Chantilly Arts et Elégance : 4 voitures et des concept-cars à ne pas louper.

Publié le jeudi 27 juin 2019.
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Lors de l’édition 2019 du Concours d’élégance de Chantilly (Arts et Elégance Richard Mille), il y aura bien entendu de nombreuses autos à voir, revoir ou à découvrir, mais il y aura aussi des incontournables qu’il ne faudra pas manquer. Difficile de faire une sélection tant les modèles présents sont séduisants. Voici donc une sélection tout à fait subjective de 4 voitures mais aussi les concepts-cars à admirer ce week-end.

Bentley Speed Six

Sans aimer forcément les “avant-guerre”, il y a certaines voitures qui séduisent immédiatement tous les âges : les Bugatti, bien sûr, mais aussi la Bentley Speed Six, notamment cette “Old N°3”, le troisième des châssis d’usine construits pour Le Mans en 1930, qui malheureusement ne vit jamais la ligne d’arrivée à cause d’un accident. 

La Bentley Speed Six, c’est une certaine idée de l’automobile dans ces années 20 et 30 où la course se mêle à la route, où les pilotes sont des gentleman drivers ou des Bentley Boys s’ils pilotent une Speed Six. Cette dernière est l’évolution sportive de la Bentley 6 ½ litres, dont le 6 cylindres (comme son nom l’indique) est poussé à 180 chevaux (contre 147 chevaux pour sa soeur “civilisée”). Elle sera produite entre 1928 et 1930 à 182 exemplaires.

Ici, la Speed Six Old n°2, soeur de la n°3

La Speed Six n’était pas juste là pour satisfaire une clientèle sportive, mais aussi pour représenter Bentley en compétition. Lancée en 1928, elle participa aux 24 heures du Mans dès 1929 pour remporter la victoire deux années de suite : l’image de Bentley s’associa immédiatement à la sportivité pour de longues années. Même durant les années “Rolls-Royce”, Bentley se distingua toujours par plus de caractère ou l’ajout de Turbo pour “pimper” le bon vieux 6 ¾ … Rappelons enfin que Bentley remporta une 3ème fois le Mans avec la Speed Eight, en 2003.

Iso Rivolta A3/C Grifo

En 1962, Iso Rivolta, que l’on connaissait plus pour sa fameuse Isetta, se lançait dans la production d’automobiles de luxe ou sportives avec la GT. En 1963, Iso passait la seconde en présentant au salon de Turin 1963 la Grifo dans sa version civile (A3/L) et compétition (A3/C). La ligne était signée Bertone, la technique Bizzarrini. Pour le moteur, la petite marque italienne alla piocher dans la banque d’organe Chevrolet, récupérant un V8 Small Block 327 de 5,4 litres légèrement modifié pour obtenir entre 300 et 350 chevaux suivant les versions. La version A3/L dédiée à la route mit un certain temps à rentrer en production, contrairement à l’A3/C de compétition qui sortira en 1964.

Dernier contrat de Bizzarrini avec Iso Rivolta, l’A3/C participa dès 1964 aux 24 heures du Mans, réussissant à accrocher une excellente 14ème place malgré des soucis mécaniques l’obligeant à un arrêt aux stands de 2 heures. Cette encourageante première participation contribua au succès du modèles, dont 22 exemplaires furent construits. Pour ces versions courses, le V8 Chevrolet fut poussé à 405 chevaux.

Aujourd’hui, les Iso Rivolta Grifo A3/C sont particulièrement rares, chères et bien évidemment recherchées. Sa présence au Chantilly Arts et Elegance est donc l’occasion de voir à quoi ressemblait cette production artisanale qui osait défier sportivement ou commercialement des marques déjà bien installées comme Ferrari ou Maserati.

Avions Voisin C25 Aérodyne

Comme la Bentley Speed Six, l’Avions Voisin C25 Aérodyne est une “avant-guerre” qui ne peut pas laisser insensible. Merveille automobile due au génie de Gabriel Voisin, elle se payait le luxe d’une ligne extravagante, même dans les années 30. Inspirée par le “mouvement moderne” de Mallet-Stevens ou de Le Corbusier, des maîtres pour Gabriel Voisin, la C25 Aérodyne inspire la puissance et la modernité.

Présentée en 1934 comme la Traction de Citroën, elle s’en distinguait tant par son style que par sa philosophie. La Citroën visait une clientèle large grâce à un outil moderne de production en grande série, tandis que la C25 Aérodyne cherchait à toucher une clientèle huppée, riche et forcément restreinte. Produite entre 1934 et 1935, seuls 7 exemplaires sortiront des ateliers d’Issy les Moulineaux. 

Trop chère, un peu sous motorisée (avec son six cylindres sans soupape de 3 litres et 90 chevaux), elle offrait pourtant une ligne à couper le souffle (réalisée en interne et non par un carrossier), un intérieur digne d’un décorateur et un large toit ouvrant électrique étonnant à voir fonctionner. Une pépite à découvrir à Chantilly.

Talbot Lago T26 Grand Sport Coupé

Après-guerre, Talbot Lago tentait de perdurer la tradition du châssis séparé livré “nu” à un carrossier avec la T26 Grand Sport Coupé. Basée sur la T26 Record, grande berline lancée en 1946, elle bénéficiait d’un châssis raccourci pour plus de sportivité. Présentée en 1947 au Salon de Paris, elle rentrait en production dès 1948. 

Elle reprenait le 6 cylindres en ligne de 4,5 litres de la Record, mais poussé de 170 à 190 chevaux, faisait de la T26 Grand Sport Coupé l’une des plus rapides voitures du monde à l’époque, dépassant les 200 km/h. Produite à 26 exemplaires environ (le chiffre reste une estimation) entre 1947 et 1951, la Grand Sport coupé eut droit à de nombreux carrossiers, Chapron, Franay, Van den Plas, Saoutchik, Graber ou Dubos, entre autres.

Celle exposée à Chantilly Arts et Elégance est quant à elle habillée par Figoni & Falaschi. Elle fut fabriquée en 1948 chez Talbot Lago puis livrée au carrossier qui la présenta au Mondial de l’Automobile. Il s’agit donc d’une vraie rareté. Détail amusant : sa calandre rappelle un zip de fermeture éclair. Normal puisque cet exemplaire était destiné à un industriel qui en fabriquait, justement.

La BMW Vision M Next fera ses débuts à Chantilly

Les concepts cars modernes

Preuve s’il en était que le Concours d’élégance de Chantilly prend de l’ampleur année après année, ce sont pas moins de 9 constructeurs qui y participent pour cette édition 2019, présentant leurs concept-cars les plus fous ou leurs supercars les plus exclusives. Bugatti par exemple présentera sa fameuse Voiture Noire, modèle unique destinée à un riche client. Aston Martin, de son côté, proposera sa “nouvelle” DB4 GT Zagato Continuation, version moderne de la Zag’ de l’époque présentée au Mans cette année (lire à ce sujet l’article sur la DB4 GT Zagato Sanction 2).

BMW créera l’événement avec la Vison M Next tout juste dévoilée à la presse cette semaine. Evocation de l’emblématique BMW M1, la M Next envisage un futur électrifié, certes, mais non dénué de plaisir (des yeux ou de conduite). DS quand à elle exposera sa désormais connue, mais toujours spectaculaire X E-Tense au design étrange et décalé. Lexus présentera son concept LC Cabriolet aux lignes tendues, dérivée du coupé LC toujours disponible en version V8 atmosphérique survitaminé.

Chez McLaren, c’est la Speedtail qui sera à l’honneur. Impressionnante tant physiquement que mécaniquement (avec ses 1 070 chevaux), elle rappellera aux visiteurs les McLaren F1 de compétition. Chez Honda, Renault et Volkswagen, on se la jouera plus modeste avec des concepts moins orientés luxe, sport ou exclusivité. Honda présentera ainsi sa fameuse E, hommage craquant à la Civic. VW de son côté tentera de séduire les amateurs d’aventure avec son ID Buggy quand Renault préférera jouer la carte de l’autonomie avec l’EZ-Ultimo.

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