Boîtier Rouge au coeur du Tour Auto 2017

Mardi 2 mai 2017
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Couvrir le Tour Auto pendant plusieurs jours à l’invitation de Peter Auto et de façon privilégiée, même malade, ça ne se refuse pas. C’est donc armé d’un sac à pharmacie bien garni que je me rends au point de départ de cette 26ème édition, le Grand Palais parisien.

A l’instar du Tour Auto qui bénéficie depuis plusieurs années d’une deuxième vie, le Grand Palais a lui aussi connu plusieurs vies. Il était dès lors logique de réunir dans cet incroyable écrin ce qui se fait de mieux en matière d’automobile. La coupole culminant à 45 mètres de haut en a vu défiler des stars mais ce soir c’est plutôt ambiance bagnolards et VIP. Un joli mélange de potes et de mecs plus ou moins vaguement connus. Je croise Joey Starr en charmante compagnie, Jean Todt et Cyril Neveu sans leur sourire,  Dominique Chapatte, Jean Pierre Gagick, Grégory Galifi, François Allain, c’est bon ils sont tous là, des petits jeunes, des vieilles dames avec 5 barres de fringues sur elles tentant de compenser le poids des ans par une politique de grands travaux, des curieux, Derek Bell multiple vainqueur au Mans, Gérard Lopez ancien patron d’écurie de F1, des fils d’acteurs, des mecs comme vous et moi, tout ce que la capitale compte de journalistes, Guy Berryman de Coldplay et Ari Vatanen, j’y reviendrai. Il y a aussi beaucoup de belles et jeunes femmes, qui évidemment sont ici par passion automobile.

Le Tour Auto est une course de véhicules anciens qui reprend l’esprit et le principe du Tour de France Automobile créé en 1899 par l’Automobile Club de France et le journal Le Matin. Organisé par l’incontournable Peter Auto, le Tour Auto réunit chaque année 230 voitures historiques, dont au moins un modèle du même type a participé au Tour de France Automobile entre 1951 et 1973. On y croise donc ce qui se fait de plus beau, de plus cher, de plus performant dans le domaine. Les voitures sont réunies par plateau en fonction de leur année afin de garantir des équivalences de performances autant que faire se peut. En arrivant au premier parc fermé sous la verrière du Grand Palais, on est frappé par l’éclectisme des forces en présence.

De majestueuses Ferrari en pagaille, des Lancia, DeTomaso Pantera, des Jaguar Type E à s’en décoller la rétine, des flèches d’argent , des BMW, de lourdes américaines, des Ford GT40, des Cobra, une incroyable Ligier, de modestes et populaires Françaises à l’image des 204 et 504 engagées par Peugeot, il y a de tout pourvu que ce soit de bon goût et historiquement authentique et compatible. A s’extasier devant les bolides on en oublierait presque qu’il y une compétition et déjà des favoris sont annoncés. Le vainqueur du classement général devrait se trouver parmi ces 3 équipages: Andrew Smith / James Cottingham sur une Ford GT 40, Ludovic Caron copiloté par le très expérimenté Denis Giraudet sur une Shelby Cobra noire et les vainqueurs de l’édition 2016 Jean Pierre Lajournade et Christophe Bouchet sur une magnifique Jaguar Type E 3,8 l.

En me baladant dans les allées je me dis aussi que le Tour Auto c’est aussi une marque de fringues. A l’instar des Ramones ou des Gun’s N Roses qui ont vendu plus de tee shirts que de disques, le Tour Auto c’est d’abord des doudounes bleues foncées. Tout le monde porte cette doudoune, si tu l’as pas t’es un looser. Pour la petite histoire tout le monde ne parle que de ça puisque cette année Figaret a laissé place à Vicomte A, comme fournisseur officiel de vestes. Certains préfèrent celle de l’an passé, d’autres la nouvelle mais tout le monde s’accorde pour dire qu’il faut la porter. La soirée est réussie et tout ce petit monde se détend à l’aide du champagne qui coule à flot sur le stand BMW, partenaire officiel du Tour. Smicards, milliardaires,  journalistes fauchés, grands de ce monde, tout ce petit monde fourmille autour des bagnoles et c’est bien ça le plus beau. La bagnole n’est pas morte et parle à tous.

En dehors de tout ce petit monde, LA star du Grand Palais se trouve sur le stand BMW, Ari Vatanen. Le Finlandais volant, au pied lourd et au cerveau léger comme il avait l’habitude de se définir lui même est un régal de relations publiques. Répondant à chacun, posant avec tout le monde, enchaînant les interviews avec toujours le même sourire, il parle,  parle, parle, signe des autographes, pose, prend les enfants dans ses bras, embrasse les petits, les grands, les grandes et quand un enfant lui demande « mais c’est vraiment vous qui avez gagné tous les Dakars?” Ari répond avec malice, « tous, non, mais ça m’est arrivé quelques fois ».  L’idole de ma jeunesse, dont je suivais les exploits devant ma télé en rentrant de l’école est un mec bien.  C’est un sentiment merveilleux que de ne pas être déçu par son idole le jour où on le rencontre. La présence d’Ari réveille des souvenirs chez tout le monde. Le grand blond fêtait ses victoires avec un grand verre de lait, le moins qu’on puisse dire c’est que personne ne cherche à imiter sa sobriété ce soir. Mais la semaine est longue et nous nous donnons rendez vous pour le lendemain matin, avec le départ de la première spéciale prévu au Château de Neuville.

Il fait froid ce matin, il est trop tôt et le café n’est pas de trop pour les 230 concurrents qui s’apprêtent à s’élancer pour ce Tour Auto. Pourtant, tous les sens sont en éveil à commencer par la vue. Les courbes d’une Italienne au Cheval Cabré, d’une BMW M1 ou d’une Giulia Sprint qu’on devine sous la rosée du matin, le long capot d’une Type E, les chromes d’une Mustang, le classicisme d’une 911 2,7 litres qui se marie parfaitement avec le château classé monument historique en fond. Ce qui frappe en premier pourtant c’est l’odeur. Cette odeur inimitable de voiture ancienne mais multipliée par 230. Un vrai régal olfactif. L’ouïe n’est pas en reste à l’heure des premiers départs, V12, V8. V6, rauque, aigu, démonstratif ou plus discret, il y en a pour tous les goûts là aussi.

Sur les visages des concurrents, on peut lire une certaine anxiété. Le sol est humide, les pneus neufs, les corps pas encore totalement imprégnés de la course, tout serait prétexte à faire une entame de compétition prudente. Pourtant le chrono commence à tourner et perdre trop de temps aujourd’hui par excès de prudence pourrait hypothéquer toute chance de bien figurer. Après avoir assisté aux premiers départs, je prends le volant d’une BMW 640 D Gran Coupé “organisation” prêtée par BMW et pars avec mes deux acolytes en direction du Mans en prenant soin de pointer sur la carte un endroit sympa pour voir passer la spéciale.

Nous avons eu le nez creux et grâce à la navigation parfaite de Julien, attaché de presse de Peter Auto nous arrivons sur un super spot avec un joli virage qui devrait nous permettre d’assister au premier rang à de beaux passages.

D’ailleurs il y a une petite foule à ce carrefour comme à toutes les intersections de la spéciale ouvertes au public. Plus généralement, tout le long du parcours les spectateurs attendent pendant des heures le passage des véhicules de collection. Aux ronds points, dans les villages ou sur les ponts, le Tour Auto c’est avant tout une fête populaire, loin des clichés de course de millionnaires que cette compétition peut parfois véhiculer. Les spectateurs présents dans “notre” virage ne seront pas déçus. Cette petite courbe serrée à droite n’est pas si facile qu’elle en a l’air et nombreux sont les concurrents à partir en glissade pour le plus grand plaisir de tous. De plateau en plateau on peut voir les différences de performances et de niveaux. Le passage des favoris est un vrai bonheur, la Ford GT 40 grise avec à son volant Smith réussi à nous donner des frissons en réussissant le virage parfait, ponctué d’un subtil contre braquage.

Le spectacle est beau mais il sera interrompu plus tôt que prévu par la sortie de route, sous nos yeux d’une Ferrari 250 GT, qui vient se poser au fond du talus avec l’impossibilité d’en sortir par ses propres moyens. Nous profitons de l’interruption de la spéciale pour reprendre la route vers le mythique circuit du Mans. Le rythme de la journée est serré et les concurrents partis le matin de la région parisienne sont déjà présents au Mans à midi pour la première halte circuit de la semaine. L’accès au circuit est gratuit pour le public, il faut le souligner et chacun peut venir assister aux courses très disputées. Les voitures présentes ont beau coûter pour certaines plusieurs millions d’euros, la compétition est réelle et je vous promet que les pilotes n’hésitent pas à taper dedans de façon virile. De la Mini Cooper à la Porsche en passant par le peloton de Lancia, personne n’est ici pour faire semblant.

Les dépassements se succèdent, les « freine-tard » s’en donnent à coeur joie et les carrosseries se touchent à plusieurs reprises au cours des différentes séries. A ce rythme là, les mécaniques ne tardent pas à souffrir. Idéalement postés en bord de piste au niveau du virage Dunlop, nous assistons de prêt au passage chaotique d’un des favoris, Caron sur sa Cobra. Le moteur ratatouille, une réparation lui permet de repartir, et, au terme d’une belle remontée, il conserve l’espoir de bien figurer à l’arrivée à Biarritz, même si rien n’est encore joué. Un peu plus tard c’est le pneu d’une 911 qui frotte contre la carrosserie entraînant un long nuage de fumée et un drapeau noir superbement ignoré par le pilote. Le plateau 5, qui regroupe Porsche 911 en pagaille, Ferrari 308 en nombre, Pantera, Alpine et autres BMW CLS, est un vrai régal à observer. La Ligier JS2 engagée tourne littéralement autour de ses concurrents grâce à son moteur Cosworth (lire aussi : Ligier JS2). Ca fait combien de temps que vous n’avez pas vu passer une JS2 en pleine charge sur un circuit ? C’est ça le Tour Auto.

La première journée de compétition s’achève à Saint-Malo. Difficile de trouver plus bel endroit que ce port pour accueillir le parc fermé. Le public ne s’y est pas trompé et malgré le vent Breton et la température modeste c’est une vraie fête. La caravane des participants a pris beaucoup de retard et certains ne rejoindront les remparts que tard dans la nuit. Dans le village on en profite pour échanger avec le très sympa François Allain de Vintage Mecanic et revoir un fidèle lecteur, Brieuc qui nous avait présenté sa Ghia 1500 GT (lire aussi: Ghia 1500 GT).

Mercredi nous retrouvons les concurrents dans un village Breton de 689 âmes peu habituées à tant d’agitation à 7 heures du matin. Saint Gouéno accueille ce matin le départ de la spéciale et le bourg est transformé en ligne de départ. Il pleut, il fait froid, mais il y a des crêpes, aucun doute nous sommes en Bretagne. Avec Jean Pierre Gagick d’Auto Moto, nous nous réchauffons avec du café sous une tonnelle installée par un club local, l’accueil est parfait. Les traits sur les visages commencent à marquer une certaine fatigue, il reste encore 4 jours de course et les concurrents ne sont pas au bout de leurs surprises. Une heure plus tard, alors que nous nous postons à un carrefour pour voir passer la spéciale, ce sont des flocons de neige qui nous attendent ! Nous sommes fin avril et il neige en Bretagne. Le sol est glissant, et nombreux sont les concurrents à partir à la faute ce matin. De notre poste avancé nous pouvons surprendre le regard rempli de peur de certains copilotes, dur métier en effet. C’est ma dernière journée sur le Tour et nous avons décidé de sauter le déjeuner pour profiter au maximum de la spéciale. Il y a un endroit à ne pas louper paraît il, direction les “Roches du Diable”, véritable juge de paix de cette seconde étape. Tout d’abord un petit pont étroit et entouré de murs de pierre, difficile à passer pour les véhicules larges comme la Ligier, certaines barquettes ou les GT40, suivi d’un virage à l’équerre à gauche où nous nous postons.

Assez rapidement on se rend compte que très peu de concurrents parviennent à prendre ce virage proprement. Certains loupent carrément le virage et tirent tout droit. C’est d’ailleurs ici qu’on se rend parfaitement compte des différences de performances entre les concurrents et les différents types de monture. La vitesse de passage très différente entre les plateaux. Par mesure de sécurité nous nous étions reculés de quelques mètres par rapport au virage en début de journée, nous finirons l’après midi 30 mètres plus loin tant les concurrents arrivent de plus en plus vite et loupent de plus en plus le virage. Je tiens à préciser que nous étions avec des photographes professionnels rompus à ce genre d’exercice mais qu’il n’est pas du luxe de reculer au maximum et de toujours se tenir prêt à dégager quand on va voir un rallye sur route. D’ailleurs la seule règle qui vaille est de se contenter des espaces destinés à “l’accueil public” balisés et sécurisés. Avec Jérome Langlais du site Les Grands Ducs et Julien de Peter Auto nous jouons à un petit jeu : reconnaître la prochaine voiture au bruit de son moteur, nous sommes restés de grands enfants.  Voir ces monstres de puissance débouler sur les petites routes Bretonnes est un réel plaisir. On peut deviner le comportement routier à leur sortie de virage et cravacher avec une Cobra, une René Bonnet ou une grosse berline Jaguar sur ces petites routes n’a rien d’un acte anodin. Il faut en avoir, surtout sur sol glissant. Le niveau de pilotage est globalement très bon avec même quelques moments de génie.

Dernières épreuves de montagne avant l’arrivée à Biarritz

Difficile de choisir un modèle ou un pilote préféré après avoir vu ça. J’ai beaucoup aimé voir évoluer les mythiques anciennes sur le circuit du Mans, voir une GT 40 au Mans c’est toujours un grand moment, j’ai adoré la horde de Ferrari 308 sûrement parce qu’elle représente toute une époque où j’étais enfant, la Ligier JS2 est une oeuvre d’art, mais c’est tout ce mélange qui crée l’atmosphère si particulière du Tour Auto. C’est aussi la seule course où vous croiserez Jean Pierre Pernod et Derek Bell, votre voisin et Vatanen, le patron de Lotus F1 et de parfaits inconnus. Alors doit on choisir entre une R8 Gordini et une Ferrari 250 ? Ou plutôt croiser les doigts pour revenir l’an prochain et suivre toute la semaine de course? Il est l’heure pour nous de nous quitter, je rejoins la gare de Nantes au terme de ce deuxième jour et j’ai déjà le Tour Auto Blues.

Dans quelques jours les concurrents dont les montures auront survécu se présenteront à l’arrivée à Biarritz au terme d’un périple de 2500 kilomètres à travers la France. Plus que jamais le Tour Auto mérite sa place à part dans le paysage des voitures anciennes.

Ils nous avaient impressionné toute la semaine et après avoir mené de bout en bout Andrew Smith (à droite) et James Cottingham (à gauche) remportent la 26ème édition du Tour Auto Optic 2000 sur Ford GT40. En tête depuis la première spéciale, le duo n’a rien lâché en remportant 9 des 12 épreuves chronométrées.

Photos : Julien Hergault, Peter Auto, Toma de Saulieu, Mathieu Bonnevie

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17 commentaires

Salva

Le 02/05/2017 à 20:40

Dommage que le vrai Tour Auto se soit arrêté en 1986…à la place il y a ce truc pour bobos.

Kevin

Le 02/05/2017 à 23:15

Bel Article, ça doit être sympa!
Vous pouvez préciser qu’à St Goueno il y a une Course de Côte du Championnat de France de la Montagne (championnat d’Europe par le passé), une course de côte VHC également. Et si vous ne connaissez pas, allez y c’est génial!

NIKO

Le 05/05/2017 à 00:52

Ah oui il me semblait bien avoir entendu là bas que le parcours reprenait le tracé d’une course de cote.

Kevin

Le 02/05/2017 à 23:17

🙂

Greg

Le 03/05/2017 à 08:16

Chaque année j’inscris 2 dates à mon calendrier:
-celle du Tour Auto, qui malheureusement ne passait ni par le Massif Central ni par la Provence cette année, donc c’est loupé 🙁
-celle des 10000 Tours au Paul Ricard, encore une organisation Peter Auto!
Merci Niko pour ce compte-rendu, on s’y croirait!
Alors pour les fans du « vrai » Tour Auto, on ne peut que recommander le somptueux ouvrage de Maurice Louche, à commander… aux Editions Maurice Louche!

NIKO

Le 05/05/2017 à 00:55

merci !

Choco

Le 03/05/2017 à 11:02

Merci pour ce joli reportage et ces jolies photos.

NIKO

Le 05/05/2017 à 00:55

merci de nous lire !

Malo

Le 07/05/2017 à 12:12

Wow ! Le plus triste, c’est que ça fait rêver… La passion n’est pas morte mais elle est chère…

Docteur Oliv

Le 08/05/2017 à 15:29

Article Génial !! il y a une photo de CAPRI RS !
Comment ça chauvin ?

Tof

Le 09/05/2017 à 08:07

Bonjour,
Je découvre ce super site. Article immersion très sympa.
Et pas de floutage des aiatollah anti tabac.
Merci

pop eye

Le 11/05/2017 à 08:55

En effet, il est plus sympathique de voir la LIGIER, l’ALPINE et la BMW avec des stickers complets. Mais pourquoi l’absence de camouflage ? c’est tout simplement que les marques historiques françaises de cigarettes, Gauloises et Gitanes, ont officiellement disparu depuis mai dernier.

Docteur Oliv

Le 11/05/2017 à 09:11

Bah ça c’est une nouvelle !
Plus qu’historiques, GITANES et GAULOISES sont des marques emblématiques de l’Après guerre (WW2) qu’elles aient pû disparaitre sans que l’on s’en rende compte c’est surprenant

Philippe

Le 26/05/2017 à 06:27

Même les Gauloises blondes ? 😉

Philippe

Le 26/05/2017 à 06:36

Je suis passé en coup de vent entre deux rdv sous le dôme du grand palais afin d’admirer en néophyte ces légendaires carrosseries. Première fois pour moi. Accueil très sympa par Toma virevoltant entre les stands et les différents plateaux où l’on a croisé célébrités et pilotes. Une vrai ambiance de spécialistes et d’admirateurs. Merci Niko de ce post bien enlevé faisant également bien ressentir l’ambiance avant départ et pendant ces quelques étapes. Pour la doudoune Viconte A, je l’ai trouvé très sympa mais la découverte de son prix me l’a vite fait trouvé quelquonque 😉

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