Citroën SM Mylord : cabriolet exclusif

Publié le mercredi 6 février 2019.
Mis à jour le vendredi 29 mars 2019.
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Au salon Rétromobile, on trouve évidemment les grands standards de la collection automobile, dont la Citroën SM fait partie. Mais il faut faire preuve d’attention et d’un goût pour les voitures décalées pour repérer certaines versions “spéciales”, hors-série et souvent connues que des initiés. L’énorme stand Citroën célébrant les 100 ans de la marque est monumental, mais c’est un peu à l’écart qu’on peut trouver une vraie perle rare : la Citroën SM Mylord, rare déclinaison cabriolet réalisée par le carrossier Henri Chapron.

Lorsque la SM est sortie en 1970, Chapron vivait déjà depuis quelques années une histoire d’amour avec Citroën, produisant pour son propre compte, puis pour le compte de la marque, les DS et ID Cabriolet. Avec la sortie de cet étonnant coupé, fruit de la collaboration de Citroën et de sa désormais filiale Maserati (pour le moteur), la France retrouvait un peu des couleurs dans le haut de gamme alors que Facel-Vega n’avait pas survécu aux années 60.

Pour le carrossier parisien Henri Chapron, la présentation de la SM est l’occasion inespérée de prolonger sa collaboration avec le constructeur de Javel. Pourquoi ne pas refaire le coup de la DS en décapsulant la SM. Citroën verrait sans doute d’un bon oeil cette initiative et lui en confierait sans nul doute la production. Ce n’était pas un luxe alors que les revenus du carrossier baissaient drastiquement.

Au salon de Paris 1971, Chapron pouvait présenter sa nouvelle création, la Mylord. Avec l’ablation du toit, ce cabriolet s’offrait un vrai coffre, tandis que la structure est renforcée pour une meilleure rigidité. La ligne différait visuellement de la version coupé : une fois capotée, la Mylord ressemblait plus à une voiture tricorps. Mais peu importait car décapotée, elle gardait une ligne fluide et gracile. Sous le capot, on trouvait l’inévitable V6 2,7 litres de 170 chevaux d’origine Maserati.

La Mylord fit sensation sur le salon, tout comme la version SM Espace du carrossier Heuliez (une sorte de targa). Pourtant, malgré le succès rencontré auprès du public, la Mylord fit un flop : coûtant le double d’une SM au tarif déjà salé, elle restait hors de portée du commun des mortels. Les prix auraient sans doute pu baisser si Citroën avait envisagé une production moins artisanale (comme la marque l’avait fait avec la DS) mais la situation n’était pas brillante : entre les effets de la crise pétrolière de 1973, les nouvelles normes américaines condamnant la SM aux USA ou les sommes folles englouties dans l’aventure Comotor et du moteur à piston rotatif, les chevrons se retrouvaient aux abois, tandis que la famille Michelin, propriétaire de l’entreprise, cherchait à passer la main.

Au bord de la faillite, Citroën fut vendu à Peugeot pour constituer le groupe PSA en 1974, condamnant de facto la SM et, encore plus, toute déclinaison cabriolet. La chute de sa majesté SM et de la maison Citroën condamna aussi l’autre projet de Chapron : la berline Opéra. Deux autres cabriolets un peu spéciaux furent aussi construits par Chapron : les deux SM présidentielles d’apparat.

En tout et pour tout, 8 exemplaires seulement furent fabriqués (certains parlent aussi de 6 unités seulement), faisant de ce Mylord une rareté. Dans ces conditions, il est difficile d’estimer vraiment un tel véhicule : en février 2014, lors de la vente Artcurial organisée à Rétromobile (déjà), un exemplaire fut adjugé à 548 320 euros (frais et taxes comprises). C’est cher, certes, mais quel plaisir de se retrouver au volant d’une SM si particulière : l’originalité n’a pas de prix.

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