auverland A3 ! Vous pourrez en outre faire joujou aux Gendarmes et aux voleurs en dégotant une version Gendarmerie vendue parles domaines !

 

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6 commentaires

Guepe

Le 04/03/2016 à 15:45

J’ai travaillé en 1983 avec un Couril
Quel 4×4 !
Robuste, passe partout. Avec le treuil impossible de rester coincé !

Aucun confort mais un vrai outils de travail

Greg

Le 04/03/2016 à 18:35

Dans le Cantal, leur « pays » d’origine, on voit encore des Cournil et les seuls Auverland de gendarmerie que j’aie jamais vus étaient ceux de l’escadron mobile d’Aurillac!
Du reste, les établissements Cournil existent toujours à Aurillac, mais il ne s’agit plus que d’une concession… Mitsubishi, on reste dans le 4×4!
Dans le film « Harry, un ami qui vous veut du bien », Harry (Sergi Lopez) offre un Pajero Sport flambant neuf à son vieil ami Michel et c’est chez Cournil que ça se passe 😉

Paul

Le 04/03/2016 à 21:03

Tiens j’ai envie de fromage tout à coup 😉

Sam

Le 05/03/2016 à 23:28

Le Cournil quel engin!
J’en ai possède un il y a quelques années… Un achat coup de coeur car à l’époque j’étais jeune (22 ans) et mes copains me traitaient de fou! Ils ne comprenaient pas mon attachement à ce Cournil jaune. Je leur disais que au moins je n’avais pas le même que monsieur tout le monde (j’étais un peu boitier rouge hein Paul?). Le mien était un des derniers fabrique dans la Loire avec les phares ronds.
Moteur Saviem 3,4l Diesel… Un dieselgate à lui tout seul! Inconduisible sur la route, mais lorsque la route s’arrêtait c’est les autres qui ne pouvaient plus me suivre… Le freinage était surprenant ( ça freinait rien!) et j’avais des difficultés à trouver et à reconnaître les pièces détachées (j’ai appris par la suite que les cournils étaient tous différents car assemblés selon les pièces et moteurs dispos sur le moment).
Mon meilleur souvenir: lorsque qu’un propriétaire de Touareg a voulu impressionner son monde en voulant tenter une ascension de notre chemin d’accès de notre maison de campagne avec 10cm de neige et des pneus été… Le vw a fini ds le fossé, telle une luge incontrôlable limite dangereuse. Vexé furieux, l’ego dans le fossé, le proprio est venu me demander si j’avais une sangle… D’un coup de gaz le Cournil l’a sorti d’affaire. J’en rigole encore… Vive BR!

Paul

Le 05/03/2016 à 23:42

Ah quel beau témoignage !!! J’adore ce genre d’histoires, et j’adore le Cournil ! So BR 😉

Tim

Le 26/10/2016 à 13:33

L’Auverland A3,
Juste à lire votre article j’en ai les larmes aux yeux. J’ai jamais pu en posséder un mais c’est l’un de mes rêves.
J’ai grandi à quelque kilomètres de l’usine de Saint Germain Laval dans la Loire, où à été fabriqué (et d’ailleurs toujours en activité, pour Panhard), et quel bonheur pour un petit garçon de voir ces engins garés fièrement devant l’usine. Les couleurs étaient cette très militaire mais de les apercevoir évoluer dans leur milieu de prédilection en passant en vélo reste un souvenir à jamais graver dans ma tête.
Un grand merci pour votre article et tous ses souvenirs remémorer, et longue vie à BR!!!

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