Bentley T1 Coupé Special Pininfarina: les prémices de la Camargue !

Publié le mercredi 12 août 2015.
Mis à jour le vendredi 5 juillet 2019.
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En écrivant l’article sur la Rolls Royce Camargue, je m’étais demandé quelle mouche avait donc piqué Rolls pour accepter un tel projet (lire aussi : Rolls Royce Camargue). En fouillant un peu plus, je m’étais rendu compte qu’il se s’agissait pas du premier méfait du carrossier italien sur une anglaise. Il s’était en effet déjà fait la main sur une Bentley T1, devenant « Coupé Special » pour l’occasion.

Coupé 05

Même si la fin des « châssis séparés » a signé le déclin des carrossiers « à l’ancienne » (travaillant sur un châssis nu), il existait encore dans les années 60 des gens suffisamment fortunés pour exiger un véhicule spécifique : même une Bentley de série reste « populaire » aux yeux de certains. De façon amusante, cette mode revient en force aujourd’hui chez les riches avec le « bespoke » : tous les constructeurs haut de gamme disposent désormais d’un département « commandes spéciales ».

Coupé 04 classicdriver(dot)com

Bref, en 1967, Lord James Hanson, un anglais qui non seulement avait séduit Audrey Hepburn dans les années 50 mais avait aussi fait fortune avec son associé Gordon White dans le business des crtes de vœux (avant de se diversifier dans toutes sortes d’activités avec le groupe Hanson Trust), décida qu’une Bentley T1 2 doors serait une bonne base pour un véhicule spécifique dessiné par Pininfarina. Il passe donc commande au carrossier italien, qui achèvera la commande juste à temps pour le Salon de Turin 1968. Elle porte le numéro de série PF917 (PF pour Pininfarina of course!) et le numéro de châssis #CBF4033.

Coupé 03

C’est au chef du département design de l’italien, Paolo Martin que fut confiée la commande. Lui qui donnera naissance au fabuleux coupé Fiat 130 (lire aussi : Fiat 130 Maremma), il fut pourtant bien moins inspiré par cette commande spéciale. Partant d’une base (la Bentley T1, quasi identique à la Rolls Royce Silver Shadow) plutôt jolie, même dans sa version deux portes, il réussit à rendre une copie beaucoup moins inspirée. Sa face avant perdait de son expression avec l’ajout de phares rectangulaires, et le « Coupé Special », tel qu’il fût nommé, gagnait en lourdeur tout en perdant ses courbes pour des lignes plus tendues et carrées. Ces modifications faisaient doubler le prix d’une T1 standard tout de même. Je vous laisse juge.

Coupé 06

Malgré cela, les dirigeants de Rolls Royce furent impressionnés (incroyable mais vrai!) au point de confier à Pininfarina la réalisation du grand coupé moderne que devait être la Camargue. Comme quoi ! Le « Coupé Special » évoluera un peu au fil des ans, recevant en 1971 le V8 de 6,7 litres en lieu et place du 6,2 litres. Il recevra ensuite en 1978 et 1979 les spécifications et modifications de la Bentley T2, notamment une boîte auto 3 vitesses d’origine GM.

Coupé 01

Aujourd’hui, le vieux Coupé Special réapparaît de temps en temps dans les ventes aux enchères. Restez donc aux aguets si vous voulez vous offrir un modèle original, unique, et signé Pininfarina. Bien plus classe qu’une Camargue avouez-le, même si le dessin a du mal à passer (mais chacun ses goûts hein!)

Images: Classicdriver.com

 

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1 commentaire

J2M

Le 12/08/2015 à 17:08

Oh God !
En général ce genre de brouillon très… brouillon permet d’accoucher d’une oeuvre définitive, un peu comme la chenille et le papillon, etc, etc…
Récemment revue à Paris, une Camargue blanc cassé intérieur rouge m’a confirmé que les stylistes italiens peuvent dessiner des Volks avec succès, des Béhèmes (à la rigueur) ou des françaises (urgence signalée), mais surtout pas des anglaises.
La Camargue est finalement moins pire !
C’est curieux, de trois-quart arrière, on dirait une Opel Rekord des sixties.
Sorry, je retourne fantasmer et placer une enchère (virtuelle hélas) sur la 500E.
See you !

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