Chevrolet El Camino 5 : la fin d’une légende

Publié le vendredi 13 octobre 2017.
Mis à jour le samedi 15 décembre 2018.
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Ce n’est pas la plus mythique, ni la plus belle, et encore moins la plus puissante des Chevrolet El Camino. Pourtant, cette 5ème génération apparue en 1978 m’a toujours fait de l’oeil. Sûrement parce que son look moderne et agréable me semblait plus familier. Normal puisque chez Chevrolet, on ne s’était pas trop embêter pour son pick-up vedette en reprenant sans chichis la face avant de la Malibu. Voici donc la petite histoire de la dernière de la lignée El Camino, la 5ème !

Si le pick-up dérivé d’une berline n’est plus à la mode aux Etats-Unis depuis l’apparition massive des pick-ups 4×4 dans les années 80 (sous l’impulsion des japonais notamment), il fut un temps où il faisait partie du paysage à l’instar de l’Australie et de ses Ute (lire aussi : Holden Ute). Lancée en 1959, la 1ère génération d’El Camino donnera naissance à une longue descendance qui ne s’éteindra qu’en 1987 !

El Camino Black Knight (en haut) et Royal Knight (en bas). Discret non ?

Contrairement à la France, où la distinction entre utilitaires et véhicules particuliers se voyait rien qu’au look, aux Etats-Unis, la frontière était plus mince : l’utilitaire était parfois aussi l’unique véhicule, et se devait d’avoir un look, et pourquoi pas un moteur. La El Camino se forgea sa réputation justement sur ces deux critères, look et puissance, particulièrement dans sa version SS (Super Sport) qui devint mythique notamment avec le V8 454ci de… 450 chevaux !!!

Avec la 5ème génération, Chevrolet redevenait plus raisonnable, et c’est probablement la raison de la désaffection des américains pour ce modèle aujourd’hui. D’une certaine manière, Chevy revenait à l’origine en proposant un pick-up utilitaire avec une large benne et des moteurs éprouvés mais plus économiques (notamment des V6). Pour le look, il s’agissait plus de « niveaux de finition » : Classic, Black Knight puis rapidement Royal Knight, Conquista et Super Sport. Sacrilège pour les puristes : même associé au plus gros des moteurs, le V8 350ci (5,7 litres) de 170 ch, le sigle SS n’était plus, en fait, qu’une simple finition, bien loin de la sportivité affichée des précédents El Camino SS.

Malgré ces reproches faciles à faire a posteriori, la Chevrolet El Camino 5ème du nom ne fut pas un bide. La crise du pétrole de 1979 justifiait les choix d’un « petit moteur » V6 en entrée de gamme (de 95 à 115 ch selon les années et les versions)… Pire, le pick-up phare de Chevy eut même droit, au moment du « restylage » et du passage en 1982 à la nouvelle plate-forme G-Body (toujours propulsion, comme la précédente A-Body rwd) à un V8 diesel de 350ci (5.7) et 105 chevaux (oui le rendement est impressionnant, je sais!).

Par rapport à l’El Camino 4, qui se vendait entre 40 et 50 000 exemplaires en moyenne par an, l’El Camino 5 tombait entre 20 et 30 000 assez rapidement, malgré une première année 1978 au sommet (54 286 ex), et une deuxième, 1979, au top (58 008 ex). Cependant, il ne faut pas juger trop vite cette 5ème génération. Malgré la disparition de ses plus gros moteurs, ce pick-up populaire conservait l’essentiel, le look (il suffit de voir les photos des finitions Black Knight/Royal Knight pour s’en convaincre), tout en devenant plus économique. Et si les ventes annuelles connurent une baisse significative par rapport à sa devancière, c’est surtout parce qu’une nouvelle concurrence était née : celle des 4×4 !

En haut, le S-10 dans sa version pick-up fut le principal concurrent d’El Camino. En bas, la version GMC Caballero

D’ailleurs, dès 1982, Chevrolet lançait son S-10 en version pick up : le pire ennemi de l’El Camino était au sein de la famille ! Malgré cette concurrence interne, l’El Camino durera dix années au catalogue et sur les chaînes (à partir de 1985, produite uniquement au Mexique), lui permettant d’atteindre des ventes globales (317 163 ex) supérieures à sa devancière (249 141 ex). Enfin, sachez qu’il existe une version quasi identique (du moins en termes de moteurs) chez GMC sous le nom de Caballero ! Celle-ci s’avère vraiment rare puisque sur la même période (1978-1987), il ne s’en vendit que 37 719 exemplaires.

La version SS par Choo Choo Customs

Si vous cherchez un exemplaire de cette 5ème El Camino, mais qu’il vous faut tant l’excentricité que la rareté, mettez-vous en quête d’une SS version Choo Choo. Oui je vous voir rire et rigoler d’avance. Il ne s’agit ici que d’un tuner sis à Chattanooga, Tennessee (oui, bon, Choo Choo de Chattanooga, c’est pas mieux), qui, à partir de 1983, proposa une version plus agressive de la SS avec le plein accord de Chevrolet. Avis aux amateurs, mais il faudra assumer !

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5 commentaires

Rayan

Le 13/10/2017 à 17:39

Un Berline pick up avec un gros V8 Que demandez de mieux ?

Eddy123

Le 13/10/2017 à 20:46

Je l’adore cette génération.. sûrement car je l’ai eu faite en maquette 1/25eme (accompagné de sa remorque porte bateau)… et que c’est pile poile ma période de voiture….

Rodrigo

Le 13/10/2017 à 22:11

“oui, bon, Choo Choo de Chattanooga, c’est pas mieux”

En fait, si, puisque c’est une référence sympathique à l’un des plus gros tubes du temps des big bands: https://youtu.be/AJUKOdehuiI

Fred

Le 14/10/2018 à 17:45

Tu me coupes l’herbe sous le pied, c’est l’histoire d’un train qui déportait les indiens il me semble.

Alain

Le 14/10/2017 à 11:46

En France aussi nous avons notre « Ute »… une berline transformée en Pick-up… la 504!

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