Citroën C15 : soyez visionnaires !

Dimanche 1 mars 2015
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La Citroën C15 est un mythe, n’en déplaise à certain, et mine de rien, c’était pas gagné, mais alors pas du tout ! Look ingrat, patchwork technique, le C15, lancé en 1984, n’avait pas grand chose pour lui, et devait succéder à l’Acadiane (lire aussi: Citroën Acadiane), chère au cœur des français. Mais contre toute attente, le C15 a tenu son rang avec brio jusqu’en 2006. Mieux : il est devenu une icône sans que personne ne s’en aperçoive, tranquillement, sans faire de bruit. On regardait le C15 avec moquerie il y a 20 ans, on le regarde avec bienveillance et nostalgie aujourd’hui. Sûr que bientôt, il deviendra collector !

C15 01

Le C15 est en tout cas la preuve qu’il n’y a pas besoin d’être beau pour réussir. Bien sûr, dans le domaine de l’utilitaire, ce critère n’est pas essentiel, j’en conviens, mais tout de même, qui aurait parié un kopeck sur cet utilitaire cache misère en 1984 ? Sûrement pas moi, et j’aurai eu tort, car il avait en fait tout pour lui. Surtout, mais seul le temps pouvait le dire, il avait une qualité majeure : il était increvable. D’ailleurs, 10 ans après l’arrêt de sa production, on en croise encore un sacré paquet sur les routes, particulièrement en province.

C15 07

Voiture des artisans, des paysans, des commerçants, des sociétés de livraisons, il s’est immiscé partout, discrètement, sans la ramener, répondant à toutes les sollicitations avec bravoure et endurance : c’est la marque des champions ! Réussir à conquérir les cœurs et les souvenirs (car chacun, j’en suis sûr, a un souvenir en C15) en loucedé, c’est la marque d’un mythe naissant. Et puis il suffit de se pencher sur les chiffres : 1 181 471 exemplaires ça force le respect !

C15 02

Au début des années 80, alors que Peugeot est tout entier consacré au lancement de la 205, c’est à Citroën que l’on confie le soin d’occuper le terrain de l’utilitaire léger : pour une fois, les rôles sont partagés ! D’ailleurs, Citroën utilisera la Visa comme base, avec son avant si caractéristique (bien qu’elle soit déjà âgée de 6 ans), empêchant presque naturellement tout clonage chez les cousins du Lion ! Pas con ! De toute façon, PSA est à cours de cash, et le peu de ce qu’il reste est affecté à la 205, qui s’avérera un pari gagnant. C’est donc avec un budget limité que la marque aux Chevrons s’attaque au marché peu valorisant (en terme d’image) des utilitaires légers.

C15 03

Châssis et carrosserie avant de Visa donc, mais aussi train arrière de Peugeot 305 (lire aussi: Peugeot 305), et moteurs « Poissy » de chez Talbot Simca ou Peugeot X. Un vrai patchwork certes, mais cohérent, et surtout robuste, fiable et facile à réparer. Un bon point pour un utilitaire, qui s’avérera essentiel dans sa carrière. Car si on voit encore autant de C15 roulantes, c’est bien parce qu’elles sont increvables ces camionnettes ! Et puis elles passent partout, même sans transmission intégrale ! L’inévitable Dangel tenta bien d’en proposer une version à 4 roues motrices dès 1990, mais était-ce bien nécessaire ? : tout le monde vous le dira, le C15 passe partout, même avec deux roues motrices.

C15 05 Dangel

Non content d’inonder le marché français, le C15 s’est aussi exporté, notamment en Grande Bretagne où il rencontra son petit succès, et surtout il fut fabriqué en Espagne, au Portugal, au Maroc (par la Somaca, lire aussi : La Somaca) ou en Pologne. C’est d’ailleurs des chaînes de Vigo, en Espagne en 2006, que tomba le dernier C15. Il eut aussi droit à de nombreux dérivés de « carrossiers », chez Dangel donc, chez les « classiques » Gruau ou Durisotti, mais aussi chez De Léottard (spécialiste des 6 roues), ou Imesa en Espagne pour une version pick up.

C15 06

Au delà du succès purement commercial, le C15 a conquis les cœurs, à tel point que le spécialiste de la nostalgie en forme de Top 10, Topito, en a fait un « Top 10 des raisons de se procurer un C15 là, maintenant, tout de suite » (lire aussi : Topito: top 10 des raisons d’acheter un C15): drôle mais surtout tellement vrai. Car c’est vrai que pour des tarifs frisant le ridiculement bas, on peut s’offrir une bête de somme, facile à (rarement) réparer, économique, utile, et surtout bientôt culte. Car à l’heure des Youngtimers, nul doute que le C15 se glissera dans quelques années dans le monde de la collection. Préservé par sa longévité et sa fiabilité, il en reste encore beaucoup en circulation, en de multiples versions, du tôlé à la familiale. En bref, y’en a pour tous les goûts. Et sa drôle de tronche, croyez moi, deviendra bientôt un argument solide ! Soyez visionnaire : achetez là !

Pour admirer les inombrables versions du C15: Citroenet.org

 

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6 commentaires

J2M

Le 01/03/2015 à 12:59

Oyez, oyez et croyez-en un utilisateur averti : la très moche Visa, dans toutes ses exécutions et notamment celle-ci, était supérieure à sa très belle demie-sœur, la 205, star de l’époque.
Cette exécution (au propre comme au figuré, puis qu’il s’agit d’une Visa Diesel sur les deux premiers mètres), alliait la fiabilité et les performances du diesel PSA et des trains roulants, issus pour l’arrière de la 305 break (amortos horizontaux). Du coup elle passait partout, en donnant l’impression de survoler les bosses.
Oui, la pas-si-moche-que-ça Visa prend sa revanche : c’est un vrai collector !
Enfant de la douleur, la Visa avait une « gueule » !

Paul

Le 01/03/2015 à 13:03

« Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule » ? C’est exactement ce à quoi je pensais en écrivant ces quelques lignes. Effectivement, c’est un des reproches que je fais aux automobiles modernes: elles manquent de personnalité malgré leur beauté.

mad

Le 02/06/2015 à 14:33

J’aurais bien vu un pick-up « GTI » avec un XU9 130 ch ! Toutes les pièces sont déja dans le meccano… Vivement la carte grise collection.

ElPatou

Le 23/08/2015 à 14:45

Cet engin aux parfums nostalgiques et bienveillants connait deux vies.
1) « Voiture des artisans, des paysans, des commerçants, des sociétés de livraisons » pour vous citer
2) aujourd’hui véhicule de chasseur fauché, de retraité pêcheur, de « traine-végétaux-déchetterie ». Sa deuxième vie, plus tranquille que son passé de dur labeur, est malheureusement presque toujours ponctué aussi de mauvais traitements, voire d’abandons en entretien.

Dommage car c’est du solide, ça demande un entretien frugal, c’est plus qu’abordable et s’arrache à petit prix pour le moment).
Bientôt, il atteindra le même statut que l’Express à la bouille plus sympathique. D’ailleurs, beaucoup de gens s’intéressent au mien, à me demander quand le vendrais-je…

Matthieu

Le 23/07/2017 à 20:07

Je suis en train de m’amuser à refaire un c15, je suis sur la fin, je l’ai monté démonté et remonté quelques fois.
Je doute qu’acheter un C15 là tout de suite maintenant en placement financier soit une bonne idée. Si on lui colle pas une restauration à fonds perdus, ce sera juste un gros tas de rouille quand ça commencera à couter du pognon.
Il suffit aussi d’aller faire un tour dans les casses pour se rendre compte qu’ils n’en ont plus, et le peu qui sont morts mais pas encore broyés ont tous les mêmes maladies: gache de porte gauche dessoudée (j’y ai eu droit), baie de pare brise en dentelle (j’y ai eu droit), et pied avant complètement bouffé (oui, aussi…)
Ca c’est juste sur la caisse, qu’on ne trouve plus en neuf.
Les ouvrants sont aussi tous rongés par la rouille mais on trouve de l’adaptable en neuf. (Ceux en casse sont tous morts aussi).
D’un point de vue mécanique, tout est super simple ! Les trains roulants sont honteusement simples, pour peu qu’on prenne le souci de train arr a temps.

Bref, faut vraiment être carrossier et avoir du temps en trop pour en acheter un aujourd’hui et vouloir le garder.

Alain

Le 12/02/2019 à 16:50

La C15 n’est pas, n’a jamais été moche! La 205 Multi est une horreur. Même en ayant eu les contraintes de production que vous décrivez dans l’article qui lui est consacré, il aurait été possible de lui donner meilleure mine plutôt que ce look de sanisette années 1980. La C15 possède une calandre spécifique bien dessinée qui n’est pas celle de la Visa. La Renault Express est-elle plus jolie?… euh! Pas forcément. Ce sont les jantes de la C15 qui n’ont jamais été très réussies. Un ami ingénieur chez PSA me disait avant 2006 qu’ils se faisaient des cojones de oro avec cet utilitaire. Et quelle heureuse surprise de voir que le modèle dans ses dernières années avait passé l’épreuve des crash tests, ce qui lui a donné un peu de temps en plus.

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