Citroën Dyane : la maudite !

Jeudi 12 juin 2014
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Difficile d’être toujours comparée à la 2CV lorsqu’on était censée la remplacer et que l’on mourut avant elle. L’exceptionnelle longévité de la 2CV, et son succès toujours palpable aujourd’hui, donnera à la Citroën Dyane la réputation d’avoir été un échec monumental. N’importe quelle autre voiture aurait été qualifiée de succès, avec plus d’1,4 millions de véhicules produits, et une carrière de 16 ans. Mais voilà, la Dyane n’a pas eu de chance en s’attaquant à un mythe.

Dyane 06

Car lors de son apparition en 1967, le carnet de route était clair : remplacer la deuche. Mais les stratèges du quai de Javel ne voulurent pas déstabiliser leur clientèle et proposèrent une voiture finalement très proche de son aînée. Bien sûr, son style est plus carré, plus moderne pensait-on à l’époque, mais justement, son design « moderne » lui faisait perdre le charme que conservait la 2CV : un style rondouillard et franchouillard qui séduisait campagnards et citadins, quelle que soit la classe sociale.

Dyane 05

Dyane 09

Pourtant la Dyane faisait globalement mieux que la 2CV. Si au tout début elle fut équipé du même bicylindres de 425 cm3, elle le troqua vite pour un 435 cm3 inédit (Dyane 4) puis le 602 cm3 de l’Ami 6 offrant la faramineuse puissance de… 29 ch. Oui mais cet avantage là, elle le perdit en 1979 lorsque la 2CV adopte elle aussi ce « gros » moteur pour devenir la 2CV6. Décidément, rien ne lui aura été épargné. Dès lors, les jeux étaient joués d’avance. Elle s’éteindra en 1983 laissant la 2CV poursuivre seule sa carrière jusqu’en 1990.

Dyane 07

Heureusement, la vie réserve des surprises. Car à l’heure où les deuches atteignent aujourd’hui des prix quasi rédhibitoires aujourd’hui, la Dyane pourrait bien prendre sa revanche. Car hormis son look plus carré (au demeurant très proche de celui de sa sœur), elle a tout d’une 2CV, mais à des prix bien plus abordables. Les tarifs et la pénurie de l’une feront peut-être le renouveau de l’autre. Aujourd’hui, on trouve des Dyane à des prix très bas (à partir de 1000 euros). Pour ce prix là, vous pouvez vous offrir presque un mythe, avec en prime un statut d’original.

Dyane 08

En tout cas, sachez profiter de l’aubaine, ces tarifs risquant d’augmenter inexorablement. Sachez en outre que, comme sa sœurs, la Dyane est disponible en version « découvrable » à capote en toile, ce qui en fera une voiture idéale pour l’été, sur votre lieu de villégiature. Vous pourrez alors profiter du son inimitable du flat twin en allant au marché ou à la plage. Je dis ça, je dis rien !

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16 commentaires

L'Ornithorynque

Le 17/01/2015 à 15:48

Elle s’attaque aussi à la 4L, au delà de l’idée de remplacer la deuche !

Dimitri Baumgartner

Le 19/01/2015 à 16:57

Quand est-il de la légende (urbaine ?) qui veut que la Dyane ait été étudiée pour devenir Panhard ?

Medved

Le 21/06/2015 à 17:42

Il s’agit plutôt d’un transfert de compétences: ce sont effectivement les dessinateurs et les carrossiers de Panhard (nouvellement racheté par Citron) qui feront la Dyane.
La légende dit que ce sont les carrossiers Panhard qui ont fabriqué la carrosserie définitive à partir de tôles martelées à froid sur une maquette en bois de Dyane grandeur nature… 🙂
Vous voyez le topos?!
Pour ma part j’ai eu une Dyane, et n’ai eu qu’à m’en féliciter: adorable!

Manuel

Le 18/04/2016 à 22:09

Ce ne serait pas plutôt 1969 ou 70 la sortie de la 2CV6 ? (et non 1979)

Paul

Le 18/04/2016 à 22:12

exact, une coquille 😉

Sull

Le 29/04/2016 à 08:47

Et c’est toujours pas corrigé ? 😛

Diane

Le 16/06/2018 à 23:25

Février 70. Il y aura le choix entre 2CV 4, 2CV 6, Dyane 4 (Luxe) et Dyane 6 (Confort)

pierre

Le 18/04/2016 à 23:08

la Dyane démontre que Citroen n’a jamais plus crée de voitures intéressantes depuis le couple 2CV/DS. Ils sont restés sur les bases établies (2CV) et ont essayé de multiplier les variantes………..avec l’insuccès que l’on sait, au point d’aboutir à se faire racheter et de mettre des chevrons aux Peugeot actuelles.

Olivier Guin

Le 07/05/2016 à 15:41

Ce raccourci pique vraiment les yeux ! Il y a eu heureusement bien d’autres modèles innovants et intéressants avant le rachat de Peugeot, à commencer côté production avec les GS et la SM.

Et le déclin de Citroen est plutôt lié à un éparpillement de projets plus ou moins pertinents, qui engloutiront des fortunes tout au long des années 60 et au début des années 70 :

1/ Tout d’abord, au sortir de la guerre, la France met en place le Plan Pons afin de répartir les matières premières et la production (qui produira quoi sur quel segment) et le plan Marshall permet aux constructeurs de redémarrer. Mais Citroën refuse toute aide pour ne pas avoir de compte à rendre à l’État, et ce manque de moyens va les fragiliser durablement.

2/ Côté modèles :
– À partir de 1961, les chevrons se retrouve avec une gamme composée de deux modèles aux antipodes, passant de l’Ami à 3CV à l’ID à 11CV. Dans un premier temps, ils tergiversent pour combler ce trou puis se décident finalement à offrir une gamme complète. Pour ce segment intermédiaire bien trop large, ils décident d’étudier et de développer le projet F, un véhicule innovant, modulaire, qui doit être décliné en deux largeurs de caisses, plusieurs types de motorisations : 4 cylindres à plat, en ligne, rotatif et deux types de suspensions : torsions et hydropneumatiques. Le projet validé, les presses sont commandées mais Citroën découvre par la suite la Renault 16, beaucoup trop ressemblante et utilisant par ailleurs une invention que les chevrons avaient développés (mais qu’ils n’avaient pas voulu breveté jusqu’à la commercialisation du véhicule pour garder leur leadership.) Il y aura même des présomptions d’espionnage industriel mais Régie oblige, Bercot baissera les bras et l’affaire sera classée sans suite. Au final l’abandon de ce projet inédit et IN-TÉ-RE-SSANT si proche du but aura brûlé beaucoup de cash.
– Le retard pris avec la F aura pour conséquence de créer à la fin de la décennie un bouchon côté développement et investissements puisqu’il faut en parallèle continuer de moderniser la gamme existante à moindre frais : restyling de la DS et sortie de la Dyane en 67, (pour laquelle il était demandé par économie à ce qu’elle puisse être assemblée sur les mêmes chaînes que la 2CV), Méhari en 68, rafraîchissement de l’Ami en 69, sortie de la la GS et la SM en 70.

3/ Côté finances :
En parallèle s’ajoutent des opérations gourmandes au retour sur investissement parfois hasardeux :
– la prise de contrôle de Panhard et de Berliet en 67 ;
– en 68 le rachat d’un Maserati en piteux état et le rapprochement avec NSU pour le développement du gourmand Wankel (avec la création de la Comotor) ;
– Toujours en 68, le projet de fusion avec Fiat, qui aboutira à la prise en charge des Autobianchi en France, au développement du moteur Fire, mais aussi à l’étude d’une citadine commune : ce qui donnera la Fiat 127 d’un côté, mais après le véto de l’État, finalement pas grand chose côté Citroën, hormis les bases de la future Visa (Projet Y1) ;

4/ Côté structurel :
Enfin, même si la GS a été développée en un temps record et à l’économie, ce qui mettra définitivement à genou Citroën, c’est coup sur coup le 1er choc pétrolier suivi de la loi sur la limitation de vitesse, plombant sérieusement les ventes de la marque ce qui engendrera d’immenses stocks pour la GS, l’abandon du birotor et bien sûr la complète mévente de la SM.
Et Michelin, effrayé, fera appel à l’État pour trouver un allié tricolore !

Paul

Le 07/05/2016 à 15:48

Très intéressante vision « plan large »… qui manque parfois aux amateurs !

Olivier Guin

Le 07/05/2016 à 16:19

Merci ! La Dyane est vraiment une voiture que j’aime de plus en plus. Et pour l’anecdote, Dyane est l’anagramme de Dyna 😉

Paul

Le 07/05/2016 à 16:37

Oui je m’en faisais récemment la remarque… et si je regrette que « Citroën ait tué Panhard », j’ai beau retourner le problème dans tous les sens, comment faire autrement, du moins à l’époque !

Olivier Guin

Le 07/05/2016 à 17:16

En fait Paul (je te réponds ici car le reply ne fonctionne plus), comme tu le sais déjà, Citroën avait un grand besoin de place et lorgnait sur les usines PL pour assembler les AK. Mais je pense qu’ils auraient pu garder la marque Panhard, ne serait-ce parce qu’ils avaient dans leur carton le projet de la 24 en berline 4 portes et en break, que Citroën avait retoqué par peur de cannibalisation. Ceci dit, je pense qu’il y avait la place en plaçant Panhard sur un créneau plus sportif. Et à l’arrivée, j’aurai bien vu une addition Panhard + Maserati avec une SM sous label PL.

Antoine

Le 15/02/2017 à 20:34

Très intéressant. Où trouver plus de détails sur ce projet F?
Un petit article Boîtier Rouge pour les incultes de l’histoire automobile? 😀

Olivier Guin

Le 21/04/2016 à 02:10

Effectivement, ce sont bien les stylistes de PL, Louis Bionier assisté de René Ducassou-Péhau et André Jouan, qui ont dessiné la Dyane car la charge de travail du bureau d’étude Citroën était alors pleine à craquer.

Dans le lien ci-dessous, 3 esquisses de la face avant :
https://fr.pinterest.com/pin/341358846730561057/

Medvejonoc

Le 21/04/2016 à 07:32

y’a un ptit côté « CD » avec les optiques de la deuxième esquisse, non?

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