Ferrari 456 GT Venice : le pouvoir de l’argent !

Publié le lundi 30 novembre 2015.
Mis à jour le lundi 8 juillet 2019.
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Disposer d’un compte en banque sans fond, d’une carte bleue virant plutôt vers le noir, et créant chez votre interlocuteur une déférence immédiate, et d’une certaine patience permet des extravagances pas toujours de bon goût, mais la certitude de rouler de façon totalement unique. Et puis quand on aime, on ne compte pas, c’est bien connu !

Venice 06

Le Sultanat de Brunei est un petit état enclavé en Malaisie, ancien protectorat britannique indépendant depuis 1984. Outre une jungle fournie et une faune incroyable, ce petit pays dispose d’une importante réserve de pétrole qui explique l’immence richesse du Sultan en place, Hassanal Bolkiah, qui a du mal à distinguer sa fortune personnelle d’avec celle du pays (après tout, il est le chef non?) : c’est pratique lorsque l’on est fan d’automobiles, et accessoirement acheteur complusif. Depuis le temps qu’il achète tout ce qui roule, ce sont plus de 5000 voitures qui garnissent d’immenses hangars pas tous climatisés, et qui parfois pourrissent, au grand dam des amateurs.

Venice 05

Au milieu des années 90, le Sultan se décida à se faire réaliser des voitures sur-mesure, qui sortent vraiment de l’ordinaire : c’est ainsi qu’il se fit livrer 6 exemplaires du 4×4 Bentley Dominator (lire aussi : Bentley Dominator) en 1996, et de nombreuses marques confidentielles survécurent à la crise grâce à des commandes spéciales de ce type. On soupçonne le Sultan d’avoir commandé 6 breaks et 6 berlines de l’Aston Martin Virage par exemple (lire aussi : Aston Martin Virage Shooting Brake).

Venice Estate

Bref, ce que le Sultan veut, n’importe quelle marque automobile le fait. Comme nombre de clients et d’amateurs (ou non) de Ferrari, il tomba en amour total devant la superbe Ferrari 456 GT (lire aussi : Ferrari 456 GT). Après en avoir acheté des exemplaires « classiques », il s’adresse alors à Pininfarina pour lui réaliser ses petits joujous : il commande 7 versions break (baptisées Venice), 4 versions berline (baptisées Venice Sedan), et 2 versions cabriolet (baptisées Venice Spyder). Ferrari donna son accord, et Pininfarina sauta sur l’occasion de se faire un peu de cash à bon compte. Pourtant, jusqu’alors, Ferrari n’avait jamais cédé aux sirènes de la berline malgré un test dans les années 80 (lire aussi : Ferrari Pinin). Le carrossier/constructeur suisse avait proposé un temps une drôle de version break de chasse de la 400i, baptisée Croisette (lire aussi : Felber Croisette), mais sans l’accord de Maranello, et avec peu de succès.

Venice 01

Cette fois-ci, c’est très officiellement que Ferrari et Pininfarina cédèrent aux exigences du Sultan. L’empattement sera rallongé pour les Venice estate et sedan, tandis que les portes avant seront raccoucies, et qu’une toute nouvelle partie arrière (portes et hayon  pour l’estate, coffre pour la sedan) sera rajoutée. Si la sedan n’est pas la plus jolie, j’avoue que la version Estate est assez réussie (mais bon, les goûts et les couleurs). Un exemplaire de la Sedan sera aussi vendu à un riche client en Belgique, tandis que, sans que l’on sache pourquoi, le Sultan ne prit livraison que de 6 Estate, le 7ème exemplaire étant vendu à un client inconnu.

La version Sedan, produite à 5 exemplaires
La version Sedan, produite à 5 exemplaires

Concernant le Spyder, les deux exemplaires reçurent un arrière spécifique dessiné par Pininfarina, ce qui les distingue des versions Straman (2 à 3 exemplaires) qui reçurent les phares arrière de la 456 GT Classique.

La Venice Estate derrière la Venice Spyder à l'arrière spécifique !
La Venice Estate derrière la Venice Spyder à l’arrière spécifique !

Depuis que la Sultan s’est rendu compte que sa collection pourrissait, et qu’il valait mieux en vendre quelques exemplaires, on voit circuler notamment à Londres ces versions si spéciales, notamment des Estates, tandis qu’un Spyder fut plusieurs fois exposé à des manifestations. Il vous sera donc possible, si vous avez l’âme d’un enquêteur, d’en retrouver une et de faire une offre. Récapitulons : 7 versions Estate, 5 versions Sedan, et 2 versions Spyder, soit 14 exemplaires siglés Venice, si c’est pas de la rareté ça ?

 

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7 commentaires

Greg

Le 30/11/2015 à 14:41

« Ferrari donna son accord ».
Enzo, de son vivant, l’aurait-il donné?
Lui qui voyait la vente des modèles routiers, comme un mal nécessaire pour remplir les caisses de la Scuderia, avait rejeté sans détour et sans appel la Ferrari Pinin évoquée dans l’article.
Et pour ses déplacements, sur ses vieux jours il avait choisi… roulements de tambour… la berline à moteur Ferrari, j’ai nommé la Lancia 8.32!

Marchand Lorenzo

Le 30/11/2015 à 19:13

J’aime pas ton article.
Ce n’est pas le sultan mais son frère qui a amassé cette collection.
Je t’invite à lire mon article pour compléter le tien : http://www.autotilt.fr/2011/08/la-collection-de-vehicules-du-sultan-de-brunei-est-en-train-de-pourrir/

Paul

Le 30/11/2015 à 19:16

Exact, c’est son frère Jafri (ou Jeffry à l’anglaise), je suis allé un peu vite… Cela n’empêche pas d’être courtois: si tu n’aimes pas cet article, il y a une petite croix en haut de ton navigateur 😉
Ton article est très bien fait et complète parfaitement le mien qui ne se concentre que sur ces modèles Venice. Mais ta modestie t’étouffe, et c’est un peu dommage.
Cordialement…

J2M

Le 01/12/2015 à 13:12

Très intéressant et bien anglé (sans jeu de mots, ça doit être les photos…). A compléter, pour ceux qui maîtrisent vraiment la langue de Shakespeare, par l’avis de Michael Sheenan. Son site (ferraris-online.com), est un cousin d’outre-atlantique de Boîtier Rouge, dans la lettre comme dans l’esprit.
Il est, comme son nom l’indique , essentiellement consacré aux voitures rouges et recèle lui aussi quelques pépites.
Et comme pour BR, rien ne vaut l’original !

Jean

Le 09/12/2015 à 00:29

Moi j’aime bien ton article 🙂 J’avais déjà lu sur une revue US (Car and Driver? Road and Track? Plus sûr de laquelle) un article sur la collection du Sultan (ou de son frère). Le break et le spyder sont assez réussies, en tout cas elles me plaisent bien, la sedan moins, mais l’angle de la photo et la couleur grise n’aident guère à l’apprécier… Avec un rouge ou une teinte bleue cela aurait sans doute une autre allure, mais ça n’engage que moi!

Franck

Le 15/04/2016 à 13:56

Sont elles conduite à droite ou à gauche ? Car je dois en faire une au 1/43 et je ne sais quelle couleur la faire !

alandu78

Le 22/07/2018 à 15:59

Ça me fait penser à un camarade de classe dont le père entrepreneur du batiment faisait « dieseliser » toutes ses berlines (annees 1986/1991)…il preferait le diesel il disait que pour descendre sans panne deux fois par an de Paris à Lisbonne il yavait que le Gasoil. Il avait une R25 tout cuir equipée comme la v6 turbo d’un PDG mais moteur Diesel. Avant cela il roulait en Jaguar XJ( serie 3 je crois) AVEC UN MOTEUR DIESEL …!!!!

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