Bentley R-Type Continental : pour se distinguer de Rolls-Royce

Publié le jeudi 5 décembre 2019.
Mis à jour le jeudi 16 janvier 2020.
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Pour les 100 ans de la marque Bentley, voici le 3ème article d’une série de 10 présentant un modèle de chaque décennie.

Avec la Mark VI, Bentley initiait la politique de gémellité avec Rolls-Royce (la Silver Dawn en était dérivée). La R-Type, elle, poussait encore plus loin le concept, mais s’offrait une version spécifique appelée Continental lui permettant de se démarquer de sa marque sœur et de continuer à affirmer le caractère plus sportif de la marque. Cette Continental sera la première d’une longue série de coupés qui mèneront à la Continental GT, objet de la relance sous la houlette de Volkswagen. Retour sur la première d’une lignée.

Le prototype de la Continental, dénommée Olga, en 1951

Depuis 1931, Bentley est sous la coupe de Rolls-Royce qui, petit à petit, prendra le parti de réduire les différences entre les modèles de l’une ou l’autre marque. La Mark VI s’offrait ainsi un châssis raccourci de Silver Wraith tandis que la Silver Dawn, dédiée au marché américain, dérivait de la Bentley. La R-Type, lancée en 1952, remplace la Mark VI mais n’est qu’un modèle de transition, en attendant la S-Type (plus connue sous le nom de S1) qui sera lancée en 1955. Cet état de fait explique qu’elle ne soit qu’une évolution de la Mark VI, un peu plus grosse et un peu plus logeable, mais sensiblement identique. 

Un dérivé coupé nommé Continental

La vraie nouveauté, avec la R-Type, concerne donc son dérivé coupé “haute performance”, la Continental. Dès 1951, sous la direction d’Ivan Evernden, les équipes de Rolls-Royce et Bentley font rouler un prototype surnommé Olga à cause de son immatriculation (OLG-490). Alors que Rolls-Royce dispose d’un carrossier “maison”, Park Ward, c’est à Mulliner (pas encore intégré au groupe, il faudra attendre 1959) qu’on s’adresse pour développer et produire la carrosserie du nouveau bolide. Comme d’autres à la même époque (Touring en Italie avec sa technique Superleggera), Mulliner a développé un procédé de fabrication “tout acier” permettant de se passer de structure en bois de frêne et c’est bien ce qui intéresse Rolls-Royce en l’espèce.

Si la Continental n’innove pas (elle dérive donc d’une certaine manière de la Mark VI), elle introduit le “tout acier” et impose Bentley comme le pourvoyeur de carrosserie coupé du groupe anglais (même si Rolls en proposera aussi de temps en temps, soit dérivée de Bentley, soit spécifique comme la Camargue, mais sans en faire une marque de fabrique). 

La sportive de la marque

Comme la R-Type, la Continental récupérait le 6 cylindres en ligne de la Mark VI, mais réalésé de 4 ¼ à 4 ½ Litre (en réalité 4 566 cc) ) double carburateurs SU développant une “puissance suffisante” et non dévoilée. En revanche, le taux de compression est augmenté par rapport à la berline ce qui lui permet de tutoyer les 150 chevaux. La transmission est essentiellement manuelle (à 4 rapports) tandis que l’automatique est en option. C’est d’ailleurs la dernière Bentley à recevoir une boîte de vitesse manuelle : à partir de la S1, l’automatique deviendra la norme.

L’unique Continental carrossée par Pininfarina

C’est à Crewe que les châssis et les éléments mécaniques sont tout d’abord fabriqués et assemblés, avant d’être envoyés chez Mulliner pour recevoir leur carrosserie spécifique. Quelques autres carrossiers proposeront leurs version en de rares exemplaires (6 chez Park Ward, filiale de Rolls-Royce, 5 chez Franay, carrossier à Paris à qui l’on devra la 15/6H de René Coty, 3 chez Graber en Suisse, et 1 chez Pininfarina). Au total, 207 voitures seront produites (en plus du prototype Olga) entre 1952 et 1955 (à partir de 1954, elles reçoivent un moteur porté à 4,9 litres), essentiellement diffusées en Grande-Bretagne.

La R-Type Continental n’est pas la plus recherchée des Bentley, mais c’est elle qui inaugure la spécificité de Bentley par rapport à Rolls-Royce à partir des années 50 : sportivité et carrosserie coupé. Elle aura par la suite une longue descendance, chaque modèle Bentley bénéficiant de son dérivé Continental (jusque dans les années 90 avec les Continental Turbo R, S, T et SC). Avec la définitive prise de contrôle par Volkswagen, c’est cet héritage qui sera mis en avant avec le lancement de la Continental GT. La R-Type Continental est donc un marqueur essentiel de l’identité Bentley, ce qui la rend encore plus séduisante.

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