Bimota : la quintessence de la moto artisanale italienne

Publié le mardi 8 avril 2014.
Mis à jour le jeudi 20 juin 2019.
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Allez savoir pourquoi l’Italie a pris cette place si particulière dans l’industrie automobile mondiale. Ferrari, Maserati, Pagani, Lamborghini, Pininfarina, Alfa Roméo et j’en passe ? Plus étonnant, cette place particulière, l’Italie l’a aussi dans le monde de la moto, avec Ducati, Cagiva, Agusta, Piaggio et bien sûr Bimota. On apprend aujourd’hui la mort de Massimo Tamburini, après une lutte contre le cancer, et c’est le monde de la moto qui est en deuil. C’est l’occasion pour moi de vous présenter brièvement la marque qu’il avait créé dans les années 60, Bimota.

Comme souvent dans ces aventures, c’est le hasard et la passion qui change le destin des hommes et des entreprises. Bimota, créée par Valerio Bianchi (BI), Giuseppe Mori (MO) et Massimo Tamburini (TA), n’est au départ qu’une entreprise de chauffage et de climatisation. Passionné de moto, Tamburini fera d’une mésaventure une fabuleuse histoire : après avoir fait une sortie de route sur circuit avec sa Honda personnelle en 1973, il décide d’en améliorer la stabilité en créant de toute pièce un cadre, confectionné à base de tube de chauffage (évidemment!). La Bimota HB1 était née. Comme souvent, l’affaire n’en reste pas là, car un pilote suisse remarque la moto et demande à Tamburini d’en fabriquer une deuxième, avec laquelle il gagnera une première course. Bimota Meccanica était née.

La passion prend le dessus, Bianchi quitte l’aventure et les deux associés restant abandonnent le métier de chauffagiste pour se dédier à la moto de course, obtenant une première victoire en Grand Prix de vitesse en 1974. La HB1 continuait d’être vendue au compte goutte à quelques clients, mais ce n’est qu’en 1976 que sort la véritable première moto de route de Bimota, la SB2, vendue en kit, puis la KB2, entièrement montée dans la petite usine de Rimini.

Petit à petit, Bimota prend sa place dans l’industrie mondiale de la moto, mêlant compétition, innovation technique, et exclusivité. La marque atteint la consécration en 1980 avec le titre de champion du monde de vitesse de son pilote Jon Ekerold. Bimota connaît une première crise en 1983 avec le départ de Tamburini pour Cagiva en 1983. La marque perd l’un de ses fondateurs, mais aussi son technicien. Il sera remplacé par Federico Martini, qui reprendra le flambeau avec succès.

Dans les années 90, Bimota connaît son premier vrai best seller avec les SB6 et SB6R (1744 exemplaires entre 1994 et 1998). Ces chiffres de production record pour Bimota, mais finalement modestes, prouvent son statut artisanal. D’ailleurs, Bimota, au fil des ans, est toujours sur le fil du rasoir et n’a pas le droit à l’erreur. Aussi, Bimota ne se remettra pas des problèmes de fiabilité de sa nouvelle V-Due qui l’obligèrent à racheter les premiers modèles vendus. En 2001, Bimota dépose le bilan, et ne renaîtra que 4 ans plus tard sous l’impulsion d’un industriel, Roberto Comini. Bimota se relance avec la SB8K, puis les DB5 et DB6 à moteur Ducati. En 2013, la petite marque italienne est revendue à des investisseurs Suisses. La marque est sauvée et peut s’engager en Superbike pour 2014.

Pour beaucoup Bimota est la quintessence de la moto artisanale italienne, une marque élitiste, sans concession, innovante (fourche téléscopique notamment), et destinée à des amateurs avertis.

http://www.bimota.it/

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2 commentaires

Englebert

Le 20/11/2015 à 09:32

Bonjour,
Facile de décoder: la première lettre du code = l’origine du moteur: H=Honda, Y= Yamaha, etc
😉

Jérôme Bohame

Le 12/08/2016 à 12:33

Bimota c’est aussi la Tesi, une des rare moto dépourvue de la traditionnelle fourche télescopique.
Malheureusement, le côté artisanal et la nonchalance italienne font que les importateurs et leurs clients ont toujours du mal à communiquer avec l’usine.
BMW ne fournissant plus de moteurs de S 1000 RR à obligé Bimota à vendre en kit ses châssis de BB3 fabriqués pour l’homologation en SBK.
Si on ajoute à ces divers soucis les soupçons de servir de façade à l’église de scientologie et le départ récent de Marconi, peu de temps après son retour, Bimota reste une marque dans la tourmente…

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