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BMW 3200 CS : un haut de gamme si discret

Lundi 1 juillet 2019
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A la fin des années 50, BMW n’est pas encore la marque florissante que l’on connaît aujourd’hui. La berline 501 est déjà dépassée, tout comme le cabriolet 502 et le coupé 503. La 507 est superbe, mais bien trop chère pour percer sur le marché concurrentiel des voitures de luxe. Pour survivre, la marque à l’hélice produit aussi la petite Isetta sous licence, une “voiturette” à 100 lieues de l’image de luxe que BMW cherche à véhiculer, et aux marges réduites. Heureusement, le Dr Quandt, déjà actionnaire, rachète la marque au nez et à la barbe de Mercedes. BMW, disposant enfin de financement, peut se développer avec deux modèles : la “petite” 1500 dite “Neue Klasse” et un joli coupé dessiné par Giugiaro chez Bertone, la 3200 CS qui nous intéresse aujourd’hui.

Prototype BMW 3200 CS de 1961
Le prototype présenté à Francfort en 1961

Alors que la 1500 s’apprête à changer la destinée de la marque avec une voiture de classe moyenne, mais plutôt haut de gamme dans la catégorie, dynamique voire sportive dans ses déclinaisons futures (1600, 1800 puis les fameuses 2000 jusqu’à la 2002 ti). Pourtant, BMW ne veut pas abandonner le haut de gamme. L’essentiel des moyens étant affecté au développement de la 1500, BMW va donc jouer la carte du design en faisant appel aux designers italiens de chez Bertone, et en particulier un petit jeune qui débute, Giorgietto Giugiaro. 

La BMW 3200 CS de 3/4 avant

3/4 arrière de la BMW 3200 CS

Remplaçant le coupé 503 dont la production avait stoppé en 1959, la 3200 CS en reprend le profil et présente une certaine continuité stylistique. Pourtant, le dessin habile de Giugiaro le rend beaucoup plus moderne et désirable. Si la 503 est une voiture des années 50, la 3200 CS, elle, semble être totalement en phase avec les sixties. Elle inaugure, en outre, ce qui sera un signe distinctif de BMW jusqu’à aujourd’hui : le fameux “pli Hoffmeister”. Wilhelm Hoffmeister est le responsable du design depuis 1955, et on lui attribue l’idée de ce pilier C revenant à sa base vers l’avant. Ce trait caractéristique prendra son nom, bien que certains en attribuent la paternité à Giugiaro… 

Un intérieur restauré de BMW 3200 CS
Un intérieur restauré de BMW 3200 CS

Un intérieur restauré de BMW 3200 CS

Si le dessin est particulièrement réussi et moderne, c’est un peu moins vrai pour la partie technique puisque la 3200 CS récupère les dessous de la 503 à laquelle elle succède. Elle devient par là même la dernière BMW à châssis séparé, la 1500 introduisant la coque autoporteuse. De conception ancienne, elle bénéficie cependant du V8 “OHV” lancé en 1954 et poussé ici à 3,2 litres (d’où le nom du modèle) et 160 chevaux tout de même. Présentée au salon de  Francfort en 1961, elle passe presque inaperçue sur le stand : la faute à la vraie vedette du salon, la petite soeur 1500 qui révolutionne la berline compacte. Difficile pour la 3200 CS de rivaliser malgré son design plaisant et moderne.

BMW 3200 CS bordeaux, une couleur d'époque

Un intérieur restauré de BMW 3200 CS

Il faut dire que la 1500 est une voiture dont le public peut raisonnablement rêver tandis que la 3200 CS semble inaccessible. Elle vaut d’ailleurs 50 % plus cher que sa soeur la berline 3200 S. Normal, les carrosseries étaient fabriquées en Italie, chez Bertone, puis expédiées à Munich pour l’assemblage final. Les suspensions à double triangulation à l’avant et barres de torsion coûtaient relativement cher, expliquant ce surcoût. Pourtant, elle ne disposait que d’une boîte de vitesses à 4 rapports, contre 5 chez Mercedes par exemple. 

L'unique BMW 3200 CS Cabriolet réalisée en 1962 en l'honneur du Dr Quandt
L’unique BMW 3200 CS Cabriolet réalisée en 1962 en l’honneur du Dr Quandt

En 1965, la décision est prise : la 3200 CS tire sa révérence après seulement 603 exemplaires produits (on parle même de moins de 600, selon les sources). Avec elle disparaît aussi le V8. Il faudra attendre 1993 pour voir réapparaître un V8 dans une premier temps sous le capot de la série 8. Elle n’aura pas tout de suite de descendance, BMW se concentrant sur l’immense succès de la Neue Klasse au point de se trouver à l’étroit dans ses propres usines. Elle rachète alors la marque Glas en 1966, trouvant dans l’escarcelle un nouveau coupé à moteur V8, qui deviendra la BMW 3000 GT durant deux années de production. La vraie succession n’arrivera qu’en 1968, avec le superbe coupé 2800 CS (E9).

BMW 3200 CS vue de 3/4 avant

La BMW 3200 CS est méconnue aujourd’hui, y compris auprès des collectionneurs. Même à l’époque, elle était passée inaperçue au point de n’avoir jamais été testée par la presse automobile allemande. Sans parler de BMW elle-même, qui n’a jamais cherché à pousser son modèle, obnubilée par le succès de la 1500 et ses dérivés. Rare à l’époque, elle l’est encore plus aujourd’hui puisqu’on estime qu’il en reste à peine plus de 100. Pourtant, avec son style italien, son V8 relativement puissant et son exclusivité, elle pourrait bien séduire les amateurs de modèles méconnus et fondateurs.

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Caractéristiques techniques

CLASSIC

BMW 3200 CS

1962 - 1965

Motorisation

Motorisation V8
Cylindrée 3 169 cc
Alimentation Double carburateur
Puissance 160 ch à 5 600 trs/min
Couple 240 Nm à 3 600 trs/min

Dimensions

Longueur 4 380 mm
Largeur 1 720 mm
Hauteur 1 460 mm
Poids à vide 1 500 kg

Transmission

Roues motrices Arrière
Boite de vitesses BVM à 4 rapports

Performance

Vitesse max 200 km/h
0-100 km/h 14 s
Production 603 ex

Tarif

Cote 2018 (LVA) 75 000 euros

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