BMW Série 3 E21 : le délicieux parfum des années 70

Vendredi 29 janvier 2016
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En ce moment, traîner sur les groupes Facebook ou les forums automobiles donne l’impression qu’en dehors de la BMW E30, point de salut. Au point d’éclipser sa glorieuse devancière, l’E21, pourtant tout aussi intéressante, mais sans doute plus marquée 70’s ! Plus spartiate aussi, et manquant peut-être d’un dérivé sportif emblématique comme put l’être la M3 pour l’E30 (lire aussi : BMW M3 E30 Cabriolet). Pourtant, sans l’E21 et son énorme succès, l’E30 n’aurait sans doute pas été la même.

Une belle 316 dans une joie couleur vert pomme !
Une belle 316 dans une joie couleur vert pomme !

Si beaucoup identifient BMW à ses grandes et grosses berlines, série 5 ou série 7, c’est à la série 3 et à ses ancêtres qu’elle doit sa puissance et sa bonne santé aujourd’hui. D’ailleurs, sans la 1500, ancêtre des 02, E21, E30 ou E36, BMW n’aurait sans doute pas survécu (lire aussi : BMW 1500). Autant le dire tout de suite, le poumon de Béhème, c’est bel et bien sa « petite » berline, ce cœur de gamme qui a forgé son image, fait rentrer du cash, et permit à chacun de goûter à la propulsion, et à de beaux moteurs, notamment le 6 en ligne.

Une 320 à 'attaque dans la montagne !
Une 320 à l’attaque dans la montagne !

C’est sans doute là le coup de génie de la Série 3 E21, par rapport à ses devancières : offrir des L6, chose pas courante à ce niveau de gamme. Bien sûr, il faudra attendre deux ans après sa sortie en 1975 (soit 1977) pour voir apparaître ces moteurs sous le capot, en deux versions (320/6 de 2 litres et 122 ch, et 323i de 2,3 litres et 143 ch). D’ailleurs, sur les 1 354 961 exemplaires d’E21 fabriqués entre 1975 et 1984, 407 552 exemplaires seront des L6, soit plus que le modèle d’attaque 316 (vendu à 337 034 exemplaires).

En haut de la gamme E21 se trouve la 323i
En haut de la gamme E21 se trouve la 323i

Ces quelques chiffres illustrent bien ce qu’apportait l’E21 et BMW à l’époque : un certain standing dans une voiture aux dimensions plus réduite ; un plaisir de conduire étonnant à ce niveau de gamme ; une image différente de celle des voitures « à papa ». C’était ça la vraie nouveauté de l’E21, le coup de génie marketing qui mettra à l’abri béhème des soubresauts du marché : l’E21 initiait le standing et le sport dans un petit gabarit, le tout vendu plus cher que ses concurrentes, mais bien moins cher qu’une série 5 E12 sortie en 1972 ! Dès lors, toutes les marques dites premiums aujourd’hui suivront ce précepte : Mercedes d’abord, puis bien sûr Audi !

La 315 sera la dernière des E21 produites, alors que l'E30 était déjà sortie !
La 315 sera la dernière des E21 produites, alors que l’E30 était déjà sortie !

Au cœur même de la gamme E21, le principe est identique : les flagships à 6 cylindres permettent de vendre cher des voitures moins équipées et moins performante, de la 316 d’entrée de gamme (1.6 litre et 90 ch, puis 1.8 litre et 90 ch en 1980), à la 320 (à 4 cylindres celle-ci, 2 litres et 109 ch) et 320i (2 litres injection et 125 ch), en passant par la 318 apparue en 1977 (1.8 litre et 98 ch, puis 318i avec l’injection et 105 ch en 1980) voire la spartiate 315 (présentée en 1981, 1,6 litre et 75 ch). Les 320 et 320i disparaîtront en 1978 pour laisser la place en haut de la gamme aux deux L6 320/6 et 323i. Comme vous pouvez le voir, il y en a eu pour tous les goûts, et l’aura des L6 permettra de vendre relativement cher des 315 et 316 ! La méthode BMW !

Une belle 323i restaurée chez BMW Heritage !
Une belle 323i restaurée chez BMW Classic !

Si l’E21 reste dans la même veine stylistique que la 2002 précédente (initiant une tradition de lente évolution du design chez BMW, jusqu’à l’arrivée de Chris Bangle!), elle paraît, et c’est bien logique, beaucoup plus moderne, reprenant à son compte l’avant de requin de l’E12 (« shark nose »), avec juste ce qu’il faut d’agressivité sans rentrer dans l’outrance. Un dessin équilibré et valorisant, surtout si l’on considère que la concurrence française s’appelle Peugeot 304 ou Renault 12 ! Et pourtant, l’E21, contrairement à l’E30, ne proposera jamais de variante à 4 portes !

323 02

Si la gamme E21 restera moins développée que l’E30 (qui elle disposera de versions sportives, d’une berline 4 porte, d’un break et d’un vrai cabriolet, lire aussi : BMW Série 3 E30), on peut cependant en cherchant bien trouver quelques perles sportives (notamment chez Alpina, avec la B6 de 200 à 218 ch et la C1 avec 170 bourrins), et bien entendu, une version découvrable produite chez Baur à 4595 exemplaires (lire aussi : Baur).

Pas de cabriolet dans la gamme, mais une rare version découvrable signée Baur !
Pas de cabriolet dans la gamme, mais une rare version découvrable signée Baur !

En outre, l’E21 (et ses couleurs typiques) vous donnera un air dandy (à condition que la voiture n’ait pas été massacrée par du tuning sauvage), avec son indéfinissable charme venu tout droit des années 70. Ou bien un air gangster, tant on l’a vu servir de monture aux méchants dans les nombreux films policiers de ces années là ! Dans tous les cas, vous ne laisserez pas indifférent, tout en profitant de la rigueur teutonne (dont le seul ennemi semble être la rouille, ce qui est malheureusement classique des voitures de cette époque, fut-elle d’origine germanique), d’un environnement spartiate propice à la réflexion, et, peut-être, du son réjouissant du L6.

Pour une alternative sportive, il faudra se tourner vers Alpina, ici une B6 !
Pour une alternative sportive, il faudra se tourner vers Alpina, ici une B6 !

Restera la difficile quête d’en trouver une correspondant à vos souhaits, votre budget (les prix commencent à grimper), pas trop abîmée par le temps ou salopée par des barbares incultes et des apprentis Fangio. Mais le plaisir d’une voiture ne vient-il pas aussi de la difficulté à trouver la perle rare ?

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14 commentaires

prisonbreak

Le 29/01/2016 à 18:44

Bel article!!! Une de mes BM préférées, dans mon top 3 en 1 ère position.
La ligne est due à Paul Bracq, il me semble.

Jean

Le 29/01/2016 à 19:51

Un plaisir à lire, comme d’hab’.
L’engouement, en France du moins, semble en effet moins soutenu que la E30 mais elle est déjà culte depuis un bon moment chez les Anglo-Saxons (aussi bien UK que US). C’est une voiture un peu brute à conduire de nos jours et ce qui est bien c’est qu’il n’y a pas besoin de se procurer les versions de pointe pour se faire plaisir: un collègue a une 318 et c’est amplement suffisant (et abordable).

Les 6 cylindres sont en effet plus recherchés mais il est vrai que l’on atteint pas (encore) les « délires » E30 ou une 325i s’affiche à un minimum de 6000€ en bon état…

Pierre-Antoine

Le 29/01/2016 à 23:16

Merci ! Un plongeon charmant dans le passé. Ces autos ont décidément beaucoup de charisme, encore aujourd’hui. J’ai eu la chance de posséder une 323i pendant un moment au début des années 90, et c’était assez mythique. Impressionnante pour l’époque, surtout en ligne droite. Elle passait la barre des 180 km/h !! Barre hautement symbolique et si ridicule maintenant. Ça calme. Bon cela dit, chaussée des Pirelli P6 de l’époque, sur du gras ou des pavés humides, il fallait la jouer humble, car chaussée avec ces bouts de bois, je ne crois pas avoir connu pire savonnette depuis… L’hsitoire s’est finie un jour quand un %$^#{~ me l’a bousillée alors qu’elle était tranquillement garée, en venant s’encastrer dedans. Il n’a rien eu, mais ma « gueule de requin », ses doubles échappements et leurs son magique s’en sont allés à la casse. Gâchis.

Wolfgang

Le 29/01/2016 à 23:52

Voilà pourquoi j’aime les autos anciennes : on se fait plaisir autant qu’avec une auto neuve sauf qu’on roule beaucoup moins vite…
Pour avoir le même plaisir avec une BM neuve, il faut aller en prison ou sur circuit…

Cette BM ne m’a jamais enthousiasmé. Je trouve l’avant trop caricatural et agressif. Par contre j’aime beaucoup l’arrière. Je crois en effet que l’on doit le style à Paul Bracq, tout comme celui des séries 5 et de la magnifique 7.
Bracq est un vrai artiste et un génie du design auto qui n’est pas assez connu à mon goût. Il a fait des chefs d’oeuvres automobiles, en particulier pour les marques allemandes dont les images de marque lui doivent beaucoup. On parle toujours des stylistes italiens, pas assez de Bracq.

Stéphane Barbat

Le 30/01/2016 à 01:19

Merci pour cet article et ces belles photos! Si j’aime bien la E30, j’ai une préférence pour cette E21 et la pureté de son design en effet signé Paul Bracq, tout comme les premières série 5 (E12) et 7 (E23). Il était le directeur du design de BMW à l’époque. D’accord avec Wolfgang, on ne parle pas assez de Bracq !
En version 323i, c’était une auto très performante, avec en plus le son envoûtant du L6 ! Je l’achèterai peut-être un jour, elle fait d’ailleurs partie de mon TOP 20 des autos du 20ème siècle. L’article sur mon blog ici : http://buylesschoosewell.com/top-20-auto-du-20eme-siecle-14/

Medvejonoc

Le 30/01/2016 à 06:44

Mon père avait une e21, 3.23i. Il avait été à bonne école avec des Dauphine, 404/504 et autres Matra: de fait, il magnait sa « Béhème » à la perfection.

Blanche anonyme, équipée de la boite 5, des jantes TRX (celles de la photo devant le bar), et aussi de sièges Recaro (au maintien extra!)

Tous les prétextes étaient bons pour que je lui emprunte sa voiture, et il se prétait complaisamment au jeu! 🙂

Mis à part la ligne de la voiture et son double échappement à la sonorité si caractéristique (une 3.20 faisait pitié en comparaison, et ne parlons pas des V6 PRV), il y’avait aussi l’ambiance à bord, avec ce tableau de bord panoramique.

Et tout çà poussait « velu », une voiture avec du poil! Pas beaucoup d’éclairage la nuit, mais à chaque accélération çà illuminait le haut des arbres!…

J’ai eu des voitures plus performantes depuis (Audi quattro ou Porsche 911) mais celle-ci reste en bonne place dans mes souvenirs!

Alexandre

Le 30/01/2016 à 18:41

L entré de gamme ce n était pas plutôt la 315 au lieu de la 316

Paul

Le 30/01/2016 à 18:43

La 315 n’étant lancée qu’en 1981, la 316 reste donc l’entrée de gamme jusque là CQFD…

Stéphane Barbat

Le 30/01/2016 à 19:09

Oui la 315 de 1980 à 1983, un poumon de 75ch avec un équipement basique… Mais elle n’était pas chère ! 🙂

Greg

Le 01/02/2016 à 12:53

Pour moi la E21 -tout comme la 02!- a un délicieux parfum de madeleine…
Lorsque j’étais petit, mais alors vraiment petit, un cousin aux affaires florissantes avait remplacé sa Simca 1100 par une BMW 02 à feux ronds.
Lors d’un déplacement avec mes parents j’avais demandé la permission de monter dans sa belle auto plutôt que dans la 4L familiale… je me souviens avoir été frappé par l’ambiance « noir c’est noir » de la Béhème.
Quelques années plus tard le cousin remplaça la 02 par une E21, 316 ou 318 je ne me souviens plus. Carbu de toute façon car privée du « i » magique.
Mes parents n’étaient pas en reste et une fringante R18 1.4 avait remplacé la 4L!
Et bien, sur l’autoroute Paris-Normandie, la R18 ne s’en laissait pas conter par la Béhème « de base »!

Verdict sans appel: aujourd’hui comme hier, prenez l’incomparable 6 cylindres au chant de sirène!!!

vivien

Le 04/02/2016 à 23:07

Si il en est une qui réconcilie originalité, discrétion et une certaine classe… C’est bien l’E21. OK, en tant que jeune (quarantenaire quand même…) nouveau possesseur dudit Graal (318 vert resedagruen de 79 avec ses rétros chromés et jantes alu d’époque… comme neuve) mon avis n’a rien d’objectif.
Mais soyons lucide: sensation conduite brute + boite 4 que l’on « doit » monter dans les tours = plaisir de conduite garanti (mais soyons honnête: seulement jusqu’à 90km/h, après c’est une autre histoire).
En version 318, ce n’est pas une sportive dans l’âme mais les prestations sont déjà bien honorables pour une côte bien plus raisonnable que ses mélodieuses grandes sœurs de deux cylindres leurs ainées (sans parler de la fiabilité du M10 et de sa facilité d’entretien).
Et enfin, elle offre ses deux grands yeux bien ronds, bien préférable aux doubles optiques… définitivement.

Olivier

Le 06/02/2016 à 08:27

Je suis d’accord, on ne parle pas assez de Paul Bracq ! Rarement l’équilibre du design, entre la finesse et l’agressivité, aura été aussi proche de la perfection, sur une auto aussi compacte !

Didier

Le 18/11/2017 à 18:07

Ma 3eme voiture, après une opel ascona jaune et anémique et une golf 1.

C’était une 320/6, belle sonorité et onctuosité du 6l, une belle gueule mais une tenue de route un peu délicate sur le mouillé.

J’espère en trouver une en bon état, elle me manque trop.

Olivier F.

Le 22/01/2018 à 16:42

C’est ma voiture de tous les jours, très spéciale c’est vrai. Une fois qu’on la ‘sent’ bien (après un long apprentissage), on sait mieux comment prendre les virages et négocier les chaussées humides! Sinon attention, ça peut partir très vite en vrille.
Peu de confort, mais ne vois jamais le garagiste : sans no

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