Citroën DS : une sacrée ID devenue « mythologique » !

Samedi 29 avril 2017
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Je l’avoue, voilà 3 ans que je recule devant l’obstacle. La DS est un mythe (c’est pas moi qui le dit, c’est Roland Barthes) auquel on ne s’attaque pas aussi facilement. J’avais feinté en parlant de l’ID, moins connue et souvent confondue avec sa sœur (lire aussi : Citroën ID) mais il fallait bien qu’un jour je m’y colle. Ce jour est arrivé et j’en suis tout tremblant, car des ayatollahs il y a, surtout sur l’internet !

Petit rappel tout de même. Si aujourd’hui la déesse est adulée, je me souviens des années 80, où le garagiste filait 100 balles (des francs, pas des euros) pour qu’on le débarrasse de ces voitures invendables. « Voiture de Gitans » disait-on à l’époque, comme on peut le voir dans l’excellent film « Les Démons de Jésus ». Voilà ce qu’était la DS dans les années 80, après avoir été la star des années 50, 60 et même 70. A l’époque, on pouvait s’offrir des Chapron à vil prix (lire aussi: Citroën DS Chapron Lorraine), des cab’ usine pour le prix d’une Majorette (lire aussi: Citroën DS Cabriolet Usine), des DS19 pour trois francs six sous, des breaks gigantesques en faisant du bénef’ avant même la revente. Aujourd’hui tout coûte cher : le temps est passé par là, la nostalgie aussi, et surtout chacun finit par se souvenir de l’avant-gardisme de la DS, de sa place dans l’histoire automobile. Il était temps !

Parler de la DS, c’est en fait parler de l’automobile : les connaisseurs savent depuis longtemps à quoi ils ont à faire, les amateurs font monter les prix à rebours, parce que tout à coup ils s’en souviennent, de cette DS qui leur à fouter la gerbe à chaque bosse ou chaque virage. Le pognon et la situation aidant, ils veulent à nouveau payer leur nausée à prix fort. Cela dit, je ne suis pas contre la hausse des prix : cela oblige à suivre derrière, id est assurer la rénovation, l’entretien hors de prix, et finalement la préservation de l’espèce, même si cela met certaines DS hors de portée du commun des mortels. Ils se rattraperont toujours sur une ID, et au pire sur une GS (et pourquoi pas birotor, lire aussi : GS Birotor) ou une CX (lire aussi : Citroën CX).

Présentée en 1955, la DS est une révolution. Révolution de style, signé Flaminio Bertoni, révolution technique (l’hydraulique à tous les étages, déjà testée sur la 15-6 H, lire aussi : Citroën 15/6H mais aussi le volant monobranche, la boîte de vitesse etc), révolution tout court dans une France qui se reconstruit et qui a besoin de symboles. Une DS ne ressemble à rien d’autre qu’une DS. Elle peuplera dès lors les nationales, les palais républicains, et les films populaires (Fantomas en particulier, mais tous les films de Louis de Funès, la star de l’époque, en général). Une voiture tellement en avance sur son temps qu’elle figurera dans les années 80 dans « Retour vers le Futur » en Taxi volant : il est vrai que son profil s’y prêtait bien !

Vous l’aurez compris, je ne vous parlerai pas vraiment de technique, mais de la DS au sens large. On aura beau se moquer d’une voiture « sans moteur », elle permettait de survoler la route, voire même de sauver le Général sur trois roues ! Elle offrait une autre vision de l’automobile, finalement très gaulliste en avance (ou en retard) : imaginez la sensation que sa présentation a pu faire en 1955, alors que la plupart des marques expérimentaient tout juste le style « ponton ». Quelle révolution pour une voiture haut de gamme qu’un style de coupé avec les roues aux quatre coins ? Il fallait être Citroën pour faire rouler les pontes de la République dans un engin aussi différent.

Pendant presque 20 ans, la France entière, et parfois l’étranger, va vouloir rouler en DS pour montrer sa réussite, son patriotisme, ou parfois (à l’étranger surtout) sa différence. Voilà la seule preuve de masse que l’avant-garde et la bourgeoisie pouvaient faire bon ménage. Durant les années 60, aucune voiture de même standing ne lui fera de l’ombre. Certes il faudra parfois lui créer des dérivés plus accessibles (ID puis Dsuper), tant elle déroutait à tout point de vue, mais avouons le, peu de bagnoles auront marqué leur époque et leur pays comme la DS.

Revenons à Roland Barthes et à « Mythologies » : il n’aura pas fallu deux ans entre la présentation de la DS (1955) et la parution du recueil au Seuil en 1957 pour que l’ami philosophe et sémiologue ne s’en empare pour en faire un symbole de la société de consommation et des 30 glorieuses. Cette DS portait bien son nom, malgré un jeu de mot tout de même meilleur que celui qui nomma sa sœur ID. Adorée dans les années 50 et 60, devenue ringarde au milieu des années 80, et adulée dans les années 2010, la DS aura tout connu, jusqu’à ce qu’elle atteigne le Nirvana : un modèle en bon état s’arrache chez Artcurial, Bonhams ou autres !

La DS, c’était une sacrée ID !

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16 commentaires

Quentin R.

Le 29/04/2017 à 14:19

C’était pas la peine d’avoir peur, tu t’en sors bien 😉
Encore une auto que j’aimerais voir dans mon garage…

Alex c.

Le 29/04/2017 à 16:00

Bon article. Et comme tu le dis la ds est un rêve aujourd’hui inaccessible mais il y a tellement d’autres Citroën cultes personnellement une des premières gs avec le compte tours « so 70’s » aujourd’hui me suffirait !

pipom

Le 29/04/2017 à 18:43

Non,pas inaccessible, pour 25K€ j’en connais une à vendre en trés bon état, et oui, c’est quand même moins chers que chez Artcurial, Bonhams et Cie !

Rayan

Le 29/04/2017 à 21:11

JE LA VEUX la voiture de Fantômas et de Victor Pivert

pipom

Le 29/04/2017 à 21:16

et en version fusée au musée du Mans 😉

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fsmbesnard

Le 30/04/2017 à 08:12

« voire même de sauver le Général sur trois roues »

Si c’est bien une allusion à l’attentat du Petit Clamart, la DS du général avait bien ses quatre roues mais deux pneus crevés par les balles.
Une petite avarie à laquelle la fameuse suspension « hydropneumatique », qui disparaît avec la C5 ces jours-ci, permettait de palier.

Olive 244 T

Le 30/04/2017 à 11:22

La Ds, il y a le conducteur AVANT et le conducteur APRES…

Ce n’est plus la même personne. Vraiment…

C’est peut-être l’occasion de faire connaissance avec d’autres Citroën hydrauliques moins mythiques que l’Id-Ds, mais aussi admirables sur la route telles que la Gs, la Cx, la Bx, la Xm…

A l’exception de quelques modèles précis, ces dernières se montrent abordables, même en usage quotidien.

A vous de créer la légende!

Bons Chevrons!

Rachek

Le 30/04/2017 à 18:18

Bien dommage qu’il ne ressorte pas cette voiture même moderne mais avec la même ligne de carrosserie je crois qu’il y aurait beaucoup d acheteur

Michel

Le 01/05/2017 à 16:20

Voiture qui fait rêver très agréable à conduire) mais son entretien se révèle coûteux

Michel

Le 01/05/2017 à 16:22

Je doute que ses descendantes du 21ème siècle, (DS3-4-5 et a venir) aient un jour une telle aura, si la marque DS existe encore dans quelques temps

fc30

Le 01/05/2017 à 19:39

Comparer la « marque » DS avec le modèle éponyme est effectivement affligeant… Enfin, pour avoir vu un de ses spécialistes en action (à vous dégouter de travailler dans l’automobile…), rien ne m’étonnera de la part du marketing PSA.

J2M

Le 01/05/2017 à 17:43

Enfin un article sur la DS, qui analyse et qui ne se contente pas de décrire ce que les moins de 50 ans ne peuvent pas vraiment connaître. Chapeau bas ! Les ventes s’effondrent dès la rentrée 74. Et les premières CX, uniquement en 2000 jusqu’en janvier 75, sont livrée sans se presser par Citroën, d’ailleurs mal en point, et pas d’une qualité de fabrication extraordinaire.
En voici une que je rêve d’avoir dans mon garage pour trois raisons.
D’abord parce que le souvenir personnel est celui de l’émerveillement d’un petit garçon de dix ans dont le père revient un samedi matin de mars 75 d’une « vente foire » Citroën avec une 2200 club sans crier gare. Oh mes aïeux, j’en rêve encore !
Ensuite parce que dans ses deux premières livrées de 74-75, c’est la plus pure en termes de style (Ah, la 2200 et ses moonlights!). Et la plus rare.
Enfin parce que les essais de l’époque confirment, surtout pour la 2200, que le chassis, la direction, les freins et le confort sont à un niveau jamais rencontrés ensemble sur une berline européenne de ce prix. Magnifique (dernier) boulot d’un bureau d’ingénieurs exceptionnel !
Et même le 2,2 l de la DS21, un peu retravaillé donnait des résultats encore convaincants.
Une sacrée bagnole, plus facile à entretenir aujourd’hui que la DS, mais complètement oubliée, et c’est bien dommage.
Mais en trouver une en parfait état relève du miracle…

Jean-yves

Le 01/05/2017 à 17:53

Je viens d’en croiser une douzaine aujourd’hui, près du col de vizzanone en corse, accompagnées d’une SM et d’une CX.
Le tout en parfait état : merci au clubs de faire rouler ce patrimoine.

DS en Provence

Le 09/05/2017 à 18:05

Bonjour Jean Yves,
Merci pour votre commentaire.
Nous sommes un club du Var DS en Provence et nous faisions notre 2ème Tour de Corse du 27 avril au 5 mai. Si ça vous intéresse, vous pouvez voir des photos de notre périple sur la page Facebook du Club et visiter notre site web. Amicalement Pascal

lelillois

Le 08/05/2017 à 11:54

La DS 23 Pallas IE et la CX 2400 Pallas de mon grand pére m’ont rendues malades ! trop souples … mais c’était des super bagnoles …

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