Bugatti La Voiture Noire : hommage moderne et cher à la Type 57 Atlantic

Publié le samedi 9 mars 2019.
Mis à jour le jeudi 12 décembre 2019.
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L’une des vedettes du Salon de Genève 2019 était annoncée à l’avance : Bugatti devait présenter une interprétation moderne de la Type 57 SC Atlantic produite à seulement 4 exemplaires à partir de 1935. Sur le stand, tous attendaient la révélation avec une certaine impatience, jusqu’à ce que soit dévoilée La Voiture Noire et qu’un vent de déception ne parcourt l’assistance.

La Type 57 SC Atlantic, conçue par Jean Bugatti, fils d’Ettore, conjuguait la grâce et la puissance et réussissait l’exploit d’offrir des performances dignes d’une voiture de course sous une robe délicieuse dessinée pour les concours d’élégance. La Voiture Noire qui lui rend hommage ne réussit pas à rééditer l’exploit.

Un drôle de nom : « La Voiture Noire »

Parlons d’abord du nom : comme la voiture est noire, tout comme l’étaient les Atlantic à l’époque, les experts en marketing ont décidé de rester sobre avec un nom “en français dans le texte”, La Voiture Noire, pensant sans doute que cette utilisation de la langue de Molière ferait chic. Le parallèle avec le luxe à la française peut aussi se trouver ailleurs, chez Guerlain, dont le parfum vedette aujourd’hui s’appelle “La Petite Robe Noire”. Si le public étranger peut y être sensible, les français, eux, s’étonnent d’un tel nom. En fait, cela fait un peu “snob”, malgré la tentative de justification “historique” : le 4ème exemplaire de la 57 SC Atlantic, voiture personnelle de Jean Bugatti, était surnommée ainsi.

Côté robe, la déception est présente : certes, La Voiture Noire en impose, mais en fait de Bugatti Atlantic, on a plutôt à faire à une Divo modifiée pour intégrer quelques éléments de détail de sa glorieuse aînée : calandre en fer à cheval plus proéminente et arête centrale (ingénieusement prolongée par l’essuie-glace à l’avant) rappellent effectivement l’Atlantic mais, malgré ces signes distinctifs, on retrouve le dessin des Bugatti actuelles, Chiron ou Divo, elles-mêmes évolutions de la Veyron.

Un clin d’oeil léger à la Type 57 SC Atlantic

Tout est bien réalisé, bien exécuté et plutôt joliment dessiné : on ne peut nier la qualité du travail chez Bugatti pour cet exemplaire unique. Cependant, la filiation avec l’Atlantic semble un peu forcée et jamais l’originalité du dessin de Jean Bugatti ne transparaît sur cette Voiture Noire un peu pompeuse. Pourtant, selon Etienne Salomé, son designer, la Voiture Noire est “synonyme de perfection dans sa forme comme dans ses finitions”.

Mécaniquement, elle reprend les éléments déjà vus sur les Bug’ les plus récentes et notamment son W16 de 8 litres développant 1 500 chevaux tout de même. La Voiture Noire, avec ses finitions jugées “parfaites”, son intérieur personnalisé et sa peinture noire spécifique restera un modèle unique, mais il ne s’agit pourtant pas d’un concept car : elle est déjà vendue à “un collectionneur” dit-on sobrement. En fait, il semblerait que le commanditaire soit tout simplement l’ex-patron d’Audi puis du groupe Volkswagen et petit-fils de Ferdinand Porsche, Ferdinand Pïech.

Ferdinand Piëch, heureux propriétaire ?

Malgré la déception stylistique, la Bugatti de Piëch en impose ne serait-ce que par sa taille, mais aussi par quelques détails comme ses feux arrière en un seul bandeau de leds, ou ses roues dont les jantes se prolongent visuellement sur le pneu. Question performance, silence radio du côté de Molsheim, mais pas question prix puisque la marque n’hésite pas à communiquer sur la voiture neuve la plus chère du monde, avec 11 millions d’euros hors taxe au bas de la facture.

Si certains considèrent désormais que Bugatti est une marque allemande de par son appartenance au groupe VW, la Voiture Noire est bel et bien produite en Alsace : il s’agit donc d’une voiture française et rien que pour cela, on peut s’enorgueillir.

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2 commentaires

Pierre Sumy

Le 10/03/2019 à 13:19

J’avoue que pour le coup, cette « Voiture Noire » au lieu de faire Bugatti, fait purement produit du groupe Volkswagen.
A 11 millions hors taxes, on pourrait espérer de l’audace et de la créativité, de la part d’un groupe qui habituellement n’en fait jamais preuve.
Malheureusement il n’en est rien, de timides gimmicks ici et là, et on nous « vend » un vehicule révolutionnaire, à l’instar d’une Golf.

Bref, au mieux, un énorme faux-pas en terme de communication…

Tonio

Le 04/09/2019 à 20:32

C’est laid et lourd. Par contre l’usage d’un nom français n’est pas choquant à mon sens. Ca l’est moins que tout ces patronymes anglais qu’on colle à tout va sur des produits français.

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