Ferrari Mondial Moneytron : le rêve en rouge du gourou de la finance

Vendredi 1 juin 2018
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Un jour Jean-Pierre Van Rossem, du fin fond de sa prison s’est promis de devenir milliardaire. Pour y arriver plus vite, il a pris des raccourcis. Devenu propriétaire de l’écurie de Formule 1 Onyx Moneytron, il en veut toujours plus (lire aussi : Onyx-Moneytron en F1). Après avoir acheté une écurie, des yachts, des avions, et une centaine de Ferrari, il a un rêve : faire courir une Ferrari. Voici l’histoire rocambolesque de deux Ferrari Mondial pas comme les autres.

Une obsession pour le cheval cabré

Jean-Pierre Van Rossem, alias “l’anar”sous ses airs de gourou, n’en demeure pas moins un grand enfant. Après avoir fait fortune subitement grâce à une pyramide de Ponzi, il commence à acheter des Ferrari. Une, deux, puis dix, puis cent. Cela lui vaudra d’être invité à Maranello pour un déjeuner avec le commendatore en personne.
Sur les grand prix de Formule 1, Van Rossem ne se déplace jamais sans sa collection de Ferrari alignées devant son motorhome. Le Belge possède 5 Ferrari F40, une 250 GTO, et plusieurs exemplaires de chaque modèle du catalogue.

N’importe qui se contenterait de cela, mais notre JP veut toucher le mythe d’encore plus près, quitte à se brûler les doigts. L’occasion va se présenter avec les 24 Heures de Spa Francorchamps. La course qui se déroule dans le toboggan des Ardennes est ouverte aux voitures de tourisme de groupe A et du groupe N.  La Ferrari Mondial répondait justement au règlement du Groupe N (lire aussi : Ferrari Mondial), ce qui donna des idées au fantasque patron d’écurie.

Accord avec Ferrari

A l’époque Jean-Pierre Van Rossem est intouchable et on ne refuse rien à un client qui achète 100 Ferrari et qui est reçu personnellement par le patron Enzo Ferrari. Le constructeur Italien écoute donc Van Rossem exposer son projet et donne son accord pour faire courir deux Ferrari Mondial 3.2 aux 24 Heures de Spa. Les Italiens vont même jusqu’à fournir les voitures neuves.  Les voitures sont préparées chez Dubois à Boussu (Belgique) et la puissance est portée à 340 chevaux. En accord avec les règlements du Groupe N, on ne change pas grand chose sur la Mondial. La suspension est renforcée, on monte un arceau de sécurité obligatoire, des sièges baquet et c’est à peu près tout.

Côté pilotes par contre on a mis le paquet. La position de patron d’écurie de F1 et le salaire surement sympathique attirent une belle brochette. La Mondial #73 sera pilotée par Bertrand Gachot, pilote Onyx Moneytron en F1, Harald Huysman, pilote d’endurance et carrément un champion du monde de Formule 1, un certain Keke Rosberg. La #74 est confiée à Mauri Bianchi, Pascal Witmeur qui officie également en endurance et Philippe Martin, ancien pilote du Mans.

La course

La Mondial n’est certainement pas la voiture idéale pour les 24 Heures de Spa mais contre toute attente, elle se débrouille pas trop mal sur les longues lignes droites du circuit Belge. Avec un 29ème et un 36ème temps en qualifications,  on limite les dégâts, d’autant que dans la division 5, la Mondial n’est dominée que par 3 Porsche et une Sierra. En course la Mondial numéro 74 devra abandonner rapidement après avoir éclaté un pneu et endommagé la voiture. La 73 luttera toute la nuit, et courageusement verra l’arrivée. Elle était beaucoup trop loin pour être classée mais l’objectif était rempli, à savoir faire parler de Moneytron. Les deux voitures continueront pendant quelques courses en Procar, sans grand succès.

Perdues pendant 20 ans

Ceux qui ont déjà lu l’article sur Onyx Moneytron connaissent la suite, Van Rossem était à la tête d’un système pyramidal qui finira par le rattraper. Moneytron était une arnaque financière classique où les derniers clients payaient les dividendes des premiers arrivés. Van Rossem perd son écurie, puis est arrêté et condamné à 5 ans de prison. Les 108 Ferrari, les Rolls, le Yacht, le jet privé, les maisons, tout est vendu pour tenter de couvrir une partie de la dette. Sans que l’on sache pourquoi, les deux Mondial de course échappent à cette razia.

Pendant 20 ans, personne ne se pose la question de savoir où peuvent être les voitures. En 2008, on les retrouve dans une grange, dans leur jus, avec encore les pneus de course, les traces de coups sur la carrosserie, et la poussière de freins. Les deux voitures furent vendues en un seul lot indivisible afin qu’elles continuent à courir ensemble. On peut se moquer de ces deux Mondial de compétition nées d’un caprice de milliardaire mythomane et escroc, mais ces deux italiennes restent à jamais les uniques représentantes du cheval cabré en endurance dans les années 80.

 

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2 commentaires

Germain

Le 01/06/2018 à 16:07

Au moins il aura permis à la Mondial d’avoir un palmarès en compétition comme une vraie Ferrari se doit d’avoir, et la preuve est faite du potentiel de cette machine fantastique

Olivier

Le 19/06/2018 à 08:22

hey Niko, précisons qu’il s’agissait d’une version Belge du Groupe N. Du N-GT. Sinon, parmi les talentueux pilotes de cette écurie, il y avait le grand Mauro Bianchi, pas Mauri 😉 , frère de Lucien, et grand-père de Jules, tous deux tragiquement disparus en course.

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