Checker : la marque que tout le monde connaît sans connaître.

Dimanche 20 avril 2014
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Il y a des automobiles que tout le monde connaît sans pouvoir en citer la marque. Et même de grands connaisseurs de l’automobile sèchent parfois devant la photo d’une Checker, citant GM ou Chrysler sans jamais trouver la marque dont il s’agit. L’histoire de cette marque américaine est pourtant typique du « rêve américain ».

Morris Markin naît en 1893 à Smolensk, dans l’ouest de la Russie, et comme bon nombre de ses compatriotes, il fuira la misère pour découvrir l’amérique en 1912. Il arrive à Elis Island sans connaître un mot d’anglais, et sans un sou en poche. La générosité d’un garde, qui lui prêtera les 25 dollars nécessaires pour rentrer aux Etats-Unis, lui permettra de découvrir l’Amérique de tous les possibles.

La rare Marathon civile

Arrivé à New York, Morris partit à Chicago rejoindre son oncle. Embauché par un tailleur, il finit par racheter l’affaire à sa mort à crédit auprès de la veuve du pauvre homme. Mais comme tout immigrant, c’est un bosseur, et il parvient à faire venir ses nombreux frères et sœurs, et à commencer à « faire fortune ». Mais c’est la première guerre mondiale qui le propulsera grâce à la fourniture auprès de l’armée américaine de pantalons militaires.

Se souvenant qu’à lui aussi on avait prêté de l’argent, il prêta 15 000 dollars à un ingénieur , Lomberg, qui avait fondé la Commonwealth Motors, alors en difficulté, et qui produisait des véhicules destinés aux taxis sous la marque Mogul. Mais l’argent ne suffisant pas à éviter la faillite, Lomberg revint auprès de Markin, qui lui refusa plus d’argent, puis racheta la firme. Ainsi naquit la Markin Automobile Body, basée à Joliet, dans l’Illinois. Son principal client à l’époque ? La Checker Taxi’s Company, dont Markin racheta peu à peu les actions jusqu’à en prendre le contrôle total en 1937.

Ainsi, Markin, de petit tailleur de l’Illinois, devint constructeur automobile, s’assurant ses débouchés avec sa propre compagnie de Taxi (qui de Chicago, s’étendit aussi à New York). Markin Automobile Body fut rebaptisée Checker Motors Corporation. Celle-ci tenta dans les années 50 de se diversifier dans les vehicules pour particulier, sans succès, mais continua à rencontrer un grand succès auprès des chauffeurs et des compagnies de taxi.

A la mort de Markin, en 1970, la Checker Motor est à son apogée. A partir de ce moment là, Checker ne sut jamais se renouveler, et continua à produire quasi immuablement (malgré quelques améliorations techniques) ses taxis. Il faut dire qu’à l’instar du Black Cab londonnien (lire aussi : Le Black Cab londonnien), la Checker était devenue une icône difficile à changer, faisant désormais partie du patrimoine de Chicago ou New York.

La Checker Motor Corporation continua donc son petit bonhomme de chemin, après de multiples changement de propriétaires, jusqu’en 2009, date à laquelle elle fut le premier des constructeurs américains à se mettre sous la protection du chapitre 11 sur les faillites. Malgré cela, la marque cessera son activité au début 2010, laissant plus de 200 salariés sur le carreau.

Lire aussi: Taxis G7

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