Centenaire Mazda : l’aventure du moteur à pistons rotatifs

Publié le mercredi 8 janvier 2020.
Mis à jour le jeudi 9 janvier 2020.
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L’entreprise Mazda dans sa globalité fête en 2020 ses 100 ans : en effet, c’est en 1920 que Jujiro Matsuda lance la Toyo Cork Kogyo pour produire des bouchons de liège. Rapidement, la société se diversifie et prend le nom de Mazda en 1931 lorsqu’elle produit un petit cycle-car appelé Mazda-Go. Pourtant, l’aventure automobile à 4 roues ne commencera vraiment qu’en 1960 avec la K360 et son dérivé R360. Cependant, la petit firme d’Hiroshima, malgré la modestie de son premier modèle, a d’ores et déjà l’ambition de prouver la valeur des ingénieurs japonais en s’intéressant à un nouveau type de moteur dès 1961 : le Wankel, développé par l’allemand Félix Wankel avec l’aide de NSU. L’aventure du rotor commence pour Mazda, avec pour point d’orgue une victoire aux 24 heures du Mans.

Kenichi Yamamoto, sera à l’origine de la création de la Mazda Rotary Engine Division

Il fallait oser, en 1961 et alors que la production se limite à une petite voiture bien modeste au regard des productions européennes, investir dans une nouvelle technologie dont on ne savait pas grand-chose. Mais poussés par l’ingénieur Kenichi Yamamoto, les dirigeants de Mazda vont tenter le pari du piston rotatif en signant une licence d’exploitation avec NSU. Le constructeur allemand développe avec Wankel, depuis le début des années 50, ce moteur plus compact, plus léger et surtout sans vibration qui doit révolutionner l’automobile thermique. En Europe, NSU s’associera avec Citroën pour fonder la Comotor, chargée de produire les moteurs pour les deux marques et leurs modèles respectifs : la Ro80 pour NSU, la M35 puis la GS Birotor pour Citroën. Un gouffre qui entraînera les deux marques à la quasi faillite, sauvées in extremis par Volkswagen pour l’une, Peugeot pour l’autre.

Mazda fait cavalier seul

Au Japon, Mazda fait cavalier seul. Dès 1963, Mazda crée la Mazda Rotary Engine Division en charge de développer le nouveau moteur sur la base des travaux de Félix Wankel et de la licence NSU. Avec beaucoup moins de moyens que NSU ou Citroën, mais aussi que d’autres constructeurs qui ont tenté de s’investir dans le moteur à pistons rotatifs, Mazda va s’attacher à contrer les problèmes un par un afin de fiabiliser et optimiser ce nouveau bloc. En 1964, Mazda présente le concept Cosmo, qui se transformera en véhicule de série en 1967 sous le nom de Cosmo Sport 110S : une vraie révolution tant la voiture semble bien née. Produite jusqu’en 1972, cette première série reste une petite série, avec 1 176 unités, mais elle fait la preuve qu’il est possible de produire une voiture de sport belle, fiable et efficace dotée d’une motorisation révolutionnaire.

Marque atypique, Mazda a trouvé sa voie – le “rotatif” – là où tous ses concurrents avaient jeté l’éponge. Le moteur à pistons rotatifs ne se limite plus aux sportives : il se décline désormais dans des voitures plus modestes (RX2, RX3 et RX4 en 1972, RX5 en 1976), mais aussi dans des utilitaires comme le Parkway Rotary 26. Dans les années 70, la moitié de la production du constructeur japonais est dotée d’un tel moteur. Cependant, c’est en 1979, avec la sortie de la RX7, que Mazda s’offre une réputation internationale, avec une voiture aussi belle qu’iconoclaste, sportive mais accessible, destinée aux amateurs de japonaises (de plus en plus nombreux aux USA) et d’originalité technique.

Succès commercial et victoire aux 24 heures du Mans

Coup gagnant pour Mazda : avec ses 3 générations produites jusqu’en 2002, la firme devient la véritable championne du moteur rotatif : près de 800 000 RX7 sortiront des chaînes. Si Mazda croit encore en sa technologie et sort en 1990 la superbe Eunos Cosmo, il faut bien admettre que la gamme Mazda dans son ensemble s’équipe majoritairement de moteurs classiques, notamment sur les voitures produites en collaboration avec Ford, actionnaire minoritaire du japonais. Cependant, Mazda n’abandonne pas, faisant du moteur à pistons rotatifs sa marque de fabrique, sa vitrine technologique. La marque décide donc d’investir en compétition, et particulièrement en endurance : quoi de mieux pour prouver la fiabilité et la pertinence d’une technologie que de gagner les 24 heures du Mans ?

La Mazda Eunos Cosmo

Au milieu des années 80, Mazda lance donc son programme sportif avec les 767 (en 1988) puis 767B (en 1989), sans succès notable. En 1990, c’est au tour de la 787 de tenter sa chance, mais ce n’est qu’en 1991 que la 787B remporte la mise, devenant la première voiture japonaise à remporter la célèbre course mancelle (il faudra attendre 2018 et la première victoire de Toyota pour la deuxième), et la seule à jamais équipée d’un moteur à pistons rotatifs, laissant un souvenir inoubliable parmi les amateurs de courses automobiles.

Dernier succès avec la RX8 avant un retour ?

Dernier succès avec la RX8 avant un retour ?

Malgré une baisse de la demande pour un tel type de moteur (on se méfie toujours, à tort parfois, d’une technologie boudée par une concurrence, mais qui y avait perdu trop de plumes dans les années 60), Mazda persiste dans les années 2000 à proposer son coupé sportif haut de gamme avec pistons rotatifs : c’est ainsi qu’en 2002, Mazda présente son étonnant coupé RX8, doté d’originales mini-portes arrières antagonistes. Malgré une certaine discrétion (sur nos marchés du moins), il rencontrera lui aussi un certain succès puisque 192 094 exemplaires tomberont des chaînes pendant 10 ans, avant qu’il ne prenne sa retraite.

Depuis, Mazda ne propose plus de modèles équipés de rotors : la conjoncture ne s’y prêtait pas ces dernières années. Pourtant, la firme japonaise n’a jamais cessé de cogiter au futur du “Wankel”, présentant en 2015 un concept-car, le RX-Vision, préfigurant un probable retour au “rotatif” dans les années à venir, tandis qu’en 2017, elle célébrait officiellement les 50 ans du moteur à pistons rotatifs à la japonaise. 

Images : Mazda

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1 commentaire

Psypro

Le 10/01/2020 à 09:11

Je possède une rx7 fd3s type R importée du Japon et homologuée voir photo sur groupe psypro vintage (Facebook)

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