BMW M635 CSi / M6 : la bourgeoise encanaillée !

Publié le dimanche 15 juin 2014.
Mis à jour le jeudi 4 juillet 2019.
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En ce début des années 80, les constructeurs allemands proposent toujours un coupé bourgeois de leurs grandes berlines. Chez BMW, cela donne la série 6, qui a quelque chose d’un peu français puisqu’elle a été dessinée par le célèbre designer Paul Bracq. La série 6 est avant tout un coupé confortable et spacieux, mais sûrement pas une sportive, ne proposant que des 6 cylindres assez sages, le 2,8 litres de 184 ch (628i) et le 3,5 litres de 218 ch (635i).

M6 03

Contrairement à Mercedes, BMW décide de donner à sa série 6 une version plus sportive, qui sera fabriquée pas sa filiale Motorsport à partir de 1983 : la M635 Csi. En Amérique du Nord, elle prendra le nom de M6. Le coupé élégant et discret des beaux quartiers semble avoir enfiler son jogging (jupes et bas de caisses, double sortie d’échappement centrale, logo Motorsport).

M6 01

Bien sûr, trains roulants et suspensions ont été modifiés et optimisés, mais le vrai changement se trouve sous le capot. Pour offrir des performances uniques, la M635 Csi s’offre un moteur exceptionnel : le fameux 6 cylindres en ligne M88, issu de la fabuleuse M1 (première sportive made by Motorsport). Mieux, il gagne en chevaux puisqu’il propose 286 ch contre 277 pour la M1.

M6 11

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Grâce à ce moteur spécifique, la M6 gagne encore en exclusivité puisqu’elle sera la seule à bénéficier de ce moteur. La seule ? Pas tout à fait puisqu’une étonnante 745i sud-africaine bénéficiera elle aussi, en toute discrétion, de ce moteur (lire aussi : BMW 745i M88 sud-africaine).

M6 13

Exclusivité oblige, la M635 Csi sera fabriquée au total à 5855 exemplaires entre 1983 et 1989, dont un bon tiers seront exportés vers les Etats-Unis (les fameuses M6). En France, seuls 196 exemplaires ont été vendus, ce qui en fait une vraie rareté ce qui, outre ses performances, explique une côte assez élevée (entre 20 et 35 000 euros selon l’état du véhicule).

M6 14

En tout cas, j’aime assez cette grande bourgeoise encanaillée, avec sa gueule de squale typique des Béhèmes de cette époque là. Et puis l’exclusif M88 vaut le détour, tandis que les plus chauvins pourront se justifier de son dessin français (cocorico!).

 

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9 commentaires

Dabe

Le 15/06/2014 à 20:36

Deux petites remarques. Le dessin doit presque plus à Bob Lutz qu’à Paul Bracq. Et le M88 était disponible sur la M5 E28 à partir de 1985.

Paul

Le 16/06/2014 à 11:07

Exact bien vu, la M5 E28 fut bien équipée du M88 en Europe et en Sudaf, mais pas aux States. Well done

Greg

Le 26/10/2015 à 14:29

Je rebondis sur cet post à partir de l’article consacré à la M8.
La M632 CSi, malgré un positionnement « bourgeois » et un gabarit généreux -ses concurrentes naturelles étaient la Porsche 928S et la Jaguar XJS V12- s’est offert un joli petit palmarès en sport auto.
On l’ a vue en nombre dans le championnat Production français, elle s’est aussi illustrée dans le championnat d’Europe de la Montagne (Francis Dosières, champion du groupe A en 1985) et en championnat d’Europe de Tourisme: victoires aux 24H de Spa en 1983, 1985 et 1986!
C’est justement en 1986 que la M3 « E30 » fut présentée.
Avec un 4 cylindres de seulement 2,3l qui tournait le dos à la tradition maison des 6 cylindres, la « petite nouvelle » fut accueillie assez fraichement.
On ne mesurait pas l’ampleur du tsunami qui allait déferler en groupe A et la M635 CSi allait être rapidement poussée vers les vestiaires… après une carrière courte, mais fructueuse!

Paul

Le 26/10/2015 à 14:30

Merci pour ces intéressantes précisions, surtout que j’avoue mon incompétence en sport automobile 😉

Greg

Le 26/10/2015 à 15:31

Avec plaisir!
A cette période là, la revue Échappement était mon livre de chevet!

Chris

Le 26/10/2015 à 23:19

J’ai eu cette auto pendant 6 ans et 30.000kms, c’est en plus une excellente familiale, dont l’entretien n’est ni délicat, ni élevé par rapport à du haut de gamme BMW (très peu d’électronique, mécanique finalement simple pour nos standards et très bien construite).

Remarques :
– La plupart des modèles représentés en photo sont des série 6 mais pas des M635
– Le M88 a été installé dans l’excellente M535 tout aussi rare
– En groupe A, les célèbres série 6 (reproduites en miniature) étaient des 635 pas des M635, grosse nuance… la M635 malgré sont moteur de voiture de course, n’a pas de palmarès significatif (arrivée trop tard), mais je ne demande qu’à être contredit (j’ai trop aimé cette auto)

Marc

Le 19/04/2016 à 18:31

Non, les photos sont bien des M635csi (spoiler spécifique, élargisseurs d’ailes, jantes et pneus TRX).
Du coté des E28, la M535i avant le 3.5 normal (12 soupapes / 218 cv). Seule la M5 avait le M88 (24s / 286 cv).

Paul

Le 19/04/2016 à 18:33

Pour être honnête, je me suis aperçu moi aussi que des 635CSi basique s’étaient glissées dans les photos, j’ai donc relifté l’icono… 1 partout balle au centre 😉

prévot pascal

Le 21/03/2017 à 14:24

Excellent article. Je remarque combien les amateurs de ces merveilles de l’Histoire de l’Automobile sont peux nombreux à commenter; ce qui n’est pas plus mal en somme. J’ignore si certains l’ont remarqué, mais la M6 illustrée en gris est l’un de deux tout derniers exemplaires destinés au marché nord-américain, le Canada plus précisément. Ils avaient l’exclusivité d’être, en outre, construits selon les spécifications du modèle E24 de 1989. Un modèle d’une rareté inouïe, d’autant plus en gris métallisé (l’autre exemplaire était sorti de l’usine en blanc). Peut-être même (certainement) la BMW de série la plus exclusive de toute l’histoire de la marque. Plus rien à voir avec ce que les modèles sont devenus aujourd’hui (mauvaise politique commerciale, manque d’authenticité de la marque jadis prestigieuse, etc …). Elle disposait, hélas, du moteur M88/3 catalysé à 256 cv).

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