B Engineering Edonis : la malédiction du V12 Bugatti

Mardi 4 octobre 2016
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Il y a des petits constructeurs qui arrivent à tirer leur épingle du jeu sur le marché des supercars, comme Pagani, ou bien Koenigsegg (lire aussi : Koenigsegg), à force d’effort, de bonne gestion ou de chance. Et d’autres qui, malgré la qualité évidente de la voiture, n’arrivent pas à survivre : c’est le cas de B Engineering avec sa fameuse Edonis…

Le prototype Edonis
Le prototype Edonis

Car si l’on peut lire à droite ou à gauche que 21 exemplaires de cette supercar dérivée en partie (châssis, moteur) de la Bugatti EB110 (lire aussi : Bugatti EB110), il ne s’agit en fait que des ambitions de B Engineering à l’époque : 21 exemplaires pour le 21ème siècle. Ce chiffre ne sera en réalité jamais atteint, avec seulement 2 véhicules construits en plus du prototype. A croire qu’il existe une scoumoune pour le V12 Bugatti.

Les rétroviseurs disparaîtront du prototype, avant de reparaître de façon plus traditionnelle
Les rétroviseurs disparaîtront du prototype, avant de reparaître de façon plus traditionnelle

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Pourtant, l’idée de départ de Jean-Marc Borel (qui fut à l’origine de la re-création de Bugatti avec Romano Artioli) et de Nicola Materazzi (directeur technique de Bugatti) n’est pas idiote : embaucher un certain nombre d’anciens de Bugatti (en tout 22 salariés) et faire évoluer l’EB110 vers une GT plus moderne, plus évoluée, ultra-performante et …ultra-chère (760 000 euros tout de même) ! Si les derniers châssis fabriqués par Bugatti avaient été vendus à Dauer pour produire l’EB110S (lire aussi : Dauer EB110 S), c’est bien la même base (refabriquée par l’Aerospatiale) mais retravaillée par Materazzi qui servira à l’Edonis : il s’agit désormais d’une monocoque en fibre de carbone.

L'Edonis en cours de fabrication
L’Edonis en cours de fabrication

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Côté moteur, c’est aussi le V12 Bugatti qui s’y colle, mais ré-alésé à 3.8 litres (contre 3.5 à l’origine), et doté de 2 gros turbos au lieu des 4 petits initiaux. Côté transmission, adieu l’efficace mais lourde et compliquée transmission intégrale, et retour à la stricte propulsion, pour encore plus de caractère. Pour ce qui est des pneumatiques, l’Edonis utilise les fameux PAX de chez Michelin, développés pour… la Bugatti Veyron (qui à l’époque n’était pas encore sortie, c’est donc l’Edonis qui les étrenna).

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Le design est signé d’un français, Marc Deschamps, un ancien de chez Bertone. On aime ou on n’aime pas, et je le trouve, personnellement, un peu torturé, et manquant de grâce, mais sûrement pas de caractère. Le dessin évoluera entre le prototype et les deux exemplaires fabriqués : ainsi, les rétroviseurs placés en haut des portes retrouveront une place plus classique sur les modèles « de série ».

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Comme tout fabricant italien de supercars qui se respecte, c’est à Modène que la petite équipe s’est installée en 1999, pour présenter enfin au public leur Edonis (son nom n’est pas du au hasard) en 2001. Dès lors, l’Edonis va faire le tour des salons de la planète, notamment grâce à Michelin qui l’emmènera sur ses différents stands (Genève, Tokyo, Mexico, Le Mans). Le business model de B Engineering est simple : vendre ses 21 voitures, et entretenir les Bugatti EB110 GT et Supersport. C’est aussi B Engineering qui fera en sorte que l’EB112 de Gildo Pallanca-Pastor, le patron de Venturi, puisse rouler (lire aussi : La Bugatti EB112 de Gildo Pastor).

L'Edonis à Tokyo grâce à Michelin (en haut) et présentée en Turquie pour une éventuelle fabrication locale (en bas)
L’Edonis à Tokyo grâce à Michelin (en haut) et présentée en Turquie pour une éventuelle fabrication locale (en bas)

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Oui mais à ce prix là, l’Edonis ne séduit pas. Trop chère, trop marquée Bugatti peut-être, dans un contexte économique délicat, et alors que le marché des supercars s’était structuré, l’Edonis ne percera jamais, et seuls deux exemplaires seront mis à la route. On est loin des 21 exemplaires produits. Dès lors, B Engineering ne pouvait pas survivre. Les informations sur la suite de l’aventure ne sont pas très claires. On parle d’une relance de la production en 2006 en Turquie, tandis que le site de la marque est relancé en 2013 (et toujours actif, voir aussi : www.bengineering.it).

En haut, des Bugatti EB110 à l'entretien chez B Engineering, et en bas, la mise en route de l'EB112 de Gildo Pastor
En haut, des Bugatti EB110 à l’entretien chez B Engineering, et en bas, la mise en route de l’EB112 de Gildo Pastor

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Autant vous dire qu’il sera sans doute plus facile de se procurer une Bugatti EB110, voire même une Dauer EB110S, que cette Edonis rarissime. Mais si vous avez du temps, de la patience, beaucoup d’argent et la farouche volonté d’en posséder une, nul doute que vous arriverez à dénicher l’un des deux exemplaires fabriqués. Sinon, vous pouvez toujours rêver devant les photos de cet article, ça ne fait jamais de mal.

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10 commentaires

Kev.b

Le 04/10/2016 à 10:17

Un magazine français auto live il me semble avait fait le supercar rallye à son bord. Supercar rallye un gumball sans la folie, légal et qui fut vite oublié.

Jorge

Le 05/10/2016 à 01:01

Ce fut Sport Auto

Benjamin

Le 04/10/2016 à 10:25

Merci bien ! 😉

Torvi

Le 04/10/2016 à 14:26

C’était Sport Auto qui avait fait ce rallye et qui avait mesuré les performances de l’Edonis (qui détient toujours leur record de v-max).

Greg

Le 04/10/2016 à 16:40

Pour vendre une auto à ce prix là, il faut:
-séduire
-rassurer.
L’Edonis n’est pas spécialement jolie, elle ne suscite pas le coup de cœur qui permettrait d’outrepasser la deuxième réserve:
Rassurer? Sans pedigree, pas de passé, pas d’avenir?
760.000€ c’est une sacrée somme et si une Ferrari -au hasard…- se révèle toujours être un bon placement à long terme, l’Edonis sentait le bouillon… financier!
Quelle valeur à la revente au bout de 3 ans, durée de possession généralement constatée pour ce genre d’auto?…
La Gumpert Apollo a connu le même destin, malgré la caution morale de Quattro Gmbh, comprenez Audi, dont était issu Roland Gumpert.
Les Pagani et Koenigsegg se vendent, elles, à des tarifs totalement délirants et sans avoir démarré avec une plus grande « légitimité » mais après tout, tant mieux pour eux!!!
Mais là, on parle d’autos dont la séduction au premier coup d’oeil est un peu plus évidente, et puis savoir que Mercedes assure les arrières de votre coûteuse Zonda est sacrément rassurant au moment de signer le bon de commande!

wolfgang

Le 04/10/2016 à 17:07

Le parebrise et le cockpit sont très bien dessinés. L’arrière est pas mal non plus. Mais le reste est trop torturé en effet, surtout la partie avant.

Clément

Le 07/10/2016 à 11:45

Oh un Article sur l’Edonis ! Belle initiative !

Merci

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