Buick Roadmaster Estate Wagon : allure bourgeoise et coeur de Corvette

Publié le lundi 29 janvier 2018.
Mis à jour le jeudi 6 décembre 2018.
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Les trentenaires ou quadras français ont été élevés à coup de séries américaines plus ou moins haut de gamme, et pour beaucoup d’entre nous, l’image de l’Amérique s’apparente aux suburbs, aux maisons en bois identiques, et au break « à l’américaine » garée devant le panier de basket. Ces séries familiales, dont la plus emblématique était sans doute « Huit ça suffit » (Eight is enough), nous présentaient un style de vie exotique et attirant, et d’étranges Station Wagon aux panneaux de bois si charmant ! Cette image d’Epinal bien ancrée dans nos têtes a sans doute expliqué pourquoi certains d’entre nous sont tombés sous le charme quelques années plus tard de l’étonnante Buick Roadmaster Estate Wagon, mais pas seulement.

L’Electra Station Wagon, le prédécesseur de la Roadmaster

Malgré le succès des vans (l’équivalent du monospace) tels que le Chrysler Voyager, ou plus tard le Pontiac Trans Sport (lire aussi : Pontiac Trans Sport), les américains ont toujours gardé un certain penchant pour le break familial, et chez Buick, on maintenait dans la gamme l’Electra Station Wagon avec bien entendu ces fameux panneaux en (faux) bois. Mais au début des années 90, la marque décida de donner un coup de jeune à ce créneau en exhumant un nom mythique pourtant disparu depuis 1958, Roadmaster (maître de la route, excusez du peu).

En règle général, le break dérive de la berline. Dans le cas de la Roadmaster, ce fut l’inverse. Lancée en 1991, la version Estate Wagon qui nous intéresse fut lancée un an avant son dérivé « Sedan ». Basée sur la plate-forme GM B-body, dite « full size » et destinée à la propulsion, la Roadmaster se présentait alors comme la plus grande Buick de la gamme, devant la fameuse Park Avenue importée en France (lire aussi : Buick Park Avenue). Ce break familiale pouvant emporter jusqu’à 8 passagers grâce à une 3ème banquette dans le coffre offrait de série la décoration « bois » et le toit panoramique : les enlever était en option, mais quel dommage de se passer de cette distinction « woody ».

La version « Sedan » sortira un an plus tard que l’Estate Wagon

A l’origine, il s’agissait d’un placide break (et d’une placide berline), avec certes un V8 de 5 litres la première année (170 ch) puis 5.7 litres l’année suivante (180 chevaux), mais à partir de 1994, la Roadmaster, tout en gardant son look « familial et discret » s’offrait un moteur de feu : le LT1 de 5.7 litres issu de la Corvette et retravaillé pour développer une puissance plus modeste, certes, mais de 260 chevaux tout de même. Pour ceux qui voulait en mettre plein la vue, il y avait la Chevrolet Impala SS dotée du même moteur et du même châssis (lire aussi : Chevrolet Impala SS), mais pour ceux qui, malgré une famille nombreuse, désiraient surprendre au feu rouge, un Roadmaster Estate Wagon woody faisait parfaitement l’affaire dans le genre « sleeper ».

Bien entendu, il ne s’agissait nullement d’une sportive, mais avouez qu’avoir un break passe-partout avec un cœur de Corvette, ça devait valoir son pesant de cacahuètes ! Une grande péniche comme cela n’aimait sûrement pas les virages, mais imaginez la joie du jeune permis de la famille surprenant ses copains en emmenant au Drive-In sa copine bien plus rapidement que ses copains. Merci Papa !

Construite à Arlington, dans le Texas, la Roadmaster Estate ou Sedan ne sera produite que pendant 6 ans, de 1991 à 1996, pour un total de 225 455 unités (laissant sa place aux 4×4 et SUV qui commençaient à cartonner outre-Atlantique). Dans le lot, environ 57 000 Estate Wagon furent fabriquées, mais seulement approximativement 20 000 dotée du fameux moteur LT1. Autant dire que 22 ans après la dernière voiture tombée des chaînes, il ne doit plus en rester des masses, ce qui renforcera son côté collector. Jamais importée en Europe, il s’agit véritablement d’une pure américaine, qu’on ne trouvera que là bas.

Le carrossier Limousine Werks, basé dans l’Illinois, dérivera de la Sedan des limousines classiques comme l’Amérique les aime, mais s’attaquera aussi à l’Estate Wagon, proposant une étonnante version à 7 portes (6 latérales plus le coffre). Une version qui sera forcément très dure à trouver.

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10 commentaires

Garycooper42

Le 29/01/2018 à 13:56

Le break à l’américaine par excellence!

christophe salvaing

Le 29/01/2018 à 14:28

La mienne que j’ai importé en 2000 et homologué en CGF : http://buickroadmaster.free.fr/fichiers/DSCF0007.JPG
Suspension maritime, V8 inaudible, boite auto, conso raisonnable … incroyable a conduire.
Sièges + finition du TdB ’94 – ’96 plus flatteuse que ’90 – ’93
Mais aussi ses défauts : assise arrière ridiculement étroite, 5,70 a garer et surtout impossible de passer inaperçu. A la longue ca use…
Impossible de supprimer le woody. Si le vinyl se retire sans pb les baguettes sont fixées dans la carrosserie par des dizaines de petits trous !
Fiabilité hors norme : les Caprice ont été les véhicules des taxis et police (code RPO 9C1) étazuniens durant 2 décennies …

Lionel

Le 05/02/2018 à 12:49

Géniale…
pas mal de photos sur cette annonce, notamment les incroyables sièges avant, normal que l’assise arrière soit étroite vue la place prise par ceux-ci.
http://niansbensin.com/start/1992-buick-roadmaster-estate-wagon/
Christophe, qu’entends-tu par conso raisonnable ?

Germain

Le 29/01/2018 à 16:49

Ça c’est une américaine comme je les aime, les panneaux en faux bois c’est tellement naze que ça en devient cool.

24heures

Le 29/01/2018 à 17:31

Au niveau de l’esthétique du tableau de bord, plus simple tu meurs… On dirait le découpage des Etats américains sur une carte (ou celle des rues de leurs villes…)

Eddy123

Le 29/01/2018 à 19:57

Oui, une des dernières « vrai » américaines.. .

Il y en a eu à vendre en Belgique il y a quelques mois, en corbillard, sans le  » bois » et avec la banquette sous la plate-forme porte cercueil. ..

Elles me faisaient de l’oeuile, mais j’avais déjà acheté une Chevrolet et madame y a mi son véto… Dommage.. 2800euros si je me souviens bien…

christophe salvaing

Le 29/01/2018 à 20:23

Oui il y en a quelques unes qui tournent sur Le Parking soit en Roadmaster Estate Wagon plus luxueuse, soit en Oldsmobile Custom Cruiser un cran en dessous, soit en Caprice Classic Wagon celle-la souvent convertie en corbillard en Belgique et aux Pays-Bas. Toutes celles qui sont sorties après ’94 sont équipées du 5.7 LT1 V8 moteur de Corvette dégonflés. Les modèles ’90-’93 sont équipées du 5.0 L L03 V8 ou du 5.7 L L05 V8.
Le must est une ’96 LT1 Limited …

Eddy123

Le 30/01/2018 à 20:44

Justement, il y en a une en Chevrolet Caprice à vendre sur le bon Coin pour un prix dérisoire. ..
https://www.leboncoin.fr/voitures/1377369757.htm?ca=12_s

Jota

Le 30/01/2018 à 22:32

Ah les break US et leurs systèmes d’ouverture de coffre multiples!
Encore un truc qui s’est perdu, tout comme les Woody.
D’ailleurs je me disais il y a peu que pour les véritables woody (Chevy Fleetmaster etc…) le coût à l’heure actuelle de la main d’œuvre rendrait le véhicule complètement inaccessible, je me demande même si ce type de carrosserie était suffisamment rentable à l’époque.
Cette Buick fait partit des dernières péniches US avec son look de baleine. J’adore.

ForvaPat

Le 02/02/2018 à 23:44

Ah, quel mythe cette auto. Tu nous rappelles en effet cette période bénite où les séries US faisaient rêver les gamins que nous étions! Tout une époque… la fin d’une époque. C’est drôle que tu consacres maintenant un sujet à ce monument roulant; j’ai passé l’hiver à concevoir des formations pour les nouveaux contrôleurs techniques et, quand je suis arrivé à la rubrique des sièges arrières et qu’il a fallu aborder les montages « dos à la route », ce n’est pas avec une Laguna Nevada ou une A6 Avant que j’ai illustré mon propos… mais avec une Roadmaster ET une Electra!!! Apporter un peu de culture et de nostalgie aux nouveaux arrivants dans la profession m’a alors semblé pertinent…

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