Dacia 2000 : roulez en toute « Securitate » !

Mercredi 15 octobre 2014
Retour

« Comment appelle-t-on un chat qui a eu 16 portées : …un Ceaucescu ! »… Cette blague ne fera pas rire les jeunes, qui ne connaissent plus l’histoire, car je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. En cette fin d’année 89, j’avais été fasciné par les grèves des mineurs roumains, la révolution, la traque du dictateur et ces images noircies du palais présidentiel dominant de sa splendeur toute stalinienne un Bucarest défiguré.

C’est à cette époque que j’ai commencé à m’intéresser aux Dacia, et j’ai arrêté de trouver un intérêt historique à cette marque avec l’apparition de la Logan (lire aussi : Dacia Nova). Ce que fait Dacia aujourd’hui est très bien, mais n’a plus vraiment de rapport avec son histoire peuplée de R12 à la sauce roumaine, malgré son attachement à Renault depuis ses débuts.

Si la R12 (appelée sous de multiples appellations en Roumanie, la plus commune étant la Dacia 1300) colle à l’histoire de Dacia (et j’aurais aimé une version « moderne »), je ne vais pas vous en parler aujourd’hui, mais plutôt d’une autre Dacia, beaucoup plus rare : la Dacia 2000. Si Honecker rechignait à rouler est-allemand (lire aussi : La Stasi roulait en Citroën), Ceaucescu lui roulait roumain, mais pas comme le pékin de Bucarest en 1300. Non en 2000, une version des carpates de la R20 TS.

Produite en CKD grâce aux liens de Dacia et Renault, la Dacia 2000 n’est pourtant pas destinée à la masse. Produite en 1981 à quelques exemplaires, elle se destine au dictacteur lui même (en version 2,2 litres de 115 ch) et à la Securitate (mais en version 1,6 litres de 96 ch, faut pas déconner, « on n’a pas les mêmes valeurs »). En tout, 5 à 6 exemplaires de 2,2 litres, et environ 250 en 1,6 litres : on ne peut pas parler de production de masse.

Leur particularité : une boîte auto 3 vitesses, et souvent des équipements « spécifiques » d’état, comme des radios de communication. Pour le reste, ne cherchez pas de cuir, ou d’un luxe tapageur, conduire une Dacia 2000 suffisait à vous classer parmi les privilégiés, ou pire, parmi les gens à fuir au plus vite !

Vu le buzz autour du rachat d’une de ces Dacia 2000 ayant appartenu à Ceaucescu en mai dernier, il est clair que cette voiture est ultra rare. Mais sa valeur est historique. Alors si vous en voyez passer une, sautez sur l’occase, quel qu’en soit l’état. A bon entendeur !

Images : promotor.ro (essentiellement)

Lire aussi: Dacia Lastun et Dacia 1100

Galerie d'image

Voir toute la galerie

Contenu alimenté par

Vous possédez une

auto de collection

Racontez votre histoire et soyez publié dans Classic & Sports Car

Découvrez le meilleur moyen de bien vendre votre Auto

Vendre

Vous recherchez une

auto de collection

Faites appel à nous pour trouver la meilleure auto

Articles associés

7 commentaires

aod

Le 15/10/2014 à 18:43

Marrant que le logo du volant soit resté un Renault !

Fabrice Jolie

Le 16/10/2014 à 08:19

merci d’avoir cité Charles Aznavour

Ovidiu

Le 07/11/2014 à 17:08

please edit your tags, the capital of Romania is Bucharest not Budapest!

… and the car in images is not derived from 20 TS but from TX

Paul

Le 07/11/2014 à 17:43

You’re right. It’s a mistake and I’ll change it asap. Fortunatly I didn’t make it in the post. Thanks.

Eric E

Le 15/08/2016 à 00:34

Je viens de voir que tu avais publié ça le jour de mon anniversaire : la classe, Paul !

lorent

Le 26/11/2018 à 13:58

marrant ce logo dacia vintage

JEAN-PAUL KOSELLEK

Le 31/12/2018 à 16:44

Rien n’échappe à Boitier Rouge, notamment cette Dacia 2000 dont la notoriété est pourtant pratiquement nulle !
Cette voiture a bien sûr une histoire.
Jusqu’à la fin des années 70, Nicolae Ceausescu et ses principaux ministres roulaient en Mercedes. A la suite au second choc pétrolier, des mesures très strictes ont été prises vis à vis de la population, dont le rationnement en essence. Afin de montrer le bon exemple, les autorités ont supprimé brutalement ce parc de véhicules voraces en carburant (revendu en Syrie parait-il). Tout ce beau monde s’est donc retrouvé obligé de rouler en voiture « nationale », Dacia 1300 pour la plupart, Dacia 2000 pour quelques privilégiés.
Petite précision toutefois concernant les volumes : il n’y a eu que 2 Dacia 2000 version 2,0 BVA de livrées (destinées à la Présidence) et seulement 20 Dacia 2000 1,6. Ces dernières voitures furent expédiée non pas en CKD (Complete Knocked Down), mais en SKD (Semi Knocked Down) c’est-à-dire des built-up, légèrement déséquipés de quelques éléments (sièges etc…) afin qu’un rapide remontage locale permette de revendiquer « une fabrication nationale ».
Le chiffre cité de 250 correspondait bien aux prévisions assez peu crédibles du contrat. La réalité fut un peu différente …
Tout ceci montre bien que cette opération fut essentiellement politique, contrairement au contrat Dacia 1300 de 1966 qui lui, a permis la motorisation du pays.

Laisser un commentaire