Citroën CX : la dernière vraie Citroën !

Publié le dimanche 25 mai 2014.
Mis à jour le jeudi 4 juillet 2019.
Retour

La CX n’a pas eu la carrière qu’elle méritait mais ne s’en est finalement pas trop mal tirée. Il faut dire qu’elle est née dans des conditions particulièrement difficiles. A l’origine, la CX ne devait pas chapeauter la gamme Citroën, mais plutôt remplacer les versions de base de la DS, tandis que les versions haut de gamme (DS23) seraient remplacées par une version à 4 portes de la SM, dotée du fameux (mais peu fiable) V6 Maserati (Henri Chapron réalisera des SM 4 portes appelées Opéra, lire aussi: Citroën Chapron Opéra).

CX 01

Mais en ce début des années 70, rien ne va comme prévu. La crise pétrolière détruit tous les espoirs mis par Citroën dans sa superbe SM, et Michelin, l’actionnaire principal, s’agace de cette lourde danseuse qu’est la marque aux Chevrons. Maserati est lâchement abandonnée par sa maison mère et laissée en quasi faillite (Alejandro de Tomaso rachètera l’affaire pour quasiment rien avec l’appui de l’Etat Italien). Quant à Citroën, elle est vendu à Peugeot pour une bouchée de pain.

CX 06 LIMOUSINE

Drôle d’alliance que Citroën et Peugeot que tout sépare à l’époque : innovation technologique contre rusticité et fiabilité, lignes originales contre classicisme bourgeois etc, bref le ying et le yang de l’automobile. C’est dans ces conditions difficiles que sort la CX, qui finalement aura la lourde tâche de remplacer seule la DS. Une chose est sûre, la CX est une vraie Citroën, au dessin fluide et qui, tout au long de ses 17 ans de carrière et malgré quelques liftings, saura garder sa prestance malgré l’absence de motorisations « nobles ».

CX 02

En effet, la CX n’aura jamais droit au V6 PRV de ses cousines Peugeot et même Talbot (la Tagora SX aura même droit au plus puissant des PRV, lire : Talbot Tagora SX). Malgré ce handicap, la CX ne s’en sortira pas trop mal, jouant sur ses qualités propres : une tenue de route hors-pair et finalement des performances parfois ébouriffantes malgré tout. Les dernières versions de GTI dotées du 2,5 litres turbo développent tout de même 168 ch (on dépasse la puissance du PRV de l’époque), et font de la CX un véritable TGV de la route.

CX 03

Surtout, la CX saura satisfaire toute la clientèle possible : les familles avec ses versions de base, ses diesels besogneux ou ses versions break familiales (8 places!), les sportifs avec les GTI et GTI Turbo 2, les patrons avec les Prestige à l’empattement allongé (5m de long) que Jacques Chirac rendra célèbre en 1995, 4 ans après la fin de la CX, le citroëniste passionné qui adorera les petits « plus » comme le compteur de vitesse « pèse personne », la direction Diravi, la suspension hydropneumatique, l’ergonomie « satellitaire », la liseuse extensible (façon scoubidou).

CX 05 Intérieur

Après, chacun ses goûts : la série 1 a un style plus pur, tandis que la série 2 semble plus moderne (même si elle perd certains « attributs » Citroën) et est surtout plus performantes. Sachez qu’elle fut un temps exportée de façon rocambolesque et non-officielle aux Etats-Unis (lire: CX Auto). Aujourd’hui, on trouve des CX à tous les prix, mais en bon état elle commence à prendre de la valeur, surtout dans les versions Prestige, GTI et Turbo 2.

CX 04 Pallas

Entre 1974 et 1991, plus de 1 millions de CX furent produites. Si beaucoup ont disparu de leur belle mort ou à l’occasion de primes à la casse successives, il n’est pas rare d’en croiser dans la circulation de tous les jours, preuve de leur robustesse et de leur fiabilité. Attention cependant aux bataves, grands amateurs de Citroën qui ont tendance à racheter tout ce qui est en bon état avec deux chevrons dessus.

Citro-n-CX-Honecker-729x486-915709e728d06015

Enfin, il y eut un amateur « peu catholique » de CX en la personne d’Erich Honecker, le maître de la RDA) qui s’en fit livré quelques exemplaires spéciaux pour lui et la STASI (lire : La Stasi roulait en Citroën !)

 

Articles associés

4 commentaires

Michaël

Le 21/01/2015 à 12:08

Je suis d’accord, la ligne a très bien vieillie, je trouve. Longue et élégante, malgré un porte à faux long comme un livre de finances publiques (surtout, visuellement, sur les phases 2). J’aimerais, un jour, en avoir une.

mad

Le 26/05/2015 à 23:15

Une voiture injustement méprisée. Un véritable fleuron technologique, une voiture unique, inimitable, incroyable, à tout point de vue. La dernière Citroën mérite beaucoup mieux que cette réputation de « voiture de retraité provincial ». La première que j’ai conduite fut une 25RD atmospherique. Un couple phénomenal, une vivacité incroyable, j’avais peine à croire que j’étais au volant d’un diesel même pas turbo… Inutile de parler de la version suralimentée qui fut longtemps le diesel le plus rapide du monde. Que dire de la GTI et de son moteur onctueux ? De la turbo 2 qui supporte sans broncher des préparations à plus de 250 ch ? Que dire de cette sensation de tapis volant ? De cette direction directe, du freinage surpuissant associé à l’ABS ? La CX, c’est un monde à part. Bien sûr, il faut admettre l’entretien complexe, le bruit, les boîtes de vitesses un peu rétives et la qualité de finition médiocre. Les ciels de toit qui se décollent par exemple. Mais pour le reste, ce n’est QUE du bonheur.

Phil

Le 13/06/2015 à 19:56

Les soucis de finitions étaient finalement assez récurrents dans les années 70/80. Si la CX était légère sur ce point, il faut aussi constater que ce n’était pas beaucoup mieux chez les autres constructeurs, qu’ils soient français ou même étrangers La Renault 25 faisait certes illusion grâce à sa conception plus moderne, reste que l’agencement intérieur restait assez « cheap ». Seuls les constructeurs allemands proposaient des finitions de qualité et dont la tenue dans le temps reste proverbiale en comparaison. Pour le reste, je suis assez d’accord. Mon père a eu trois CX toutes en diesel (2.5 Pallas D atmosphérique, puis turbo et turbo 2) qu’il a gardées assez longtemps, et j’ai toujours adoré cette voiture (il est vrai que ma nostalgie envers ce modèle ne me rend certes pas très objectif). Reste que ses qualités routières et de confort restent très actuelles. Aujourd’hui, la CX est une étoile montante dans le petit monde des youngtimers, sa cote d’amour a bien remonté (parce que considérée comme la dernière vraie Citroën), et les beaux modèles sont âprement recherchés par les amateurs (en particulier les hollandais qui sont très friands des Citroën anciennes). Après, il ne faut pas se voiler la face, pour rouler en CX aujourd’hui, il vaut largement mieux être bricoleur, posséder un garage bien sec et avoir des relations, car les pièces détachées ne sont plus produites, les garages n’acceptent pas toujours de telles « mamies ». Et les versions turbo essence (considérées comme les Saint Graal) demandent un certain budget également, leur coût de restauration peut vite devenir effrayant si l’entretien a été négligé. Bref, une voiture de passionnés, plus vraiment destinée à des conducteurs lambda.

Max

Le 30/11/2018 à 13:31

Bonjour la CX était la voiture familiale de mes parents dans les années 80 et une de mes premières voitures quand mon père me prêtait « SA » CX c’était une 22 TRS 115 cv et pour moi qui roulait en 4L F6 c’était un avion cette CX, elle avait un indicateur d’économie de conduite bien avant la Prius ! 3 leds VERT / JAUNE / Rouge au milieu du tableau de bord.

Mon autre souvenir le « bouton » de freinage à la place de la pédale c’était parfois un peu brutal et la tenue de route !

Tous les étés Grenoble l’ atlantique 2 jours de route avec une étape via Clermont et les nationales du « centre » et la caravane les routes du puy de dôme que des bons souvenirs et pas besoin de cric pour changer une roue il suffisait de monter la voiture

C’était la seconde CX avant nous avions eu une reflex type 1 avec les compteurs rotatifs à à loupe.

Bref pourquoi pas en acheter une un de ses jours

Laisser un commentaire