Citroën DSuper Chapron Découvrable : qui c’est celle-là ?

Publié le jeudi 24 octobre 2019.
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Les Citroën ID ou DS, c’est super, mais désormais tellement convenu ! Aujourd’hui, pour épater la galerie, il faut un peu plus qu’une simple berline. Une version portugaise par exemple, produite à Mangualde, voire une version yougoslave, encore plus rare. A moins que vous ne réussissiez à convaincre l’actuel propriétaire allemand de l’unique exemplaire de la Citroën DSuper Chapron Découvrable de vous céder son précieux. Alors oui, on pourra dire de vous “qui c’est celui-là ?”.

Se mettre en chasse de drôles d’oiseaux comme cette DSuper très spéciale est un sport pour amateurs avertis. Il faut déjà avoir goûté à bien d’autres modèles de collection, ou alors avoir des goûts particuliers, pour préférer mettre le prix sur une berline découvrable plutôt que sur un élégant Cabriolet Usine ou une SM aux petits oignons. Mais que voulez-vous, cette race de chasseurs d’autos existe, et mérite ces petites pépites au pedigree incomparable.

Une voiture de presse très spéciale

Remontons le temps, jusqu’en 1970 exactement. Cette année-là, cela fait 15 ans que les DS et ID (tout juste renommées DSpecial et DSuper) écument les routes, mais elles gardent encore de leur prestige en ce début de l’ère Pompidolienne. A cette époque, c’est une valeur sûre et c’est exactement ce que se dit le journal Le Provençal basé à Marseille et propriété de Gaston Defferre. Le quotidien régional (qui donnera naissance à La Provence en fusionnant avec Le Méridional en 1997), cherche une voiture qui soit à la fois capable de le représenter avantageusement tout en permettant à ses “reporters” de suivre les événements sportifs sur route (les courses de vélos en général, très en vogue, et le Tour de France en particulier) le tout dans un certain confort.

Prestige, confort, élégance et possibilité de transformation ? La Citroën DS répond à ce cahier des charges : voilà des années que le carrossier Henri Chapron réalise, en plus de ses cabriolets ou coupés de luxe, des transformations sur base d’ID Break à destination des quotidiens ou des grandes radios nationales. C’est donc à Levallois, dans les ateliers de Chapron, que la nouvelle voiture du Provençal va être réalisée. Point de break ID, ni de berline classique, mais une authentique découvrable sur base de DSuper. Il s’agit de la nouvelle appellation de l’ID20 depuis le millésime 1970, dotée du 4 cylindres 1 985 cc de 91 chevaux DIN. 

Une DSuper plutôt qu’une DS21

Le choix de la DSuper plutôt qu’une DS21 s’explique par la volonté des dirigeants du journal de disposer d’une voiture éprouvée et fiable, sans les évolutions techniques du modèle supérieur. Chapron va alors créer un cabriolet 4 portes, à la capote en cuir rabattable lunette comprise, tout en conservant l’ensemble des montants et piliers pour plus de rigidité. La voiture est livrée blanche, capote noire, avec des porte-fanions à l’avant, et une solide barre de toit pour permettre aux journalistes de se tenir debout. Rapidement, elle portera sur ses flancs les noms du Provençal et de son allié national, Le Soir. Contrairement au rumeur, le quotidien ne commandera qu’un seul exemplaire, mais la confusion d’un deuxième cabriolet s’explique par l’existence d’une réplique noire, artisanale.

Pierre Vassiliu s’approprie la DSuper

En 1978, le Provençal décide de se séparer de sa vaillante DSuper Chapron pour des véhicules plus modernes, et vend sa pépite à un psychiatre marseillais. Mais n’allez pas croire que sa carrière médiatique s’achève ici. En 1982, le Docteur Lardennois revend la voiture à une célébrité, Pierre Vassiliu installé dans le Lubéron depuis 1970. Le chanteur farfelu et iconoclaste de “Qui c’est celui-là ?” devient propriétaire de cette Chapron unique. Avec sa drôle de gueule, il s’achète une drôle de caisse qu’il repeindra en vert : elle restera en sa possession jusqu’en 1989 puis revendue et remisée pendant une vingtaine d’années avant de retrouver ses couleurs d’origines et son lustre d’antan dans les années 2000.

Elle réapparaît en 2012, restaurée, lors d’une vente Artcurial sur le salon parisien Rétromobile. Elle est alors estimée entre 90 000 et 140 000 euros. Elle finira un peu plus tard par entrer en possession du collectionneur allemand Hans-Ulrich Scholpp, grand amateur de Citroën en général (une vingtaine de modèles, dont 9 DS et 3 Tractions). Vous savez donc où vous adressez pour tenter d’acquérir cette DSuper unique.

Crédit photo : Artcurial, DR

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1 commentaire

michel

Le 08/11/2019 à 11:04

Il existe en Normandie un modèle similaire, que so propriétaire expose presque tous les ans au salon de ROUEN (septembre).
Elle n’est pas en état concours, mais semble fonctionner correctement. Elle semble également moins luxueuse. Je ne crois pas avoir vu de logo Chapron sur la voiture, il s’agit peut-être d’une initiative isolée.

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