Caisse de lecteur : la Citroën 2CV « France 3 » de Patxi !

Jeudi 27 août 2015
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D’habitude, je réécris un peu les textes et les histoires lorsque je reçois un mail pour une « caisse de lecteur », mais cette fois-ci, je ne voyais pas vraiment quoi rajouter à cette histoire fort sympathique que je vous livre telle quelle ! Voilà des histoires comme j’aimerai en lire plus souvent.

Patxi  nous parle de sa 2CV « France 3 » (non il ne s’agit pas de la chaîne de TV):

Etudiant en maths sup/maths spé de 19 ans sans le sou, passionné d’Alfa Romeo, peu de choses me prédestinaient à devenir propriétaire d’une 2CV. Et pourtant…

Nous sommes en juin 2014 et j’assiste à un rassemblement automobile dans les Landes, dans le petit village de Tartas. Je suis accompagné de mon père et celui-ci me fait rencontrer une de ses clientes, une dame âgée passionnée de voitures anciennes et de 2CV notamment. Elle en possède deux, et, devant mon enthousiasme et ma passion, confie à mon père qu’elle en garde une pour moi si je suis intéressé, sans plus de précisions. Bon état, à restaurer, dans 6 mois, 5 ans, chère, pas chère? Ma curiosité est éveillée…

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Une belle Citroën 2CV France 3

Les études prenant le dessus il faut attendre novembre pour avoir plus de précisions. J’apprends que l’auto dont elle veut se séparer est une série limitée France 3 (lancée en 1983 en l’honneur du sponsoring de Citroën pour le voilier France 3 à la célèbre America’s Cup), en bon état mais qui n’a pas tourné depuis 3 ans, et qui dort à l’abri. Parfaitement consciente de la valeur d’une telle auto, elle ne souhaite pas faire de profit dessus mais la léguer à un passionné qui roulera avec, en prendra soin, la montrera sur des rassemblements, etc. Une fois cet accord passé, elle accepterait de me la laisser pour 1000€… soit un peu plus d’un dixième de la cote d’une telle auto!

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Une 2CV miniature sur une 2CV grandeur nature

Le cursus maths sup/maths spé étant assez exigeant, et les concours pour entrer en école d’ingénieur arrivant à grand pas, je laisse de côté la 2CV pour me concentrer sur mes maths et ma physique. Néanmoins, l’auto restera dans un coin de ma tête… une fois les écrits passés, je prends contact avec la propriétaire, lassé de passer par l’intermédiaire de mon père. Je discute pendant près d’une heure avec une véritable passionnée, heureuse de voir que je vais perpétuer l’esprit, et l’affaire tient toujours. Rendez-vous est pris pour aller voir la voiture la semaine suivante.

La Citroën 2CV France 3: célébration du voilier de l’America’s Cup

Le 14 juin, nous nous retrouvons près de Tartas et je découvre ma voiture dans un hangar, tenant compagnie à une autre 2CV, une Mini Austin et une vieille Celica. Il s’agit bien d’une 2CV France 3, qui semble saine sous sa couche de poussière. Petite déception, elle est affublée de gros pare-chocs Aventure que je n’aime pas… mais je ne boude pas mon plaisir face à cette automobile culte qui est bientôt mienne. L’auto est en excellent état hormis quelques points de rouille et la saleté, et il s’agit d’une authentique France 3, de juin 1984. Je suis tout excité d’aller l’essayer, mais là encore, déception, la mamie capricieuse ne veut pas démarrer… Mais je suis conquis par cette petite Deuche et deviens impatient de la récupérer.

On en revient encore aux études, je passe les oraux de mes concours à Paris et dois encore me concentrer sur autre chose que la Citroën de collection. Néanmoins, une fois ceux-ci passés, je pars la chercher et signer les papiers! Le 29 juin, elle est en ma possession. Entre temps, l’ancienne propriétaire l’a faite réviser chez Citroën, l’a faite rouler, et l’a faite passer au contrôle technique, histoire que je n’aie plus qu’à mettre la clé dans le Neiman et rouler. Ce que je ne manque pas de faire, une fois le prix convenu payé!

Sortie de grange !!!
Sortie de grange !!!

L’auto coule depuis des jours paisibles sur la côte basque et m’apporte chaque jour ensoleillé un peu plus de bonheur. Outre le sentiment de rouler dans une légende, et le prestige de rouler dans une série limitée relativement rare payée une bouchée de pain, elle est vraiment amusante à conduire, ayant beaucoup de succès auprès des badauds, elle est un régal avec son toit découvrable. Elle m’a également apporté quelques déconvenues comme toute ancienne qui se respecte (embrayage mort, puis condensateur mort alors qu’il était récent, puis le silencieux d’échappement…) mais je prends plaisir à la soigner petit à petit et à me balader avec. Je l’ai remise dans son état d’origine (à 2 détails près) en retirant les gros pare-chocs et en remettant les enjoliveurs chromés.

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7 commentaires

David P. Alias HéliosÉole

Le 27/08/2015 à 16:52

Merci pour la précision concernant le nom, Paul, j’avoue humblement faire partie de ceux qui ont longtemps cru à l’existence d’une Deuche « FR3 ». :$

YO

Le 27/08/2015 à 20:14

Magnifique histoire !

pierre

Le 27/08/2015 à 23:10

sympa tous ces dérivés de 2 CV ……au look étonnant ..!

mais ça ne manque pas aussi de souligner combien Citroen s’est obstiné (commercialement dangereusement) pour conserver la production de cette 2 CV totalement dépassée par la concurrence en 1980, et surtout ne proposant pas de véritable alternative économique attractive (la LN est dépassée à sa naissance et la Visa …..premier prix de laidron fabriqué….?? « à la française ») face à des citadines à la mode comme les Fiat 127, A112, R5 ou surtout ……Polo qui arrive dans ces années à commencer sa réussite européenne exemplaire.

Paul

Le 27/08/2015 à 23:13

Je ne suis qu’à moitié d’accord… Si je suis ok pour dire que Citroën a maintenu trop longtemps sa 2CV, la LN est sortie conjointement à la 104 (ou très peu de temps après) et n’était pas dépassée: juste banale. Quand à la Visa, si son look ingrat pouvait faire peur (ou fuir), les ventes n’ont pas été si mauvaises. Après il faut se poser la question de Peugeot, et de la latitude laissée à sa filiale encombrante, en cette période difficile, alors que, en quelques années, le groupe était passé de n°1 européen (au moment du rachat de Chrysler Europe) à la quasi faillite (avant le lancement de la 205). Je trouve que dans ce contexte, lancer des Visa ou des BX était plutôt couillu… 😉

00ced

Le 30/08/2015 à 22:47

Mouais. La 2cv ne coûtais plus rien en R&D. Produite à moindre coût en Espagne, elle offrait un premier prix à l’Europe (regardez Dacia aujourd’hui). Une 2CV6 en 1989 coûtait 36000 francs, 15000 de moins que l’entrée de gamme chez Renault ou Peugeot. Ce qui l’a tuée, ce sont les normes antipollution, et notamment le pot catalytique. Trop coûteuses et inapplicables, ces normes ont tué les derniers moteurs à refroidissement par air, chez Citroën comme chez Porsche (un peu plus tard).

J2M

Le 29/08/2015 à 20:53

Les premières normes de « vraie » dépollution (catalyseur, injection, sonde et recirculation des gaz) eurent raison des derniers moteurs à air européens : les 2 et 4 à plat de Citroën et le flat six de Porsche. Ce dernier accepta de se mettre à l’eau pour survivre…
La Visa n’est que la remplaçante rationnelle de la petite Citroën qui aurait dû sortir en 74, si le devenir de l’entreprise l’avait permis. La LN et surtout la Visa sont donc les premières tentatives de rentabilisation de l’existant.
La Visa, surtout une fois restylée, était une excellente voiture super X, GT et GTI). Bien meilleure que la R5 contemporaine (j’ai eu les deux à la maison) et moins austère que sa demie-soeur 104. Elle ne décolla qu’une fois le lifting fut opéré par le bon Dr Heuliez et se heurta ensuite à la 205. Mais elle offrait quand même un produit crédible au réseau.
La Citroën morte-née devint, dans sa version deux portes, l’Oltcit roumaine. Elle donne une idée intéressante de ce qu’aurait été la « vraie » petite Citroën. On voit bien là le sens du commerce des gestionnaires de Peugeot : rien ne se perd, tout se transforme (et se vend !).
Il y avait aussi pas mal de choses en commun entre la BX et la 305, les moteurs et notamment les épures de trains roulants de la 305 SII. Dans le même temps, dès l’été 79, la CX accueillait le 2 litres essence Peugeot-Renault. Je pourrais continuer longtemps, avec les diesel communs aux trois marques dès 1983, .ou la Tagora, habile et hâtive réutilisation de la plateforme de la 604, elle-même descendante directe de la 504 (1968 !)
Mais je rejoins Pierre, et vais même plus loin en disant que le trait fut vraiment tiré avec la Saxo, soeur de la 106, et dérivées toutes deux avec talent de l’AX, qui pourtant, ne convainquit pas.

adrien

Le 27/07/2017 à 15:15

Elle se fait très rare cette France 3, disons les véritables pas les copies de frustrés… Est -ce possible de savoir combien il en reste à ce jour en circulation ? Ce serait intéressant dans la mesure où les 2000ex de 1983 l’ont été pour la France, mais pour 1984 les 2000ex ont été ventilés un peu partout. Ce qui signifie que statistiquement les AM 1984 doivent être très rares aujourd’hui sur les routes françaises.

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