Chevrolet Beretta : une petite américaine canon

Publié le mercredi 8 novembre 2017.
Mis à jour le dimanche 14 octobre 2018.
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Voilà une américaine qui me faisait de l’oeil à l’époque (j’étais ado). Une ligne réussie, une taille contenue, un look plutôt sportif, le tout avec un puissant 4 cylindres ou de petits V6 (enfin, pour l’Amérique) en mode traction : la Chevrolet Beretta singeait en somme les européennes, et moi j’aimais bien ça.

La Beretta, parue en 1987, était la version coupé de la berline Corsica, à laquelle fut offert le côté « sportif ». Malgré son air de ressemblance, la Beretta partage peu de pièces de carrosserie avec la Corsica. La ligne est superbe, tendue, et le traitement du pilier C et de coffre est de toute beauté: avec la Beretta, Chevrolet sublime sa fade berline Corsica. Les noms de ces deux modèles prouvent en tout cas qu’ils étaient clairement « typés » européens (enfin, l’idée que s’en faisait les américains). Un peu comme l’autre marque du groupe GM, Cadillac, s’offrait un cabriolet « à l’italienne » à la même époque (lire aussi : Cadillac Allanté).

En parlant de nom, revenons sur celui de notre coupé : Beretta, cela ne vous rappelle rien ? Ca y est, vous l’avez ? Un célèbre flingue italien, fabriqué par la Fabbrica d’Armi Pietro Beretta SpA, et dont le PDG, Pier Giuseppe Beretta vit d’un très mauvais œil l’utilisation de son nom sur une voiture (et ce sans que GM ait demandé l’autorisation). La voiture à peine lancée, les italiens attaquèrent les américains, et près de deux ans de lutte judiciaire s’en suivirent : le 25 mai 1989, la paix fut enfin signée de façon symbolique (Pier Giuseppe Beretta se vit offrir une Beretta GTU tandis que Roger Smith, le patron de GM, reçut un fusil et un pistolet signés Beretta) et de façon financière (GM s’engagea à verser 500 000 $ à la fondation Beretta pour la recherche contre le Cancer).

Revenons à notre coupé Beretta. Lors de son lancement, il fut proposé en 3 versions et 2 motorisations. La Beretta de base offrait un 4 cylindres de 2 litres et 90 chevaux, tandis que la GT et la GTU proposaient un V6 de 2.8 litres et 125 chevaux. La GTU se distinguait de la GT par un habillage plus sportif, avec des jantes alu de 16 pouces, un kit carrosserie et un aileron arrière différent. Mais tout cela restait un peu mou du genou.

C’est en 1990 que tout changea. D’une part, le 4 cylindres de l’offre « basique » gonflait à 2.2 litres et 95 ch, tandis que le V6 passait de 2.8 à 3.1 litres et 141 chevaux. Bon c’était déjà ça, mais surtout, la GTU fut remplacée par la GTZ, qui récupérait un 2.3 litres « Quad 4 » d’origine Oldsmobile développant tout de même près de 182 chevaux. Mieux, elle s’équipait d’une boîte manuelle 5 vitesses Getrag. A partir de cette année-là, les Beretta furent importées en France (en version GT V6 ou GTZ, pour 163 200 F, miam).

La gamme restera identique jusqu’en 1994, date à laquelle la GT et la GTZ furent remplacées par un seul modèle, la Z26 disponible soit en V6 (dont la puissance passait alors à 160 ch) soit en Quad 4 (dont la puissance chutait à 170 chevaux). Cette année-là sera d’ailleurs la dernière année d’importation en France. La Beretta commençait à sentir le poids des années et poursuivit sa carrière calmement aux USA avec un V6 repassant à 155 chevaux dès 1995. La dernière voiture tombera des chaînes le 30 juillet 1996.

La Beretta n’aura jamais connu de dérivé cabriolet. Il y eut bien des projets, ainsi qu’une modèle unique à arceau destiné à jouer les Pace Cars aux 500 miles d’Indianapolis, mais qui restera un modèle unique. Dommage car un tel dérivé aurait pu titiller la concurrence Chrysler et sa LeBaron (lire aussi : Chrysler LeBaron). A moins que la priorité fut donnée à la version cabriolet de la Cavalier ?

Peu importe. Ce qui est sûr c’est que l’importation en France pendant presque 4 années rendra plus grandes vos chances d’en trouver, et surtout vous dispensera d’une fastidieuse importation parallèle, youpi. Ces voitures ne sont pas vraiment recherchées, et se négocient donc à des tarifs tout à fait raisonnables. A bon compte, vous vous offrirez alors soit un V6 onctueux « à l’américaine », soit un 4 pattes Quad 4 bien rauque et puissant à souhait (182 ch à cette époque, c’était pas rien). N’oubliez donc pas de jeter un œil vers cette américaine lors de vos prochaines recherches.

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9 commentaires

philippe

Le 08/11/2017 à 11:27

Merci Paul.
Même la berline Lumina dont elle est dérivée est bien dessinée contrairement à la Corsica de niveau inférieur, importée aussi à l’époque avec le V6 3.1 de 141cv mais fadasse esthétiquement et finie à l’américaine.
Les petites GM des années 80 à 2000 sont plus courantes en Suisse qu’en France pour cause de fiscalité hélas mais elles sont très sympa. Pontiac GrandAm, Oldsmobile Cutlass Supreme, Chevrolet Lumina, Buick Century etc … avec le V6 3.1 si possible.

philippe

Le 08/11/2017 à 11:32

Oups pardon non la Beretta dérive bien de la Corsica et non de la Lumina (dont elle se rapproche stylistiquement néanmoins).

Paul

Le 08/11/2017 à 11:36

ah ah ah tu es pardonné, j’avoue que la présence simultanée dans la gamme Chevy US de la Corsica/Beretta (berline/coupé), de la Cavalier (berline, coupé, et cabriolet) et de la Lumina (berline, coupé, break et MPV) avec les mêmes moteurs (notamment le V6 3.1) laisse un peu songeur sur leurs positionnement respectifs 😉

Eddy123

Le 08/11/2017 à 13:41

Si un jour tu passes sur Bordeaux, j’ai une Citation coupé avec le fameux v6 en 2.8l…. et la plateforme qui sera dérivé pour la Beretta.
Elle est d’origine sauf la couleur. ..

Germain

Le 08/11/2017 à 14:40

Une « Beretta » issue de la « Corsica » y a pas ils ont de l’humour et ils aiment les clichés chez GM

Bryan

Le 08/11/2017 à 20:25

Dans ma régions en Belgique dans la fin des années 90/début 2000 , c’etait on va dire’ une caisse de «  black »

Rodrigo

Le 08/11/2017 à 22:22

Assez courante en Belgique au début des années 90, tout comme les Pontiac TransAm et les Buick Park Avenue, par ailleurs.

François-Xavier

Le 17/11/2017 à 10:17

« l’absence » de poignée de porte est intéressante et étonnamment novatrice. Nul doute que cette idée finira par s’imposer (c’est déjà le cas sur les portières arrières d’un certain nombre de berlines – Merci Monsieur De Silva), soit de cette façon, soit via l’utilisation de poignée affleurantes comme celles des Tesla, Velar et autres DS7 Crossback (ou, autrefois, Cisitalia, Simca 8 Sport, …)
Puisse Porsche se souvenir des autos précitées au moment de renouveler la 991 !

F-X

Pierre Boccaletti

Le 20/12/2018 à 03:27

Une voiture fantastique. Élégante bien qu’un peu tape à l’oeil, mais lorsque j’avais la mienne, elle faisait très clairement son effet. Excellent chassis pour une américaine, et que dire du moteur… Une merveille ! 4 cylindres certes, mais un vrai bonheur qui n’a rien a envier aux v6 américains. Une fiabilité très correct malgré ce que j’avais pu lire ou entendre. J’ai gardé la mienne 10 ans, et fait 65000 kilomètres avec, et je n’ai jamais eu le moindre problème. Simplement un bon entretien régulier et le respect de la mécanique. Bref, 10 années de bonheurs, a tel point que je songe des fois a en reprendre une comme voiture du dimanche. Le seul hic : Tomber sur une voiture de cet age la en bon état deviens difficile de nos jours…

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