DiVolvo 122S: une suédoise sud-américaine

Samedi 21 janvier 2017
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Ce qui est sympa avec l’automobile, c’est qu’on en apprend tous les jours, même quand on croit toucher sa bille… C’est sans doute votre cas, c’est aussi le mien. Au hasard d’une recherche sur tout autre chose, on croise le chemin d’une petite info, on déroule le fil, pour tomber sur un truc improbable. C’est ce qui m’est arrivé (une fois de plus) ce matin, donnant l’occasion d’écrire ce court article sur la première usine Volvo hors de Suède : l’usine DiVolvo d’Arica.

On peut s’étonner d’une implantation suédoise dans ce pays d’Amérique du Sud. Pourtant, l’idée n’est pas idiote. La société Distribuidora Volvo (DiVolvo) est créée en 1959 par Eduardo Averill, avec une idée simple : le pays a besoin de véhicules fiables, faciles d’entretien, solides et capables de résister aux basses températures. N’oublions pas que le Chili est un pays montagneux, traversé du Nord au Sud par la Cordillère des Andes (sans parler du Cap Horn et de ses environs, très « scandinave »). Le pays ne dispose pas d’un réseau routier entretenu, et la toute nouvelle Amazon (Série 120), lancée en 1957, répond tout à fait au cahier des charges d’Averill qui va se lancer dans l’importation des suédoises dans son pays.

Mais pour percer, il faut aussi proposer un tarif attractif. Comme beaucoup de pays d’Amérique Latine, le Chili impose de lourdes taxes douanières pour les produits finis. Averill va donc s’orienter vers une solution ambitieuse mais sans doute plus rentable : l’assemblage des 120 directement sur le sol chilien.

Les Volvo du Club Volvo Chile à Santiago, pour la visite du directeur de Volvo Heritage

C’est à Arica, dans le nord du pays, que DiVolvo va installer son usine d’assemblage. Opérationnelle à l’été 1962, l’usine va assembler essentiellement des 122S, version performante de la 121, dotée du moteur B18 à double carburateur développant 83 ch ! Les pièces sont envoyées de Suède en CKD, et assemblées sur place. La peinture des carrosseries est sous-traitée, DiVolvo ne disposant pas d’atelier de peinture. Quelques exemplaires de la PV544 seront aussi assemblés, ainsi que, dit-on une poignée de P1800 (lire aussi : Volvo P1800).

Claes Rydholme, directeur de Volvo Heritage, en visite au Chili

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que 2956 exemplaires de la 122S seront produits au Chili, de 1962 à fin 1966. A partir de cette date, DiVolvo cessera la production pour se concentrer sur la distribution, l’affaire n’étant sans doute pas aussi rentable que prévu. Reste qu’aujourd’hui, le Chili est le marché sud-américain où la pénétration de Volvo est la plus forte, résultat d’une longue présence et de cette première implantation industrielle. Il existe d’ailleurs un club des propriétaires de Volvo très dynamique là-bas, justifiant la venue du président de Volvo Heritage, Claes Rydholme, à Santiago en 2012.

Volvo Club Chile : http://www.clubvolvochile.cl/

La visite de Claes Rydholme au Chili: Autosudados

 

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4 commentaires

J2M

Le 21/01/2017 à 15:21

Sous tous les angles et sous toutes les latitudes, cette Volvo reste admirable d’équilibre.
En 2, 4 ou 5 portes son dessin n’a pas vieilli, bien aidé par une fabrication et des perfs qui font encore envie aujourd’hui.
La qualité de la tôlerie (épaisseur, ajustages, accastillage, peinture) est impressionnante !

Wolfgang

Le 22/01/2017 à 23:02

L’acier suédois, c’est le meilleur…
Ils avaient des décennies d’avance sur les autres marques pour ce qui est carrosserie et anti corrosion.

Rodrigo

Le 28/01/2017 à 20:23

Je sais pas si l’acier suédois soit le meilleur, mais a ma foi qu’il resiste au mal! Mon oncle -frere de ma mere- a eu cette Divolvo, et une nuit que il tournait « allègre » chez lui, lui a eu un accident avec un train; lui est sorti sans belemes, mais la suedoise a rendu sa « vie » pour lui.

J’ai vu des chiffres comme 3500 bagnoles assemblées ici, et celle que vous donnez semble plus realiste, car le meilleur an de production ont eté asemblées 696 unités, d’apres statisques officielles. Et, hors celle de mon oncle, je n’ai jamais pas vu tellement des Volvo par ici….

Il faut ajouter que Volvo n’aura jamais vraiment decollé au Chili, grace aux Peugeot 404-504 et surtout 505 d’un coté et les Mercedes de toutes sortes de l’autre. Et la tendance pro SUV n’arrange rien les choses.

Rodrigo

Le 27/06/2017 à 04:57

J’avais mes doutes, mais je viens de confirmer qu’il n’auraient eté assemblées plus que 1272 Volvo 122 S entre 1963 y 1965: 288 en 1963 et 288 en 1964, puis 696 pour 1965.

L’entreprise s’appelait IMPORTSUR, proprieté du group d’origine juive Nun y German Ltda. Ils auraient assemblé 12.007 vehicules entre 1962 y 1973, dont des 1272 Volvo, et autres Simca 1000 -l’essentiel de son activité- Dodge Dart ou encore Chevrolet! Depuis ils ont essayé des autres activités industrielles, et aujourd’hui ils se centrent aux agrochimiques ANASAC.

Tandis que je trouve le livre chilien ou j’ai lu ca, vous pouvez lire les statisques pour 1963 et 1964 á la page 4 du cette article d’un americaine sur l’industrie automobile chilienne de l’epoque : http://www.relooney.com/NS4540/Chile-Import-Substitution-Automotive-Sector.pdf

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