Chrysler LeBaron 1986: mon rêve américain !

Mardi 22 décembre 2015
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Ce n’est pas la peine d’essayer de me faire la liste des défauts de la Chrysler LeBaron 3ème du nom, vous n’arriverez pas à la faire descendre de mon panthéon personnel. Il y a des voitures comme cela, qui vous marquent à jamais malgré des moteurs parfois anémiques ou des tenues de route aléatoires, tout simplement parce qu’elles vous vendent du rêve, de l’exotisme, bref, parce qu’elles symbolisent le voyage.

La LeBaron de 1982 est bien plus classique que celle de 1986 avec ses phares escamotables !
La LeBaron de 1982 est bien plus classique que celle de 1986 avec ses phares escamotables !

L’arrivée de Lee Iacocca à la tête de Chrysler en provenance de Ford, en 1978, a très certainement sauvé la marque au Pentastar. Après s’être débarrassé des encombrantes filiales européennes (lire aussi : Histoire du rachat de Chrysler Europe par Peugeot), avoir imposé une meilleure gestion (fini le temps où les stocks s’accumulaient sur les parkings des usines), et surtout avoir relancé Chrysler sur le créneau des compactes à traction avec la plate-forme K, Lee Iacocca et son état-major peut enfin, à partir de 1982, voir l’avenir sereinement : il n’aura fallu que 4 ans pour redresser le n°3 américain !

LeBaron 01

La LeBaron qui a touché mon cœur pour toujours n’est pas celle, très quelconque, basée sur cette fameuse plate-forme K et lancée en 1982, mais la suivante, lancée fin 1986 (AM 87) et basée sur la plate-forme J. Tout en gardant ce nom si exotique et français en même temps, naturellement empreint d’une certaine noblesse (fut-elle petite), la 3ème génération des coupés et cabriolets LeBaron sera pour moi le summum de l’américaine moderne.

LeBaron 07 Gamme

Tout en gardant ce qui fait la saveur des voitures américaines (équipement pléthorique, tendance au cuir bordeaux, voire blanc, boîte automatique à 3 rapports, puis 4), elle propose une vraie personnalité. Si la LeBaron est immédiatement reconnaissable, elle le doit sans aucun doute à ses phares avant escamotables du plus bel effet. Pour tout dire, c’est uniquement son regard si particulier qui m’a fait l’aimer au départ. Aujourd’hui, les phares escamotables sont passés de mode, mais en cette fin des années 80, ils sont encore un signe distinctif de sportivité (Venturi, Ferrari par exemple) ou de luxe (comme cette Chrysler).

LeBaron 04
Vous noterez le prix canon de la LeBaron, l’une des raisons de son succès !

Aussi donc, rien qu’avec ses phares et ses intérieurs exotiques pour l’européen que je suis, la LeBaron m’avait séduit pour toujours. Pourtant côté moteurs, on était loin de l’extase. Aux Etats-Unis, elle était proposée avec un 4 cylindres 2,5 litres atmo (100 ch, dingue!) ou turbo (146 ch), mais aussi le 2,2 litres turbo (avec intercooler) de 177 ch pour la GTC. L’anémique moteur atmosphérique ne sera jamais importé en France par Sonauto, heureusement. En revanche, on eut malheureusement droit à un improbable V6 3 litres d’origine Mitsubishi (le grand allié de Chrysler à l’époque) qui offrait à son heureux conducteur 136 chevaux paresseux, et qui éclipsera malheureusement la GTC au catalogue français !

LeBaron 09

Mais le vrai crime de lèse majesté ne sera pas ce V6 qui malgré tout correspondait plutôt bien à la philosophie très « cruising sur Sunset Boulevard », mais bien le restylage de 1993 ! Les stylistes, ces béotiens, crurent malin de retirer à la LeBaron sa signature : adieu les phares escamotables, place à deux optiques quelconques, en forme de sucette. A partir de là, la LeBaron n’a plus aucun intérêt ! Elle restera en fabrication jusqu’en 1994 en coupé, et 1995 en cabriolet, et sera vendue jusqu’en 1996. Au total, 567 000 exemplaires de ce duo de choc (346 000 cabriolets et 221 000 coupés) seront vendus en 10 ans.

La version GTC et ses 177 ch fait particulièrement envie !
La version GTC et ses 177 ch fait particulièrement envie !

Aujourd’hui, on trouve un sacré paquet de LeBaron dans les petites annonces du Bon Coin ou d’ailleurs, et surtout à tous les prix. Relativement robuste et fiable, la LeBaron ne connaît surtout que des problèmes, certes enquiquinants mais pas rhédibitoires, d’électricité capricieuse, avec des équipements qui fonctionnent de façon aléatoire au fil des années. De quoi s’arracher les cheveux, devoir descendre de sa voiture au péage de l’autoroute pour cause de vitres électriques bloquées par exemple, mais cela arrive aussi sur la Citroën C5 de ma mère (lire aussi : Citroën C5 mk1).

La restylage de 1993 enlève tout intérêt stylistique à la LeBaron, dommage !
La restylage de 1993 enlève tout intérêt stylistique à la LeBaron, dommage !

En tout cas, pour des tarifs très raisonnables (voire indécents) on peut s’offrir un peu d’Amérique, un habitacle hyper confortable et richement doté, un peu de performance (en version GTC), beaucoup de plaisir (en version cabriolet notamment), et l’assurance de faire tourner les têtes presque aussi sûrement (et même plus) que si vous rouliez dans la version revisitée par Maserati, la Chrysler TC (lire aussi : Chrysler TC by Maserati), conçue pour contrer l’offensive « à l’européenne » de la Cadillac Allanté (lire aussi : Cadillac Allanté).

 

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11 commentaires

Willy

Le 22/12/2015 à 12:49

L’Auto-Journal ou l’automobile Magazine avait osé faire un comparatif de cette américaine avec l’Audi 90 coupé en 1988. Ceci peut nous paraître insensé, cependant, les américaines jouissaient encore à l’époque d’une image exotique pas encore écornée par leur qualité douteuse, en faisant ainsi des concurrentes potentielles aux marques premiums. L’automobile à en tout cas bien évolué durant ces 30 dernières années, pourrait-on imaginer un comparatif entre une Audi A5 et une Chrysler 200 coupé ? Quoi qu’il en soit, d’accord avec vous sur l’esthétique de la bête, fine, racée mais discrète. L’Audi 90 coupé était en comparaison un tantinet pachydermique.

Eddy123

Le 22/12/2015 à 13:43

Bonjour!!!

La!! tu me parles!! j’ai une LeBaron cabrio de 86 (donc dernière modèles des Le Baron née en 82.
Moteur 2.5l atmosphérique (qui comme le 2.2l n’a rien avoir avec les moteurs de la Peugeot 505).
La tenu de route et très Européenne car la plateforme K a été mise au point par Simca, propriété de Chrysler à l’époque.
Elle a seulement comme l’Horizon/Omni US un train arrière « simpliste ».
Pour la plat forme « j », c’est simplement un dépoussiérage de la plateforme K et pour spécifier les « coupé » de la gamme a partir de 87.
Voir le site Allpar, très complet pour tout ce qui touche la marque au diamant.

Mon père ayant une Le Baron de 89 (2.5l turbo) et l’ayant démonté tout comme une Le Baron de 86 que j’avais acheté pour pièce (une 2.2l turbo, moteur semblable a l’Omni Shelby), je peux assuré que c’est les mêmes autos avec une carrosserie différente et des freins a disque pour les roues arrières en remplacement des tambours sur les modèles post 87.

Eddy123

Le 22/12/2015 à 13:48

Pour les vitres elec, c’est pas un problème elec mais mecanique très très facile a répare.
C’est le pignons entre le moteur elec et le mécanisme de la glace qui se fend (« plastique »)?
on en trouve neuf sur les site type Rock auto pour presque rien et en 20mins c’est changé….

Jean

Le 23/12/2015 à 02:18

Bien que mon américaine favorite soit la Pontiac Firebird de 1982, je suis tout à fait d’accord dans les grandes lignes concernant cette LeBaron; le restylage donne dans le « japonisant », et c’est en effet bien dommage que nous n’ayons eu droit qu’au V6 Mitsu.

« L’Auto-Journal ou l’automobile Magazine avait osé faire un comparatif de cette américaine avec l’Audi 90 coupé en 1988. Ceci peut nous paraître insensé »
On parle bien du coupé Audi de 1988, dont le style est fortement inspiré de la Toyota Celica ST165? J’ai l’impression qu’on aime bien taper sur les américaines et pourtant… Dans la production actuelle, certains produits US en offrent au moins autant que les allemands. Pas dans le bas de gamme pour sur, mais une Cadillac CTS Coupé, par exemple, peut certainement se comparer à une Audi A5…

Mais je suis d’accord avec la fin de votre analyse, le style du Coupé Audi était pataud. Je trouve le Cabriolet plus réussi.

Gds

Le 23/12/2015 à 15:19

La Buck GNX était pas mal non plus dans le genre reve américain des années 1980 (pas une bonne décennie pour eux à quelque modèles près…), à défaut d’etre importée chez nous

Greg

Le 23/12/2015 à 15:34

Mon rêve américain à moi, c’est la « petite » Cadillac Séville de 3ème génération, 1986-1991 🙂
La Séville est née précisément pour contrer les imports de berlines allemandes.
Il se trouve que le1er modèle a eu du succès, mais pas auprès de la clientèle escompté!
GM voulait toucher les « yuppies » (young urban people) et les « dinks » (double income – no kids) mais la Seville plaisait aux dames d’un certain âge qui appréciaient son confort et sa maniabilité (par rapport aux Cads king size…)
La 3ème génération de Séville, celle qui m’intéresse, tente de nouveau de proposer une alternative aux imports européens (donc allemands!).
Et ce fut… un bide, les 2 premières années.
C’est cette génération qui voit apparaître la version « STS ».
D’une manière générale, j’aime bien les américaines de la 2ème moitié des eighties, avec leur curieux profil « formal roof » (lunette arrière quasi verticale).
Un petit faible pour les Camaro et Corvette ’84 aussi (Jerry Palmer).

Heloic D.

Le 29/12/2015 à 17:57

Totalement d’accord sur cette vision de la Chrysler Le Baron.
Mes parents avaient la GTC Turbo coupé blanche avec ses phares escamotables et sa grille peinte en blanc également! un look d’enfer avec l’intérieur gris pale…
pour l’époque j’avais 21 ans ça poussait fort ! presque 230 (on pouvait rouler!) et je me souviens de la décharge du turbo quand on poussait trop les limites 😉
Je me souviens également de sa consommation pour mon budget sortie de l’époque :-/
un détail que je n’ai pas revu souvent dans els autos c’est la clim qui gelait littéralement le bas du PB! 😀 incroyable! j’ai toujours trouvé cette auto sympa!
La citerne d’essence nécessaire avait pousser mes parents à la revendre!
j’en reprendrait bien un pour essayer mais les perfs de l’époque sont largement surannées de nos jours !

Heloic D.

Le 29/12/2015 à 18:09

je précise presque 230 compteur 😀 elle devait avoir un truc touché sur le boitier car elle bouffait aussi souvent des trains de pneus 😀

roch vel pokwiczal michel

Le 07/11/2016 à 14:19

bonjour

roch vel pokwiczal michel

Le 07/11/2016 à 14:20

bonjour a toi

Apeks

Le 05/07/2017 à 09:55

Bonjour,
Je possède une LeBaron blanche de 91 convertible, avec interieur Bordeaux à phares escamotables. Motorisation V6 couplée à une boite manuelle 6 rapports (une option que vous n’avez pas précisée). L’expérience de rouler décapoté en bord de mer est incroyable, le V6 sait se faire entendre quand on lui demande, la boite de vitesse est tres souple. Hormis les problèmes mécaniques des vitres electriques arrières changées 2 fois et l’usure de la capote d’origine qui m’ont poussé à la changer (30 ans), c’est une voiture qui a de la prestance et un look rétro qui atire la sympathie.
On regrettera seulement un freinage très lourd, qui dissuade de vouloir trop chercher les limites dynamiques du véhicule qui sait être à l’aise dans une conduite pépère avec quelques accélérations dynamiques, hors virages et recherche de chronos sérrés.
La consommation sur autoroute est de 9l au 100 et de 14l en ville, en jouant un peu du v6, je ne dirais pas qu’il faille une « citerne » comme celà à été dit , mais il faut se rappeller qu’il s’agit bien d’un v6 des années 80-90.
À vivre , lexpérience est toute en élégance à l’ancienne!

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