Crayford Fiesta Fly : la petite Ford en version cabriolet

Publié le lundi 12 septembre 2016.
Mis à jour le jeudi 11 juillet 2019.
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Nous fêtions en 2016 les 40 ans de la Ford Fiesta, et avant de vous parler plus en détail des générations successives de cette petite citadine, j’ai décidé de vous présenter une de ses variantes non officielle connue sous le nom de Fiesta Fly : tout simplement une Fiesta Cabriolet (Convertible « in english ») vendue au début des années 80.

 

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Vous n’en aviez jamais entendu parler ? Normal, puisqu’elle fut construite par un petit artisan anglais spécialiste des conversions, Crayford. Cette officine créée par Jeff Smith et David McMullan avait connu un certain succès dès 1961 en lançant une Mini cabriolet absente de la gamme BMC à l’époque. Tout au long des années 60, c’est essentiellement sur des produits du groupe anglais que les deux hommes vont exercer leurs talents de décapsuleur (1300 Convertible, Marina Convertible, lire aussi : Morris Marina), mais aussi de transformateur (1800 Estate entre autres).

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Dans les années 70, Crayford va travailler avec d’autres marques pour offrir des breaks ou des cabriolets : Audi, Vauxhall, Mercedes et bien entendu Ford (avec la Capri, lire aussi Ford Capri, puis les Cortina). Au début des années 80, Crayford ne produit plus que la Mercedes Classe S Convertible (après avoir cessé la production de la Cortina Mk5 convertible). Il est temps de se relancer en présentant un modèle capable de faire du volume, et plus accessible.

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Jeff Davis va plancher sur une version convertibe de l’Austin Metro, tandis que McMullan va s’attaquer à la Ford Fiesta. C’est ce dernier projet qui sera choisi et présenté en 1981 au public, avec une idée simple pour abaisser les coûts : ne proposer cette transformation dénommée Fly que sur des modèles d’occasion. Environ 30 Fiesta Fly 1.1 et 1.3 furent construites par Crayford entre 1981 et 1982 (deux exemplaires de Fiesta Fly Mk2 furent aussi produits), mais le nouvel intérêt pour le cabriolet en entrée de gamme des constructeurs (Golf Cabriolet, Ritmo Cabriolet, Ford Escort cabriolet, et bientôt Peugeot 205 entre autres) fit comprendre aux deux partenaires que le marché risquait d’être complique. Ils décidèrent donc de vendre la licence de fabrication de la Fly au carrossier et distributeur Ford F. English.

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Les ambitions d’English sont grandes : vendre 200 Fly par an, dans une version XR2 beaucoup plus chère. Les débuts de la Fly XR2 furent encourageant, avec 30 ventes aussi rapidement. Mais le soufflet retomba, essentiellement à cause du prix (8000 £). Englis décida donc de cesser la production en 1984. Difficile de dire combien de Fly furent réellement construites : les spécialistes estiment l’entière production à 200 exemplaires, mais le Crayford Convertible Club n’a recensé que 83 modèles aujourd’hui.

Quelques Fiesta Fly réapparaissent régulièrement dans les petites annonces anglaises ou allemandes, aussi est-il possible de trouver votre bonheur. Bien sûr, il faut vraiment avoir envie de rouler en Fiesta Mk1 ou Mk2, et être un fanatique de Ford ou bien un excentrique (ou les deux), mais les cotes sont encore raisonnables pour ce type de véhicule.

Pour en savoir plus sur Crayford : http://www.crayfordconvertibleclub.com/

4 commentaires

wolfgang

Le 12/09/2016 à 10:40

J’ai l’impression que dans certaines Fiesta il y a eu des moteurs Simca.
Ils faisaient le même bruit de crécelles. Peut-être à cause de l’achat par Simca de Ford SAF à Poissy ?
Qqn peut-il me confirmer ce soupçon ?

fc30

Le 12/09/2016 à 18:44

Je n’ai jamais eu ouï-dire de telles origines, par contre il y a bien un moteur (si l’on excepte les modernes Diesels TDCi frères des HDi de PSA) d’origine française de cette époque chez Ford : le fameux Cléon de chez Renault, qui s’est retrouvé au Brésil suite au projet échoué d’implantation du losange là bas avec Willis. Une fois les parts de Renault rachetées, la R 12 et son moteur restèrent en production et subirent vite de nombreuses évolutions. Le Cléon a été renommé CHT au milieu des années 80 puis s’est même retrouvé sous le capot de certaines VW !
Voir : http://en.wikipedia.org/wiki/Ford_CHT_engine

SRDT

Le 12/09/2016 à 22:03

Les petits blocs Ford culbutés étaient plus rustiques encore que le Simca, pour autant et malgré une culasse restée en fonte Ford Europe le proposera jusque dans les années 2000!

wolfgang

Le 13/09/2016 à 10:36

Le Simca n’était pas si rustique que ça !
Il avait 5 paliers à une époque où Renault n’en n’avait que 3. Culasse en alu. Distri sans pb.
Son seul défaut pour moi c’est que les cylindres étaient alésés directement dans le bloc. Réaléser un bloc en cas de besoin, c’est pénible : il faut tout démonter, passer par un rectificateur…
Le TU ou le XU marquent un progrès net sur ce point, avec des chemises qui s’enlèvent facilement (même trop facilement).
Ceci dit c’est sûr qu’il n’avait pas les arbres à cames en tête et pas d’injection.

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