Citroën 2CV Basket : la voiture des « djeuns » !

Lundi 29 février 2016
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Aujourd’hui, parler d’une 2CV, c’est parler… d’une voiture de collection. Il est loin le temps de mon enfance, où l’on en croisait un maximum, au point d’en faire un jeu dans la voiture, avec mes sœurs : « 2CV verte, à moi le bonheur » (et hop, que je te pince le bras bien fort!). La 2CV dans les années 70 et 80, c’était la voiture de madame, la voiture à tout faire, la camionnette utilitaire (dont la C15 prendra brillamment la relève), mais aussi (et parfois surtout) une voiture de… jeunes !

La Deuche ? Une voiture de jeune jusque dans les années 90 !
La Deuche ? Une voiture de jeune jusque dans les années 90 !

Pas chère à l’achat, elle pouvait être la première voiture neuve, ou bien la première voiture d’occasion. Plus fréquemment, c’était la voiture de maman qui servait aux rejetons une fois le permis en poche. Même au début des années 90, cette idée de « première voiture » perdurait. Dire que ma mère au début des années 70 partait à l’aventure en Italie avec la 2CV, et que moi, 20 ans plus tard ou presque, je me rendait dans les soirées berrichonnes dans une voiture identique, conduite par un ami du coin (attention les virages). Bizarrement, cela ne choquait personne : la 2CV était là, dans le paysage, immuable, même si nous lorgnions avec envie sur les Peugeot 205 ou  Citroën AX de certains veinards…

La 2CV Spot fut la première série spéciale (1800 exemplaires) sur base 2CV, en 1976 !
La 2CV Spot fut la première série spéciale (1800 exemplaires) sur base 2CV, en 1976 !

Citroën a toujours, à un moment ou à un autre, surfer sur l’image « jeune » de la 2CV, dans ses versions classiques comme dans ses séries spéciales : Spot, Cocorico, France 3, ou même 007 (et oui, même James la conduisit). De l’autre côté du Spectre, la Charleston aux tendances rétro s’adressait plutôt à des adultes confirmés et nostalgiques (les élèves de primaire du Collège Stanislas dans les années 80 se souviennent sûrement de la Charleston de Mademoiselle Bouygues, qui n’était pas de première jeunesse).

Basket 03

Bref, dans les Seventies, Citroën vend sa 2CV à toutes les sauces, et s’en sert pour des opérations de promotion et de relations publiques. Quelqu’un au service « promotion » eu l’idée d’organiser en 1976 un concours de décoration pour affirmer la ligne « djeuns » de la deuche ! Et quoi de plus jeune dans les années 70, que la basket ! Adidas venait de lancer (enfin, en 1973) la fameuse Stan Smith, que tous les jeunes ou presque (moi y compris) portèrent pendant 20 ans (et qui revient en force aujourd’hui au rayon vintage ! Et croyez moi, personne de plus de 30 ans ne portait des baskets à l’époque (je n’ai jamais vu mes parents en mettre, alors qu’aujourd’hui, les parent modernes en mettent même avec leurs costumes).

Basket 04

C’est une jeune étudiante de l’école Camondo (une célèbre école de style française), Claire Pagniez, qui eut l’idée de redécorer la 2CV comme une paire de basket, avec les lacets devant, et la languette derrière… Simple, mais encore fallait-il y penser. Claire remporte haut la main et Citroën, grand prince, réalisera 2 exemplaires de celle qui s’appellera désormais la 2CV Basket ! Ces deux modèles existent toujours aujourd’hui, et sont sans doute les plus rares des deuches !

Basket 02

Si la grande série ne fut jamais envisagée, l’idée resservira quelques années plus tard, en Espagne. La filiale espagnole de Citroën ne pouvait laisser passer l’occasion du Mundial 1982 (rappelez-vous, Battiston, Schumacher, cette folle demi-finale!) et recycla le concept en lançant une série limitée à 300 exemplaires, la 2CV Marcatelo. Si le design change un peu (les teintes virant à l’orange), le concept des lacets sur le capot reste bien présent.

La 2CV Marcatelo espagnole, 300 exemplaires en 1982 !
La 2CV Marcatelo espagnole, 300 exemplaires en 1982 !

Si vous cherchez une 2CV Basket, il faudra sans doute faire une offre TRES alléchante (et sans doute démesurée par rapport à la voiture). Peut-être serait-il plus judicieux de partir en Espagne à la recherche d’une Marcatelo ?

 

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7 commentaires

Guepe

Le 29/02/2016 à 15:21

Hey !
Ma première voiture était une Diane, pas très coté mais tellement plus pratique avec son hayon !
La deuch, c’était, dans les années 80, la voiture pas chère et on lorgnait sur les 4L, plus confortables, plus performante et surtout avec un vrai chauffage !

Que de bon souvenirs…
Par contre je n’avais jamais entendu parlé de 2CV Basket… je croyais que c’était un des premiers menus de chez McDo !

Greg

Le 29/02/2016 à 16:50

Ma 1ère voiture fut… une 2CV, bien sûr!
Une Spécial de 1976, ou AZKB, les tatoués au chevron verront tout de suite de quoi il s’agit 😉

La Deuche, dans les années 50, c’est un produit de 1ère nécessité, disponible au compte gouttes (la faute au Plan Pons…) pour une clientèle choisie par Citroën: vétérinaires de campagne, représentants de commerce, curés…
Dans les années 60, les capacités de production répondent enfin à la demande, la 2CV née utilitaire et rurale, devient familiale et citadine.
Dans les années 70, la 2CV est concurrencée par des autos bien plus modernes, pratiques, et rationnelles.
La jeunesse contestataire se l’approprie comme un symbole, la 2CV devient un instrument de liberté.
Citroën est alors sensible à la marche du temps, Liberté est la thématique d’un des plus beaux catalogues publicitaires pour la 2CV, le « Delpire » indispensable à tout collectionneur.
La direction de la communication joint le geste à la parole en créant des « raids » ouverts aux « jeunes »: Paris-Kaboul, Paris-Persepolis…
Faut pas se voiler la face, quand Citroën organise ce concours de personnalisation, c’est parce que les ventes de la 2CV déclinent et ont besoin d’un soutien urgent!
Ben oui, les djeun’s achètent leurs Deudeuches d’occasion…
La martingale, ce sera… les séries spéciales.
Après le coup d’essai de la Basket, les séries spéciales, agrémentées d’une déco personnalisée et nom accrocheur, vont suivre à un rythme… industriel, sous la houlette de Serge GEVIN.
La 1ère, c’est la Spot.
La 007 relève d’un coup de génie qui a permis d’écouler un stock d’invendus grâce à un jeu de stickers
La Charleston quant à elle aura tellement de succès qu’elle entrera finalement au catalogue comme un modèle régulier.

Paul

Le 29/02/2016 à 16:56

Merci pour ces intéressantes et passionnantes précisions !! 😀

claire

Le 18/06/2019 à 21:57

Bonsoir,
Je suis Claire « la jeune étudiante de l’Ecole Camondo » qui a gagné le concours de personnalisation de la 2CV en 1976.
A l’époque Citroên avait proposé aux élèves de 3ème année de l’école d’architecture et de design Camondo de déterminer les moyens graphiques et chromatiques propres à personnaliser un produit industriel de grande diffusion- Ils choisirent pour cela la berline Citroên 2CV et mirent à disposition des élèves des plans cotés, dessins et même une voiture réelle.
L’expérience fut une réussite totale. Quelques 60 projets ont vu le jour et c’est en effet le mien qui a gagné et a été réalisé par Citroën en 2 exemplaires. Les 2 baskets bleu-blanc-rouge ont été un temps exposées au stand Citroën des Champs Elysées et Jean-Loup Lafont qui animait sur Europe 1 une émission quotidienne pour les jeunes du nom de « Basket » a choisi pour une de ses émission de la faire au milieu des 2 voitures tricolores.
« La 2CV c’est le pied »c’était le slogan de Citroën pour cette voiture. J’ai roulé dedans ( pas tout à fait incognito) un certain nombre d’années. Le 2ème modèle a été offert comme premier prix de la tombola du Gala des artistes et je sais qu’elle roulait aussi dans Paris mais je ne l’ai jamais croisée…

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