Facel Vega Excellence : Rolls-Royce à la française

Mardi 19 août 2014
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Au début des années 50, bien des marques de prestige françaises n’ont pas survécu à la guerre, ou bien sont en train de mourir faute de clientèle et de moyens. La politique de reconstruction d’après-guerre met l’accent sur l’automobile de masse, et favorise les 2, 3 ou 4CV tandis que les gros moteurs sont lourdement pénalisés. Bugatti ou Delahaye rendent les armes. Dans le domaine de la berline haut de gamme, Simca maintient sa Vedette à moteur V8, tandis que Citroën domine le marché à partir de 1955 avec sa DS moderne mais disposant uniquement de 4 cylindres (lire aussi : Citroën DS).

Le prototype de l’Excellence

Jean Daninos, frère de l’écrivain à succès Pierre Daninos, dirige la société Facel Metallon, sous-traitant de grands constructeurs comme Panhard ou Simca. Il a pourtant en tête la création d’une marque de prestige en France : ce sera Facel Vega, créée en 1952, qui lance la FV en 1954, un coupé de prestige doté d’un gros V8 Chrysler. Le succès est alors au rendez-vous.

C’est dans ce contexte que Jean Daninos réfléchit à l’idée de lancer une berline de luxe, capable de concurrencer Bentley ou Rolls Royce, rien que cela. Et comme en France on cherche à être original, c’est une drôle de solution qui est proposée : 4 portes antagonistes sans montant central. Sur un marché conservateur, c’est osé. Cela dit, la ligne reste très classique et dans la mouvance du premier coupé 2+2 FV. La Facel Vega Excellence est lancée en 1958.

Sur l’Excellence, on sent encore plus l’influence américaine, que l’on retrouve sous le capot. On y trouvera d’abord le V8 Chyrsler Hemi 392ci (6,4 litres) sur le modèle EX. Mais ce moteur n’étant plus produit, seuls 11 exemplaires en seront dotés, et l’EX1 qui lui succèdera très rapidement sera équipé du V8 Chrysler 361ci (5,9 litres) de 360 chevaux (le même moteur que l’HK 500 lancée en 1958). C’est ce modèle qui sera le plus diffusé, avec 134 exemplaires produits.

A partir de 1961, une troisième série, l’EX2, sera quand à elle dotée du V8 383ci (6,3 litres) de 390 chevaux. Tous ces modèles peuvent recevoir une boîte automatique, qui fait chuter la puissance disponible du moteur. Seuls 8 exemplaires de l’EX2 seront produits jusqu’en 1964, date de l’arrêt de la fabrication du modèle, ce qui en fait la plus rare des Excellence.

Il suffit de voir les chiffres et la courbe de production de l’Excellence pour voir que malgré un bon début, les ventes sont retombées comme un soufflet pour devenir anecdotiques. Il faut dire que la firme Facel Vega connaîtra au début des années 60 de gros soucis financiers (elle n’aura certes pas été aidée par les pouvoirs publics). La crise de Suez de 1956 entraînera des restrictions de carburant qui ne favoriseront pas la diffusion d’une telle berline.

Excellence 07

L’Excellence s’éteindra donc avec la marque (Facel Vega fera faillite en 1964), laissant une place vacante depuis sur le créneau du luxe français. La marque Monica dans les années 70 (lire aussi : Monica 560) tentera bien de se faire une place au soleil, sans succès. Aujourd’hui, les Excellence se vendent plutôt cher : celle de l’Ambassadeur de France aux Etats Unis, une EX1 dotée de certains éléments de l’EX2, s’est vendue 118 000 euros.

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2 commentaires

bob

Le 15/09/2015 à 16:09

Merci pour cet excellent article, j’aurais juste une question, les puissances annoncées sont elles en chevaux SAE ou en chevaux DIN ?

Allan Wagos

Le 13/09/2018 à 17:19

Mais le plan Pons qui donnait la priorité à la bagnole populaire pour re-motoriser les Français dès 1946 a balayé d’un trait la voiture de grande classe aidé en cela par les communistes au pouvoir et la CGT aux manettes chez Renault….

Toutes les marques de prestige étant condamnés à disparaître….il était louche à l’époque d’être riche et d’avoir un train de vie ostentatoire….

Ce qui n’a pas empêche Jacques Duclos et Maurice Thorez, deux cacique communistes, de rouler en Delahaye blindées ….payées par les camarades qui circulaient à vélo !!!

Rien n’a changé dans le contexte actuel me direz vous….

Et alors De Gaulle en personne qui avait une haine farouche pour tout ce qui était américain ( Facel utilisait des moteurs Chrysler ou De Soto V8 surpuissants ) ce qui déplut au Grand Charles quand on lui proposa une Facel comme voiture d’apparat…..

Le malentendu persiste , toutes les tentatives de hauts de gamme Français ont échoué …

Les Allemands , et les Italiens ont eu la vie belle, eux qui étaient vaincus après guerre nous ont ridiculisé…..

Pendant que nous roulions Peugeot 203……les Teutons lançaient la Mercedes 300 SL ….Et les Ritals la Ferrari 375 MM …..

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